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Vivendi : L'accord Canal+/beIN bloqué par l'Autorité de la concurrence

L'Autorité de la concurrence bloque l'accord Canal+/beIN SportsL'Autorité de la concurrence bloque l'accord Canal+/beIN Sports

par Gwénaëlle Barzic et Mathieu Rosemain

PARIS (Reuters) - L'Autorité de la concurrence s'oppose à l'accord de distribution exclusive entre la filiale de Vivendi Canal+ et beIN Sports, infligeant un revers cinglant à Vincent Bolloré qui avait présenté le projet comme essentiel pour redresser la chaîne cryptée.

Le gendarme de la concurrence a refusé de lever l'interdiction faite en 2012 à la chaîne cryptée de distribuer une chaîne sportive payante, empêchant de facto la signature du partenariat annoncé en février.

Le régulateur, qui aurait pu se contenter d'encadrer l'accord avec des conditions contraignantes, a finalement choisi la solution la plus radicale, donnant rendez-vous à Canal+ l'an prochain dans le cadre d'une remise à plat générale des règles encadrant la télévision payante.

L'Autorité de la concurrence a une fois de plus marqué son indépendance alors que les dirigeants de Vivendi avaient multiplié les déclarations alarmistes ces dernières semaines sur l'état de santé de Canal+, "en situation de faillite" selon Vincent Bolloré qui a menacé d'"arrêter le robinet" des chaînes françaises.

"Je pense personnellement que ce n'est pas cet accord qui aurait restauré la rentabilité financière de Canal+ déplorée par son principal actionnaire. Cet accord aurait surtout beaucoup coûté au début", a expliqué le président de l'Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, lors d'une conférence de presse, évoquant un coût pour Canal+ compris entre 300 et 400 millions d'euros par an.

Tout en reconnaissant la difficile équation financière de Canal+ qui doit faire face à l'inflation du coût des droits sportifs et à la baisse de ses revenus publicitaires, il a estimé que la chaîne, dont l'offre unique au prix élevé d'environ 40 euros est dépassée, avait du travail à faire pour séduire les petits budgets.

CANAL RÉFLÉCHIT À D'"AUTRES SOLUTIONS"

Dans un communiqué, Canal+, qui comptait sur cette alliance pour renforcer son offre sportive, dégarnie depuis le lancement des chaînes qataries en 2012, a dit qu'il allait "travailler à d'autres solutions".

Pour tenter de convaincre, le groupe avait mis en avant l'évolution de la concurrence avec l'émergence de nouveaux acteurs comme Altice qui a raflé les droits de la Premier League anglaise.

Une initiative pour l'instant "isolée", a estimé pour sa part Bruno Lasserre, soulignant que le duopole Canal+-beIN Sports aurait concentré 80% des droits sportifs en France, avec un risque de collusion pour les prochains appels d'offres.

Le régulateur a également entendu les craintes des opérateurs télécoms qui commercialisent actuellement beIN Sports, inquiets de perdre les revenus issus de la distribution du bouquet ainsi que l'accès aux clients.

Il s'agit d'un coup dur pour Canal+ qui pourrait toutefois conclure un nouvel accord, d'ampleur plus limitée mais avec un coût moins élevé, avec beIN Sports.

"Il pèse désormais un risque plus grand sur le financement des industries du cinéma et du sport : un Canal 'plus petit' sur le premium signifie moins de financements pour les films français et il semble difficile d'imaginer que beIN (qui perd entre 150 millions et 300 millions d'euros par an selon la presse) pourra maintenir ses investissements actuels dans le sport sur le long terme", écrit dans une note Charles Bedouelle, analyste à Exane BNP Paribas.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2016 Thomson Reuters


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