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Marché : Nicolas sarkozy veut refonder le capitalisme

jeudi 25 septembre 2008 à 19h35
BFM Bourse

TOULON, Var (Reuters) - Nicolas Sarkozy appelle de ses voeux une remise à plat du système financier et monétaire mondial dans le cadre d'un capitalisme régulé.

La "crise de confiance sans précédent" qui ébranle l'économie mondiale aura des conséquences en France mais doit conduire non à une pause mais à une accélération des réformes, a affirmé le président français lors d'un discours de politique économique prononcé à Toulon, dans le Var.

Devant les Français qui ont "peur", il a pris l'engagement que "quoiqu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français."

"L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle," a affirmé le chef de l'Etat en reprenant le thème qui lui cher de la moralisation du capitalisme.

"La crise financière n'est pas la crise du capitalisme, c'est la crise d'un système qui s'est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme", a-t-il dit. "Si l'on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme politique demeure la priorité".

Les difficultés viennent aussi des désordres monétaires, a déclaré le président en dénonçant la sous-évaluation du yuan et du dollar qui place les entreprises européennes sous la menace d'un "dumping monétaire" susceptible d'"ouvrir la voie aux pires des protectionnismes".

UN SOMMET AVANT LA FIN DE L'ANNÉE

Il a renouvelé sa proposition, annoncée cette semaine à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement concernés "avant la fin de l'année pour tirer les leçons de la crise financière et coordonner leurs efforts pour rétablir la confiance".

Pour Nicolas Sarkozy, la "restructuration de grande ampleur de tout le secteur bancaire mondial" suppose de s'attaquer au problème de la complexité des produits d'épargne et de l'opacité des transactions, de s'interroger sur l'obligation de comptabiliser les actifs au prix du marché "qui se révèle si déstabilisante en cas de crise", ou encore de contrôler les agences de notation.

Décidé à sévir, il a affirmé que les "responsabilités (dans la crise) doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage au moins sanctionnés financièrement".

"La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle," a-t-il fait valoir en plaidant pour un nouvel équilibre entre l'Etat et le marché."

Cet équilibre passe aussi, selon lui, par un encadrement des modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs sur lequel le gouvernement menace de légiférer après "trop d'abus, trop de scandales".

"Ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien nous réglerons le problème par la loi avant la fin de l'année," a-t-il déclaré.

ÉTENDRE LE BONUS-MALUS

Pour Nicolas Sarkozy, "la crise appelle à accélérer le rythme des réformes, non à le ralentir".

"Il n'existe aucune solution miracle qui permettrait à notre pays de se dispenser des efforts nécessaires pour surmonter la crise", a-t-il expliqué à la veille de la présentation du budget 2009, tout en promettant de ne pas conduire une politique d'austérité qui "aggraverait la récession."

Il a estimé que les mesures déjà prises avaient permis à la France de mieux résister à la crise que d'autres pays.

"Mais si l'activité venait à reculer fortement et durablement, je n'hésiterai pas à prendre les mesures nécessaires pour la soutenir", a-t-il souligné.

Il entend engager une deuxième étape de la réforme de l'Etat l'année prochaine, avec en janvier l'ouverture du chantier de la réforme des administrations locales. Et il a assuré que la réforme de la taxe professionnelle ne serait pas différée.

Nicolas Sarkozy a cependant pris l'engagement de ne pas augmenter les charges qui pèsent sur les entreprises et a réaffirmé l'objectif de baisser les prélèvements obligatoires.

Il a en revanche jugé "indispensable" d'utiliser la fiscalité pour relever le défi écologique, afin d'inciter à un changement profond des comportements.

"Le système extrêmement incitatif du bonus-malus qui permet de gagner des années dans le changement des modes de consommation sera étendu à d'autres produits", a-t-il dit.

Véronique Tison, avec Emmanuel Jarry à Toulon, édité par Yves Clarisse

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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