BRUXELLES (Reuters) - La mise en oeuvre du plan de relance de 200 milliards d'euros annoncé mercredi dernier par la Commission européenne est au centre de la réunion, lundi, des ministres des Finances de l'Eurogroupe.
Réunis à Bruxelles, ces derniers doivent également revenir sur les mesures adoptées ces dernières semaines pour venir en aide au secteur bancaire européen, qui semblent provoquer des difficultés dans le cas de la France, sur les conditions de recapitalisation des banques.
Pressée par ses partenaires européens d'avoir une attitude moins frileuse face à la crise, l'Allemagne est au centre des attentions alors que la chancelière allemande Angela Merkel a répété lundi qu'elle n'avait pas l'intention d'étendre le plan de relance déjà annoncé par Berlin.
"Nous n'allons pas prendre part à une compétition où chacun tente de faire mieux que les autres, avec une liste sans fin de nouvelles propositions, dans une course absurde aux milliards", a déclaré la dirigeante allemande, dont les propos semblaient viser directement le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy.
Ce dernier doit annoncer jeudi un plan de soutien à l'économie "assez massif" pour un montant estimé à 1% du produit intérieur brut (PIB), soit quelque 19 milliards d'euros, et ce alors que le déficit budgétaire français s'apprête à refranchir la limite de 3% du PIB fixée par le Pacte européen de stabilité et de croissance.
A son arrivée à Bruxelles, le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a d'ailleurs répété que l'Allemagne avait déjà annoncé deux plans pour un montant total de 31 milliards d'euros, soit 1,25% de son PIB, en référence aux préconisations de la Commission européenne.
"Ceci n'a apparemment pas été bien enregistré par un certain nombre d'observateurs. Par ailleurs, nous n'avons pas l'obligation de copier ce que font les autres pays. Nous avons besoin de coopération mais les actions peuvent être différentes", a-t-il noté.
"RÉACTION ADÉQUATE"
Alors que la Commission a proposé que les Etats membres consacrent 1,2% de leur PIB à soutenir les investissements et la consommation, plusieurs approches ont cours chez les Vingt-sept.
Tout comme l'Allemagne, qui continue de prôner la discipline budgétaire après plusieurs années à l'équilibre, la Pologne, qui aspire à faire partie de la zone euro, a ainsi indiqué que son plan de relance de 24 milliards d'euros, annoncé au cours du week-end, n'aurait pas d'impact négatif sur son déficit.
A l'inverse, l'Espagne, l'un des bons élèves de ces dernières années en matière de finances publiques, a choisi de laisser filer son déficit public en dévoilant des programmes de relance pour un montant total avoisinant 50 milliards d'euros.
Des sources proches de l'Eurogroupe, le forum de coordination des politiques économiques dans la zone euro, estiment cependant que cette question ne devrait pas être tranchée lundi et qu'aucune recommandation aux Etats ne devrait être formulée.
Ce qui est en jeu, ajoutent ces sources, ce n'est pas tant le montant des plans que la manière dont l'argent est dépensé, une dimension sur laquelle insiste d'ailleurs depuis plusieurs semaines Joaquin Almunia, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.
Lundi, ce dernier a espéré que les ministres des Finances de la zone euro soutiennent le plan de la Commission, estimant que son efficacité dépendrait du degré de coordination des plans de relance nationaux.
"J'ai confiance dans le fait que la réaction de l'Eurogroupe et de l'UE dans son ensemble à ce ralentissement, à ce risque de récession, sera une réaction adéquate", a-t-il dit.
Julien Toyer
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