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Marché : Les signes de récession se multiplient dans le monde

jeudi 20 novembre 2008 à 17h30
BFM Bourse

par Jeremy Gaunt

LONDRES (Reuters) - Les signes d'une récession généralisée se multiplient avec la montée du chômage aux Etats-Unis, la détérioration du commerce extérieur japonais et la chute des marchés boursiers.

Aux Etats-Unis, les nouvelles demandes d'indemnisation du chômage, à plus de 540.000 la semaine dernière, sont au plus haut depuis 16 ans, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Travail. Le nombre de chômeurs indemnisés s'élève à 4,012 millions ce qui constitue le plus haut niveau depuis décembre 1982.

Dans le secteur financier, à l'origine de la crise, les marchés se demandent désormais si le géant financier Citigroup va pouvoir survivre en raison de la montée des pertes subies sur ses créances douteuses malgré la suppression de 52.000 emplois et la compression de 20% de ses dépenses.

Le prince saoudien Alwalid bin Talal, premier actionnaire individuel du groupe, a eu beau déclarer qu'il comptait porter sa participation à 5% pour montrer sa confiance, l'action poursuivait sa chute à Wall Street.

En dehors du secteur bancaire, le secteur automobile semble être le plus touché. Le groupe PSA Peugeot-Citroën a annoncé jeudi un projet de suppression de 3.550 emplois, en réponse à la "réduction violente de ses ventes". Le groupe tablant sur un recul du marché automobile européen de 17% au quatrième trimestre et de 10% en 2009.

MISES SOUS PERFUSION

Aux Etats-Unis, alors qu'un plan de sauvetage du secteur semble de moins en moins probable, General Motors a une nouvelle fois souligné ses difficultés en annonçant l'arrêt de sa production en Thaïlande pour une période de deux mois. L'action est au plus bas depuis 70 ans.

Alors que le secteur automobile vit l'une de ses plus graves crises, plusieurs constructeurs ont dévoilé au salon de Los Angeles les détails de leurs projets de lancement de voitures électriques.

Au Royaume-Uni, le coup de froid économique est symbolisé par la mise en vente des magasins Woolworths, peut-être pour une livre symbolique, tandis que les autres distributeurs commencent à offrir d'importants rabais en prévision de la période des ventes de fin d'année, qu'ils craignent mauvaise.

Le groupe pharmaceutique Astra Zeneca s'attend à supprimer 1.400 emplois d'ici 2013 et le fabricant de moteurs Roll-Royce 2.000 l'an prochain.

Signe que la crise économique n'épargne pas les voisins asiatiques du Japon, lui-même en récession, les exportations japonaises vers l'Asie ont baissé en octobre pour la première fois depuis 2002.

Les mises sous perfusion financière par le Fonds monétaire international se poursuivent. L'Islande, victime aux dires même du FMI, d'une "crise bancaire aux proportions extraordinaires", va recevoir 10,2 milliards de dollars de plusieurs donateurs différents. Pour la Turquie, le FMI s'apprête à mettre de côté une enveloppe de 20 à 40 milliards de dollars.

Dans ce contexte, les marchés boursiers hésitent. Après avoir ouvert en forte baisse, Wall Street tentait de passer dans le vert. A Paris, l'indice Cac 40, tout en restant sous le seuil des 3.000 points, réduisait ses pertes à 3% en fin de séance. L'indice a perdu près de 50% depuis le début de l'année.

LA FRANCE LANCE UN FONDS STRATÉGIQUE

Face à la crise, l'Union européenne a besoin d'une réponse coordonnée, "suffisamment massive et ambitieuse pour fonctionner à court terme mais également suffisamment stratégique et durable pour transformer la crise en opportunité sur le long terme", a déclaré José Manuel Barroso, président de l'exécutif européen.

Il a confirmé que le plan de relance la Commission européenne, qui doit être présenté mercredi prochain, serait principalement constitué d'actions séparées mais coordonnées des gouvernements des 27 Etats membres.

La France a pour sa part lancé jeudi le Fonds stratégique d'investissement (FSI), un outil destiné au financement des PME innovantes et à la défense des entreprises.

"Je ne laisserai pas des secteurs entiers désarmés face à la crise, je pense à l'automobile", a déclaré le président français Nicolas Sarkozy.

Selon les économistes, la récession devrait durer une bonne partie de l'année 2009. Selon une enquête effectuée par Reuters auprès de 250 économistes, les grandes puissances seront sans doute en récession pendant une année, le Royaume-Uni étant particulièrement touché, compte tenu de l'importance du secteur financier dans l'activité du pays. Le PIB britannique devrait se contracter de 1,3%.

La zone euro devrait voir son activité reculer de 0,4% l'an prochain après une croissance de seulement 1% cette année.

"Toutes les économies développées connaîtront une contraction en 2009. C'est la situation la plus mauvaise depuis un siècle. Mais dire qu'on va se retrouver dans une situation comparable à celle de 1929 est un peu excessif", résume Marco Annunziata, économiste chez UniCredit.

Pour autant, la déflation semble ne pas être à l'ordre du jour, estiment les spécialistes, même si les prix ont baissé de 1% en octobre aux Etats-Unis, du jamais vu depuis l'après-guerre.

Version française Danielle Rouquié

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