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Vale : L'Argentine fait de nouveau fuir les investisseurs

L'Argentine fait de nouveau fuir les investisseursL'Argentine fait de nouveau fuir les investisseurs

par Brian Winter

BUENOS AIRES (Reuters) - Plus d'une décennie après la crise financière argentine de 2001-2002, les investisseurs étrangers se détournent de nouveau de la troisième économie d'Amérique latine, lassés par la politique économique de plus en plus rigide de Buenos Aires et effrayés par la menace d'une nouvelle crise majeure.

La présidente Cristina Fernandez, qui avait déjà déstabilisé le secteur privé en 2008 en ponctionnant des fonds de pension pour alléger la dette publique, a instauré un strict contrôle des prix; parallèlement, la banque centrale a mis en oeuvre un contrôle des changes qui a provoqué une ruée vers le dollar.

Sur le marché noir, le taux de change de la monnaie argentine est désormais supérieur de 60% au niveau de 5,3 pesos pour un dollar officiellement fixé face à la devise américaine.

A ceci s'ajoute une inflation de 25% et l'absence de l'Argentine des marchés de capitaux, dont elle est exclue depuis qu'elle a fait défaut sur l'équivalent de 75 milliards d'euros lors de l'effondrement financier de 2001-2002.

Dans ce contexte, le Brésil et la Chine, les deux principaux partenaires avec lesquels Buenos Aires conservait encore des relations économiques d'ampleur, reviennent peu à peu sur leurs projets d'investissements en Argentine.

En mars, le brésilien Vale, premier producteur mondial de minerai de fer, a annulé un investissement de 4,5 milliards d'euros dans une nouvelle mine de potasse en Argentine, ce qui a tendu les relations diplomatiques entre Buenos Aires et Brasilia.

Vale, un groupe certes privé mais sur lequel le gouvernement brésilien exerce une grande influence, a été découragé par l'écart entre les taux de change officiel et réel, qui l'aurait forcé à assumer des coûts en dollars très supérieurs aux bénéfices enregistrés sur place.

"RIEN À OFFRIR"

Le ministre argentin du Commerce intérieur, Guillermo Moreno, a menacé de faire arrêter des cadres de Vale, ce qui a poussé la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, à annoncer la "réduction" des relations entre les deux pays. Peu de temps après, le groupe pétrolier brésilien public Petrobras a accéléré la vente de ses actifs argentins.

Côté chinois, le fonds d'investissement Heilongjiang Beidahuang State Farms Business Trade Group, qui devait s'engager dans plusieurs projets d'infrastructures en Argentine, les a pour le moment reportés.

"Ils sont retardés à cause de la situation politique", explique Oscar Gomes, un conseiller du groupe. "Aujourd'hui, quelle que soit la somme d'argent prévue, elle est dépensée en deux mois. Tout joue contre l'Argentine. Il n'y a plus d'investissements car elle n'a rien à offrir à personne."

L'économie argentine peut difficilement compter sur ses propres entreprises. Un indice mesurant la confiance des patrons, publié par l'université de Belgrano, a reculé de 4,4% au premier trimestre par rapport à l'an dernier, ce qui le rapproche des niveaux observés lors de la crise financière mondiale de 2008-2009.

Plusieurs observateurs argentins se laissent aller à un certain fatalisme et remarquent que le pays a, par le passé, subi une crise économique par décennie, ce qui les pousse à évoquer "la fin du cycle" et à se demander ce qui explique cette régularité.

"J'essaie de répondre à cette question depuis 50 ans", reconnaît David Rock, professeur à l'université californienne de Santa Barbara et spécialiste de l'histoire Argentine. "Honnêtement, je n'en sais toujours rien."

Julien Dury pour le service français, édité par Marc Angrand

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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