Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Europe : Le débat sur un "fme" tiédit les relations entre paris et berlin

mercredi 10 mars 2010 à 20h18
Europe : le débat sur un

BERLIN (Reuters) - Embarrassée par le débat sur le "Fonds monétaire européen", la France s'efforce de recentrer son partenariat avec l'Allemagne sur l'urgence du moment - la Grèce.

Mercredi, à Berlin, François Fillon a quelque peu atténué les réserves françaises exprimées la veille par la ministre de l'Economie Christine Lagarde sur le "FME", mais la tiédeur de sa réaction ne laissait pas de doute.

Le Premier ministre, qui s'est entretenu avec la chancelière allemande lors d'une courte visite prévue de longue date, a affirmé que ce mécanisme, pour lequel il souhaite une expertise rapide, ne pouvait être qu'une solution de "moyen terme".

Un FME, idée avancée par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, et endossée par la chancelière allemande Angela Merkel, nécessiterait une révision des traités Européens, ce que refuse Paris.

L'insistance de Berlin sur le volet contraignant - sanctions en cas de manquements budgétaires - que supposerait un tel fonds de soutien, dont la crise grecque a brutalement souligné la nécessité, embarrasse également la France, dont le déficit s'aggrave.

Des diplomates français, en privé, s'agacent de ce qu'ils considèrent comme un contre-feu allumé par l'Allemagne, fort réticente à envisager un éventuel renflouement de la Grèce.

"Ce n'est pas une proposition qui peut répondre aux problèmes les plus immédiats et les plus urgents mais que nous devons expertiser rapidement", a déclaré François Fillon lors d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel.

Le chef du gouvernement français avait auparavant souligné, lors d'un discours à l'université Humboldt, "le devoir de solidarité" de la zone euro envers Athènes.

"Je n'ai pas besoin de convaincre la chancelière de la nécessité de la solidarité de la zone euro", a-t-il précisé ensuite aux côtés de la dirigeante allemande.

"Il n'y a pas de divergences de vues", a-t-il assuré.

Mais les argumentaires peinent à se recouper.

PAS QUESTION DE RENÉGOCIER LES TRAITÉS

Quand Angela Merkel plaide pour des "sanctions plus efficaces" contre les Etats à la discipline budgétaire défaillante dans le cadre éventuel d'un FME, François Fillon met en avant les "règles très contraignantes" régissant déjà la zone euro et évoque la possibilité d'"un outil prédictif analysant les menaces qui pèsent sur les finances publiques".

"Les instruments dont nous disposons en termes de sanctions ne sont pas suffisants", a estimé la chancelière allemande, évoquant les règles du pacte de stabilité et de croissance. "Il va falloir qu'on réfléchisse à des sanctions qui puissent davantage porter leurs fruits", a-t-elle dit. " Les experts discuteront des détails."

Lorsqu'on interroge la partie française sur le volet des sanctions, la réponse est lapidaire. "Expertisons", dit-on sans plus élaborer.

"Il n'est pas question pour la France, pas plus que pour l'Allemagne, d'envisager de renégocier des traités qu'il a d'ailleurs été suffisamment long et difficile de mettre en oeuvre", a avancé François Fillon.

Pour le Premier ministre, un "FME" viendrait simplement "compléter les dispositions qui existent déjà dans les textes européens".

Il a insisté sur la nécessité, à ses yeux, d'"optimiser" les outils existants sous la houlette d'un "vrai pilote", le gouvernement économique européen auquel l'Allemagne s'est ralliée bon an mal an.

"Nous avons déjà des mécanismes de surveillance pour la zone euro, ces mécanismes doivent être rénovés", a-t-il dit lors de son discours à Humboldt.

"Au coeur de cette surveillance, il y aura toujours le pacte de stabilité et de croissance", a-t-il précisé. Le pacte institué par le traité de Maastricht prévoit - en théorie - des pénalités contre les Etats laxistes.

La France suggère, sans plus de détails, de "développer une nouvelle surveillance qui cible les déséquilibres de modèle de croissance, les déficits et les excédents courants disproportionnés".

Sophie Louet, édité par Gérard Bon

Copyright © 2010 Thomson Reuters

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+325.00 % vs +65.68 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour