TOYAKO, Japon (Reuters) - Les pays du G8 ont des analyses convergentes sur l'euro fort, la faiblesse du dollar et le niveau du yuan, qui posent tous problème, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy.
"Il y a maintenant une analyse absolument convergente sur les dégâts économiques que peuvent constituer (les) déséquilibres monétaires et sur la nature de ces déséquilibres monétaires : un dollar trop bas, un yuan trop bas et un euro trop élevé", a-t-il dit lors d'une conférence de presse en marge du sommet du G8 à Toyako, au Japon. "C'est vraiment une analyse partagée par tout le monde."
"C'est plutôt une bonne nouvelle", a souligné Nicolas Sarkozy, qui a dit n'avoir jamais vu une telle convergence d'analyse des huit pays les plus industrialisés, sur un sujet qui les a plutôt divisés dans le passé.
Il a ainsi fait valoir que la "quasi unanimité de l'Europe, Allemagne comprise", considérait maintenant que le niveau de l'euro est un problème.
"Les Américains, et le président Bush l'a dit très clairement, considèrent que la faiblesse du dollar est un problème", a-t-il ajouté. "Tous, autour de la table, nous considérions également que le niveau du yuan est un problème."
Nicolas Sarkozy a souhaité que les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G8 mènent, dans la foulée du sommet de Toyako, des consultations avec les pays émergents, en particulier avec la Chine, "pour que les taux de change de leur monnaie correspondent aux réalités économiques".
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lui aussi présent à Toyako, a également souhaité que la Chine laisse sa monnaie s'apprécier face à l'euro. Il a précisé qu'il prévoyait de débattre de ce sujet lors de rencontres avec des dirigeants chinois mercredi.
Dans une déclaration commune rendue publique mardi, les dirigeants du G8 jugent "crucial" que les taux de change effectifs des économies émergentes enregistrant des excédents courants importants et croissants "évoluent de manière à ce que les ajustements nécessaires aient lieu".
Nicolas Sarkozy a par ailleurs de nouveau déploré l'écart entre les niveaux de taux d'intérêt de part et d'autre de l'Atlantique (de 2% côté américain à 4,25% côté européen).
Il a précisé que ce sujet avait donné lieu à Toyako à une discussion "assez approfondie" et que les participants au sommet avaient jugé "préoccupante" cette différence de taux d'intérêt et son impact sur les déséquilibres monétaires.
Emmanuel Jarry, édité par Véronique Tison
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