par Jui Chakravorty Das
NEW YORK/DETROIT (Reuters) - General Motors et Cerberus, maison mère de Chrysler, ont accéléré le rythme de leurs discussions au sujet du rapprochement des deux constructeurs automobiles, tout en continuant à chercher à vendre des actifs.
Les discussions entre Cerberus, qui contrôle 80% de Chrysler, et GM impliquent désormais directement le directeur général adjoint de GM, Fritz Henderson, et plusieurs hauts dirigeants de Cerberus, selon les sources.
Le directeur général de Chrysler, Bob Nardelli, n'a pas été directement associé aux pourparlers mais il reste en contact étroit avec les négociateurs de Cerberus, ont-elles précisé.
Cerberus possède déjà 51% de GMAC, l'ex-filiale de services financiers de GM et souhaite accroître sa participation, selon les sources. GM détient pour l'instant le solde de son ex-filiale de crédit.
Cerberus souhaite aussi se séparer des activités purement automobiles de Chrysler, même s'il est probable qu'il conserve une participation importante dans un ensemble GM-Chrysler, explique-t-on.
Le fonds de capita-investissement reste toutefois en discussions avec d'autres interlocuteurs, dont Nissan Motor, contrôlée par Renault, a-t-on poursuivi.
La marque de Chrysler la plus connue et la plus lucrative est Jeep. Certains analystes se demandent pourquoi GM voudrait acheter Jeep alors qu'ils est en train d'essayer de se débarrasser de Hummer, son gros 4x4 gourmand en carburant, dont se détournent les consommateurs rendus prudents par la crise et la hausse des prix de l'essence.
Les ventes de Hummer ont plongé de 47% au 30 septembre et une vingtaine de concessionnaires ont fermé leurs portes aux Etats-Unis cette année.
CHRYSLER A RECU PLUSIEURS OFFRES POUR VIPER
GM va adresser dans les prochains jours aux candidats intéressés un prospectus de vente de Hummer. Les constructeurs indiens Tata Motors et Mahindra & Mahindra pourraient être intéressés, a-t-on appris de source proche du dossier.
Mahindra & Mahindra, qui prévoit de faire son entrée sur le marché américain avec son propre modèle l'an prochain, a démenti en début d'année être intéressé par Humer.
GM a indiqué vouloir lever jusqu'à 15 milliards de dollars de liquidités d'ici la fin de 2009 via, entre autres, des réductions de coûts et des ventes d'actifs alors que les ventes automobiles aux Etats-Unis sont sans doute tombées en octobre à leur plus bas niveau depuis 18 ans.
Chrysler, qui a aussi besoin de liquidités face la chute du marché automobile, a pour sa part annoncé vendredi avoir reçu plusieurs offres pour sa voiture de sport Viper.
Le constructeur a aussi annoncé vendredi son intention de supprimer environ 5.000 emplois administratifs et de réduire ses investissements. Le groupe n'exclut pas d'annoncer d'autres mesures face à la crise du secteur automobile aux Etats-Unis.
Des analystes et d'autres personnes proches du dossier estiment que 30% des fournisseurs de Chrysler pourraient voir leur existence menacée si GM rachetait le groupe et mettait en oeuvre un plan de restructuration conduisant à l'arrêt de certains modèles.
Parallèlement, GM travaille à des solutions alternatives dans l'éventualité d'un échec des discussions avec Cerberus, souligne-t-on.
Parmi ces solutions de repli figure la possibilité d'approcher un autre investisseur potentiel et celle de demander l'aide de l'Etat fédéral américain, a précisé une personne proche des discussions.
GM a accumulé plus de 50 milliards de dollars de pertes au cours des trois dernières années et il devrait en subir 12 milliards supplémentaires l'an prochain, ses comptes ne semblant pas devoir sortir du rouge avant 2010.
Un groupe formé par un rapprochement GM-Chrysler contrôlerait environ un tiers du marché américain des véhicules de tourisme, avec 11 marques différentes.
Version française Marc Angrand et Danielle Rouquié
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