par Burton Frierson
NEW YORK (Reuters) - L'inflation aux Etats-Unis a atteint en juin son plus haut niveau depuis près de trois ans alors que le salaire réel diminuait, une évolution qui complique un peu plus encore la tâche de la Réserve fédérale, dont l'objectif est de soutenir la croissance sans alimenter la hausse des prix.
Parallèlement, la production industrielle a augmenté de 0,5% le mois dernier alors que le marché s'attendait à une stagnation, ce qui pourrait apaiser en partie la peur d'une récession de la première économie du monde.
Le chiffre le plus attendu était celui de l'indice des prix à la consommation (CPI), qui affiche une hausse de 1,1% sur le seul mois de juin, la plus forte enregistrée d'un mois sur l'autre depuis septembre 2005. En rythme annuel, l'inflation américaine a atteint 5,0%, son plus niveau depuis mai 1991.
Conjuguée à la baisse de 0,9% du salaire hebdomadaire réel le mois dernier, ces chiffres renforcent la crainte de voir l'économie américaine entrer dans une phase de "stagflation", c'est-à-dire de croissance faible et d'inflation élevée.
"UN CLIMAT STAGFLATIONNISTE"
"Les chiffres soulignent que nous nous trouvons désormais dans un climat stagflationniste, ce qui n'est pas bon pour le dollar", a commenté Stephen Malyon, stratège devises senior de Scotia Capital. "Il y a tellement d'incertitude dans les marchés en ce moment que l'annonce d'une accélération de l'inflation ne signifie pas que les taux d'intérêt vont remonter."
Le président de la Fed, Ben Bernanke, avait souligné mardi lors de son audition par la chambre des représentants les risques d'un ralentissement de la croissance et d'une accélération de l'inflation.
La tâche est d'autant plus compliquée pour la banque centrale qu'elle doit simultanément tenter de limiter l'impact de la crise financière et bancaire sur l'ensemble de l'économie.
Ce contexte a incité nombre d'investisseurs à revoir à la baisse les anticipations d'une hausse des taux d'intérêt américains cette année.
A 5,0% en juin, l'inflation en rythme annuel est désormais très proche de l'anticipation moyenne à un an de 5,3% qu'ont montré la semaine dernière les premiers résultats de l'enquête mensuelle Reuters-Université du Michigan sur le moral des ménages.
Les responsables de la Fed préfèrent cependant insister sur les anticipations à plus long terme, qui se situent à 3,4%.
Wall Street était en nette hausse en début de séance mercredi, les chiffres de l'inflation étant occultés par les résultats meilleurs que prévu de la banque Wells Fargo, la cinquième banque américaine.
Le dollar, lui, a légèrement progressé, l'euro repassant sous le seuil de 1,59 dollar tandis que les emprunts d'Etat américains cédaient du terrain.
Version française Marc Angrand
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