par David Lawder et Sumeet Desai
WASHINGTON (Reuters) - Les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G7 se sont engagés vendredi à prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer les flux de crédit mais n'ont proposé aucune action collective pour sortir de la crise.
Dans un communiqué étonnamment bref d'une page adopté à l'issue de trois heures et demie de réunion à Washington, ils soulignent que "la situation actuelle réclame une action urgente et exceptionnelle".
Mais ils n'ont pas retenu la proposition britannique de garantir les prêts interbancaires, que beaucoup voient comme un moyen crucial pour sortir de 14 mois de crise et de panique croissante sur les marchés financiers.
Les décisions prises à Washington constituent un "plan d'action très concis", a déclaré Jean-Claude Trichet. "Je pense qu'il s'agit d'une certaine concision et précision qui vont avec les défis du moment présent", a ajouté le président de la Banque centrale européenne.
Des analystes jugent cependant peu probable que le communiqué en cinq points du G7 atténuera le mouvement de panique qui balaie les places boursières de la planète depuis la faillite de la banque américaine Lehman Brothers et le gel du crédit interbancaire dans un contexte de méfiance généralisée.
"Les marchés voulaient peut-être davantage d'assurance qu'il y aurait un mécanisme global et unifié de soutien des banques, et il ne semble pas que ce soit le cas", a commenté Kim Rupert, d'Action Economics.
L'absence de crédit étrangle la croissance économique, et les investisseurs attendaient du G7 un plan complet susceptible de rétablir les flux de crédit.
"Je pense qu'ils auraient dû s'engager de manière beaucoup plus forte dans la lutte contre le gel du marché du crédit et contre l'absence totale de confiance que les marchés, d'action notamment, placent dans les dirigeants du G7", a estimé Enrique Alvarez, d'Ideaglobal à New York.
PLAN EN CINQ POINTS
La Grande-Bretagne a dévoilé cette semaine un plan de recapitalisation de ses banques à hauteur de 50 milliards de livres et offert une garantie sur les prêts interbancaires pouvant aller jusqu'à 250 milliards de livres. Le chancelier britannique de l'Echiquier, Alistair Darling, avait espéré que d'autres pays suivraient cet exemple.
Dans une déclaration distincte, le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a annoncé que les Etats-Unis mettaient sur pied un plan pour prendre des participations au capital des institutions financières pour faire cesser l'agitation sur les marchés.
"Dans l'immédiat, l'accent est mis sur la liquidité et sur le soutien et la compréhension des risques systémiques et sur le soutien à nos grandes institutions financières tandis que nous travaillons aussi vite que possible pour dévoiler la partie relative au capital de notre plan", a déclaré Paulson.
Il a souligné que la recapitalisation des institutions financières aux Etats-Unis était le but principal de l'autorité de sauvetage.
Dans leur communiqué, les pays du G7 sont convenus d'utiliser tous les outils disponibles pour soutenir les institutions financières importantes d'un point de vue systémique et éviter leur faillite.
Il s'agit également de faire en sorte que les banques puissent lever des capitaux "dans des proportions suffisantes pour rétablir la confiance et leur permettre de continuer à prêter de l'argent aux particuliers et aux entreprises".
Ils soutiennent également les programmes nationaux de garantie des dépôts bancaires.
Pour Paulson, les investisseurs devraient se sentir rassurés par l'accord conclu entre les sept pays les plus riches (Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne, France et Japon) sur ces cinq points (éviter les faillites; débloquer le crédit; permettre aux banques de lever des capitaux; protéger les dépôts bancaires; relancer le marché des crédits immobiliers).
Mais il a reconnu que les marchés devraient rester en proie à la volatilité un certain temps encore.
Version française Danielle Rouquié et Henri-Pierre André
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