par Raymond Colitt
BRASILIA (Reuters) - L'armée de l'air brésilienne a annoncé officiellement jeudi l'ouverture de la procédure qui doit aboutir à une commande d'au moins 36 avions de chasse.
A son arrivée à la présidence du Brésil, en janvier 2003, Luiz Inacio Lula da Silva avait abandonné le projet de remplacement des Mirage déjà âgés qui équipent les forces armées, expliquant préférer consacrer les crédits concernés à l'aide aux défavorisés.
Aujourd'hui, l'armée de l'air souhaite disposer d'un chasseur polyvalent pour remplacer l'ensemble de sa flotte de chasse au cours des 15 prochaines années, ce qui pourrait porter la commande globale à plus de 100 appareils.
Brasilia a présélectionné six avions pour la procédure d'appel d'offres, a précisé l'armée de l'air. Il s'agit du F-18 Super Hornet de Boeing, du F-35 Lightning II de Lockheed-Martin, du Rafale de Dassault, du SU-35 de Sukhoï, du Gripen de Saab et de l'Eurofighter Typhoon.
Le Brésil entend négocier un accord généreux en matière de transferts de technologie, susceptible d'inclure l'assemblage des avions sur son sol, afin de développer son industrie aéronautique et de gérer lui-même la maintenance de sa flotte.
"Le transfert de technologie n'est pas un problème. Eurofighter dispose d'un certain historique en matière de partenariats avec ses clients", a déclaré Valerio Bonelli, porte-parole d'Alenia, l'un des membres du consortium Eurofighter.
LES TRANSFERTS DE TECHNOLOGIE PÈSERONT LOURD
Boeing et Lockheed ont déclaré chacun de leur côté être disposés à soutenir le développement du secteur aéronautique brésilien.
"Le F-35 a été conçu dès le départ dans l'idée d'en faire un produit d'exportation et le programme a permis de nombreuses avancées dans le domaine des transferts de technologie", a dit John Kent, porte-parole de Lockheed Martin.
Mais le gouvernement américain conserve la haute main en matière de transferts de technologie militaire développée sur son sol.
La Brésil a milité ces dernières années pour la création d'un Conseil de défense sud-américain qui pourrait coordonner les contrats d'armement. Mais plusieurs de ses voisins ont récemment renouvelé leurs flottes, comme la Colombie, qui a commandé 24 bombardiers Kfir à Israël, ou le Venezuela, qui a opté pour 24 Sukhoï russes et n'exclut pas d'en commander davantage.
En dépit de ces contrats, certains constructeurs considèrent encore le Brésil - première économie d'Amérique latine - comme une possible tête de pont régionale sur le marché de la défense.
"Le Brésil est un marché émergent et une base d'exportation potentielle pour nous", explique ainsi Damian Hills, porte-parole de la division de systèmes de défense intégrée de Boeing.
Brasilia a entamé des négociations avec la France en vue d'une alliance stratégique dans la défense, qui pourrait inclure la construction au Brésil d'un sous-marin à propulsion nucléaire.
Version française Marc Angrand
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