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Veolia environ. : Un remaniement du conseil de veolia est jugé nécessaire

Un remaniement du conseil de veolia est jugé nécessaireUn remaniement du conseil de veolia est jugé nécessaire

par Benjamin Mallet et Caroline Jacobs

PARIS (Reuters) - Veolia Environnement doit revoir en profondeur la composition de son conseil d'administration pour regagner la confiance des investisseurs après un projet avorté d'éviction de son PDG Antoine Frérot, estiment des analystes et des spécialistes des questions de gouvernance interrogés par Reuters.

Le groupe spécialisé dans le traitement de l'eau et des déchets semble avoir pris une première mesure dans ce sens en annonçant jeudi qu'il proposerait lors de l'assemblée générale de ses actionnaires le 16 mai la désignation de trois nouveaux administrateurs.

Cette décision intervient alors que plusieurs administrateurs de Veolia, dont Henri Proglio, ancien patron du groupe actuellement PDG d'EDF, ont, selon des sources proches du dossier, envisagé de demander la démission d'Antoine Frérot lors d'un conseil d'administration qui s'est tenu fin février.

Certains investisseurs en Bourse attendent désormais des changements dans la gouvernance de Veolia et les premiers résultats concrets du projet de restructuration avant de revenir vers le titre.

"Ce serait important pour retrouver la confiance", estime Khiem Le, gérant de portefeuille chez AWF Framlington Global Environment, un fonds d'Axa Investment Managers.

"Même s'ils mettent en oeuvre la restructuration, je ne voudrais pas que Proglio revienne à la charge et essaie de déstabiliser le groupe", ajoute-t-il en qualifiant le conseil actuel de Veolia de "chambre d'enregistrement".

LE RÔLE DE PROGLIO EN QUESTION

"J'attendrais un an, un an et demi, pour voir comment la restructuration se met en place", estime également Khiem Le, qui a cédé en septembre le solde des actions que son fonds détenait dans Veolia, alors que le titre a touché un plus bas le 20 décembre à 7,8 euros avant de remonter autour de 12 euros.

L'hypothèse d'une nomination de l'ancien ministre centriste Jean-Louis Borloo avec le soutien de l'Elysée, bien que démentie, a été si vive que, selon certains observateurs, Antoine Frérot a obtenu un sursis jusqu'à l'élection présidentielle de mai au moins.

Ainsi, malgré une perte nette de 490 millions d'euros au titre de 2011, le PDG a obtenu du conseil qu'il lui réaffirme "sa confiance" et la "pertinence" de son plan stratégique.

Reste que les divisions profondes apparues entre certains administrateurs et Antoine Frérot semblent impliquer de revoir en profondeur la composition du conseil, dont la totalité des membres actuels étaient déjà présents lorsque Henri Proglio dirigeait la société.

Certaines sources estiment en outre que l'ancien patron de Veolia, dont le mandat d'administrateur du groupe expire en 2013, n'est pas prêt à quitter purement et simplement une entreprise dont il a gravi les échelons et où il a travaillé pendant 38 ans, soit presque toute sa carrière.

Henri Proglio serait en particulier en désaccord avec la décision de son successeur Antoine Frérot de faire sortir Veolia de près de la moitié des pays où il est aujourd'hui présent et de vendre ses activités dans le transport.

"DÉMISSIONNER"

"La société est malade", estime Frédéric Genevrier, spécialisé dans les questions de gouvernance au sein de la société d'analyse financière OFG. "Elle a eu du mal depuis 2008 à entrer dans la nouvelle économie (...) C'est une crise longue. Et le conseil était sans réaction depuis 2008."

"Les investisseurs ont une seule question : est-ce que la même équipe peut organiser un changement structurel ? En général, ils n'y croient pas."

Selon un conseiller parlementaire également spécialisé dans les questions de gouvernance, Veolia est même le symbole des relations dangereuses en France entre le monde politique et celui des affaires.

"La culture d'entreprise française est infestée d'hommes politiques", juge-t-il. "Il y a un lien constant entre les groupes du CAC 40 et les hommes politiques, ce sont des copains. C'est un système qui paralyse, les gens ne peuvent pas parler librement et ça bloque l'émergence de nouveaux talents."

Des analystes estiment en outre que la légitimité de certains membres du conseil de Veolia et leurs compétences sont sujettes à caution dans la mesure où certains sont en place depuis 2003 et, pour huit d'entre eux, ont plus de 60 ans.

"Ce n'est pas un conseil, ses membres sont presque là à titre honorifique", juge l'un d'entre eux, basé à Paris. "Proglio et ses amis auraient dû être remplacés. Je suis sûr que c'est ce que Frérot est en train d'essayer de faire. Mais de là à savoir s'il y parviendra..."

Pour Véronique Colas, analyste chez Alphavalue, "la gouvernance de Veolia doit de toute évidence être remaniée afin de restaurer la confiance d'une manière durable".

"La vraie question est de savoir pourquoi il a fallu deux ans pour que le conseil d'administration (...) se rende compte des dégâts laissés derrière lui par M. Proglio", ajoute-t-elle.

"La meilleure chose pour (le conseil) serait de démissionner."

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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