(BFM Bourse) - L'assèchement de liquidité et la faillite de fonds provoqués par la crise des prêts immobiliers à risque américains a fait plonger les places boursières mondiales jeudi et vendredi dernier. Les marchés se reprennent aujourd'hui, visiblement rassurés par la promptitude avec laquelle les banques centrales ont injecté des liquidités dans le système pour éviter son blocage. De fait, alors que la BCE a injecté plus de 150 Milliards d'euros sur les quatre dernières journées, la crainte de risque systémique s'éloigne à grand pas.
Le rebond enregistré lundi par les marchés financiers signifie-t-il pour autant que rien n'a changé ? Quels sont les secteurs et les valeurs les plus vulnérables où les mieux protégés dans le contexte actuel ?
« Les valeurs les plus fragiles demeurent les bancaires », estime Sebastien Korchia, de chez Meeschaert, contacté par Tradingsat.com, « même si leur exposition au subprime est sûrement limitée et que les récents résultats semestriels ont montré que les performances étaient là ». Le gérant estime que les investisseurs pourraient être tentés de réduire leur exposition sur ce secteur après quatre années de surperformance.
Au-delà, Sébastien Korchia estime qu'il convient probablement d'être aussi « un petit peu plus prudent sur certaines valeurs cycliques un peu dures », telles que Lafarge ou Ciments Français par exemple. « Au sens très large, la prudence peut s'étendre jusqu'à des valeurs comme Vinci, et surtout les foncières, qui affichaient jusqu'à présent une prime sur leur actif net », estime le gérant.
Dans une optique de court terme, les valeurs liées au matières premières telles qu'IMS (aciers spéciaux), Jacquet (aciers inoxydables et alliages de nickel) ou SIPH (caoutchouc) lui semblent également vulnérables, dans la mesure où de nombreux hedge funds débouclent leurs positions pour réduire leur exposition. Certains d'entre eux, spécialisés dans le rachat des créances des établissements de crédit immobilier les plus risqués, sont en effet concernés par les défaillances des emprunteurs.
Sebastien Korchia estime aussi que des problématiques peuvent survenir sur des valeurs qui auront un peu plus de mal qu'auparavant à trouver des financements. « Les valeurs de l'environnement, de l'énergie verte, comme Theolia par exemple, qui font augmentation de capital sur augmentation de capital ».
Enfin, les sociétés opéables, celles qui ont soutenu la cote avant la correction, « ne sont pas celles qui tiennent le choc », souligne-t-il. « Les opérations de fusions-acquisitions ont été le dernier moteur qui a alimenté le marché, qui montait parce que chaque séance amenait son lot de nouvelles rumeurs. » Or, du fait de la remontée des taux, les intervenants estiment à présent que les fonds de LBO pourraient éprouver des difficultés pour financer leurs opérations. « De fait, il n'y a plus aujourd'hui aucune rumeur alors que les cours sont 15% moins cher » observe Sébastien Korchia.
A l'inverse, le gérant estime que les investisseurs pourraient désormais demander « un peu moins de spéculation et d'exposition à des risques qu'on ne voit pas (hors bilan etc…), et un peu plus de visibilité et de régularité. Le marché pourrait donc apprécier les qualités de secteurs comme l'alimentaire et la distribution ou des valeurs comme Essilor, et l'Oréal qui me paraissent davantage protégées que le reste ».