SINGAPOUR (Reuters) - Les cours du pétrole rebondissent mercredi après deux jours de chute libre, les investisseurs apparaissant soulagés du sauvetage de l'assureur American International Group.
Vers 05h30 GMT, le brut léger américain pour livraison septembre regagnait 2,77 dollars ou 3,04% à 93,92 dollars le baril après être tombé mardi à 90,51 dollars, son plus bas de sept mois dans le cadre de la déroute des marchés.
Le Brent de la mer du Nord pour livraison novembre regagnait 3,21 dollars ou 3,60% à 92,43 dollars.
Les cours du pétrole sont désormais revenus grosso modo à leur niveau du début de l'année et accusent un repli de plus de 35% par rapport à leur pic au-dessus de 147 dollars touché le 10 juillet dernier.
La Réserve fédérale américaine a autorisé mardi un prêt de 85 milliards de dollars sur deux ans au géant de l'assurance AIG pour le sauver de la faillite, en contrepartie d'une prise de participation de l'Etat à hauteur de 79,9% du capital.
"Tout le monde craignait qu'il y ait une déliquescence du secteur financier avec les répercussions économiques. Maintenant, on espère qu'il n'y ait que le problème AIG à traverser et cela pourrait soulager le marché", commente Anthony Nunan, spécialisé dans la gestion des risques chez Mitsubishi Corp.
"Fondamentalement, le problème de l'offre est beaucoup plus important, ajoute-t-il, mais si la demande baisse plus vite que l'offre ne s'érode, les cours reculeront quand même."
Soutiennent également les cours : les perturbations dans la production des Etats-Unis après le passage de l'ouragan Ike dans le golfe du Mexique et les attaques contre les installations pétrolières au Nigeria dans la région du delta du Niger. Elles avaient été dans un premier ignorées par les marchés, plus préoccupés par la crise financière mondiale.
Des rebelles nigérians ont revendiqué mercredi une attaque contre une station de pompage de la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell dans le delta du Niger et ont menacé de saboter d'autres installations énergétiques et militaires.
Le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend), responsable de multiples attaques qui ont amputé d'un cinquième la production pétrolière du Nigéria depuis fin 2006, ont revendiqué l'attaque.
Si l'attaque est confirmée, il s'agira de la seconde lancée contre les activités de Shell en deux jours.
Le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend) a déclaré dimanche une "guerre du pétrole" avec des attaques contre deux sites. Les affrontements qui se déroulent dans la région sont considérés comme les plus durs depuis que le Mend a lancé début 2006 sa campagne pour une meilleure répartition des richesses pétrolières.
Des responsables du gouvernement estiment à 115.000 barils par jour le volume de la production interrompue en raison des combats.
Aux Etats-Unis, l'ouragan Ike a balayé la principale zone d'extraction pétrolière. Il faut désormais rétablir les infrastructures nécessaires au fonctionnement des raffineries : le site de Texas City, d'une capacité de 76.000 barils par jour, restait privé d'alimentation électrique mardi, a annoncé la compagnie Marathon.
Le département de l'Energie a estimé qu'il faudrait environ une semaine avant que les raffineries fermées par Ike ne reprennent leurs activités.
Annika Breidthardt, version française Danielle Rouquié
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