Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Marché : L'europe ne juge pas nécessaire de renflouer la grèce

vendredi 5 mars 2010 à 21h26
L'europe ne juge pas nécessaire de renflouer la grèce

par Harry Papachristou et Paul Carrel

BERLIN (Reuters) - Des dirigeants européens ont exprimé leur confiance vendredi envers les mesures d'austérité prises par la Grèce, dont ils pensent qu'elles tireront le pays d'affaire sans recourir à une assistance financière.

Le Premier ministre grec George Papandréou a reçu un soutien politique mais aucun engagement d'aide financière après avoir rencontré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker à Luxembourg et la chancelière Angela Merkel à Berlin.

"La Grèce n'a pas demandé d'aide financière. La zone euro est stable actuellement et de ce fait la question d'une aide ne se pose pas d'elle-même", a dit Angela Merkel, lors d'une conférence de presse donnée avec George Papandréou.

"Nous ne pouvons prédire tous les scénarios qui peuvent se produire dans les 10 jours qui viennent mais la question ne se pose pas d'elle-même aujourd'hui et nous faisons en sorte qu'il en soit de même à l'avenir. Je suis optimiste sur le fait que tel sera bien le cas".

Jean-Claude Juncker, qui est également Premier ministre du Luxembourg, juge que le plan d'austérité grec est solide. Il a dit que l'Europe était prête à aider la Grèce, ajoutant toutefois: "Je ne pense pas que cette action sera nécessaire".

Pendant que le Premier ministre grec effectuait ses visites européennes, le Parlement grec adoptait un projet de loi incorporant une bonne partie des 4,8 milliards d'euros d'économies et de hausses des impôts que le gouvernement a dévoilées mercredi dernier.

Le plan, qui prévoit entre autres une hausse de la TVA, un gel des retraites et une réduction des traitements dans la fonction publique, n'a eu que peu d'effets sur les marchés. En dépit de l'émission réussie d'un emprunt de cinq milliards d'euros à 10 ans jeudi, le spread entre les emprunts grecs à 10 ans et les Bunds de même échéance reste élevé, 288 points de base, soit 70 pdb environ de plus qu'il y a deux mois.

Certains analystes pensent que les marchés risquent de continuer à attaquer les actifs grecs tant que la zone euro n'aura pas apporté une aide concrète à Athènes.

Athènes doit emprunter 53 milliards d'euros cette année, sont 20 milliards au moins d'ici la fin mai, pour refinancer sa dette et couvrir son déficit budgétaire.

Tout en prenant acte que les déboires économiques de la Grèce sont pour l'essentiel de son seul fait, Angela Merkel n'en a pas moins dans le collimateur les spéculateurs des marchés qui, affirment-elles, se nourrissent des malheurs de ce pays, ainsi que les instruments appelés swaps de défaut de crédit (CDS).

"Nous demanderons à la Commission d'en faire une question européenne mais nous devons également solliciter nos partenaires aux Etats-Unis car la spéculation est mondiale et ne limite pas aux frontières européennes ni à celles de la zone euro", a-t-elle dit.

Un sondage d'opinion réalisé pour la chaîne Skai TV auprès de 530 personnes montre que trois Grecs sur quatre sont opposés à ces mesures d'austérité. Mais le sondage montre aussi que 78% d'entre eux pensent qu'il y a une forte chance que toutes les mesures gouvernementales soient appliquées.

De nouvelles manifestations se sont produites vendredi et des affrontements ont opposé la police à des manifestants devant le Parlement.

Le syndicat du secteur privé GSEE a annoncé une grève pour le 11 mars et son homologue du secteur public, l'ADEDY, a dit que la fonction publique suivrait ce jour-là. Les deux syndicats représentent 2,5 millions d'adhérents environ, soit la moitié de la population active de la Grèce.

Noah Barkin, version française Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2010 Thomson Reuters

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+324.00 % vs +65.02 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour