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Ubisoft entertain : L'affrontement avec Vivendi n'a pas eu lieu

(Tradingsat.com) - Jeudi 29 septembre se tenait la première assemblée générale (AG) des actionnaires d'Ubisoft depuis l'irruption de Vivendi au capital il y a un an.

Mais l'affrontement attendu n'a pas eu lieu. Car Vivendi s'est fait discret. Aucun dirigeant, à commencer par Vincent Bolloré, n'a fait le déplacement, Vivendi n'envoyant sur place qu'un cadre de second rang pour aller voter. Et Vivendi n'a déposé aucune résolution pour rentrer au conseil d'administration.

Yves Guillemot a prévenu: "Que Vivendi soit actionnaire ne pose pas de problème. Mais il est important qu'ils restent actionnaires. Il n'est pas concevable d'avoir Vivendi au conseil d'administration, car ils sont concurrents sur beaucoup d'aspects. Ce ne serait pas une bonne idée d'avoir un concurrent à notre conseil d'administration. Il faut que les administrateurs soient neutres. Quand il y a trop de conflits à l'intérieur d'un conseil d'administration, les sociétés vont moins bien. La réputation de certaines sociétés fait que cela ne se passe pas toujours très bien. On est à la recherche de l'harmonie". Et surtout, "cela empêcherait Ubisoft d'être agile ce qui fait son succès".

Des propos vivement applaudis par les salariés d'Ubisoft venus en nombre. L'AG se tenait en effet au Novotel de Bagnolet, proche du siège situé à Montreuil.

Quel est le rapport de forces?

Avant l'assemblée générale, plusieurs analystes, comme Exane ou Natixis, doutaient que Vivendi puisse réunir une majorité de voix. Certes, le groupe dirigé par Vincent Bolloré est devenu le principal actionnaire, mais il ne détient que 22,6% du capital, et 20,6% des droits de vote.

En face, la famille fondatrice Guillemot détient 13,2% du capital, mais 19,2% des droits de vote. Elle n'a cessé de se renforcer depuis l'irruption de son nouvel actionnaire (en avril 2015, elle détenait seulement 9,4% du capital et 16,2% des droits de vote). En outre, elle peut compter sur le soutien des salariés (4,5% du capital). Elle peut sans doute compter aussi sur BPI France (3,2% du capital, 5% des droits de vote), qui participait au vote ce jeudi, mais va juste après revendre ses actions à Ubisoft.

Quelles sont les intentions de Vivendi?

Le 14 octobre 2015, lorsque Vivendi avait fait irruption au capital d'Ubisoft, l'ex-Compagnie générale des eaux avait assuré que cet investissement s'effectuait "dans le cadre du placement de ses liquidités" (sic).

Mais ce discours a vite changé. Une semaine plus tard, Vivendi déclarait à l'AMF que "cet investissement participe d’une vision stratégique de convergence opérationnelle entre Vivendi et Ubisoft". Le groupe dirigé par Vincent Bolloré déclarait "envisager de demander, le moment venu, d’être représenté au conseil d’administration d'Ubisoft".

En juillet 2016, l'industriel breton précisait ses intentions, dans une autre déclaration à l'AMF: "Vivendi envisage de demander une recomposition du conseil d'administration d'Ubisoft en vue, notamment, d'y obtenir une représentation cohérente avec sa position actionnariale". Mais "Vivendi n'envisage pas de déposer une offre publique sur Ubisoft, ni d'en acquérir le contrôle".

Quels sont les options pour Vincent Bolloré?

Une première option est de trouver un accord avec la famille Guillemot, mais celle-ci s'y refuse.

Autre option: revendre sa participation avec une belle plus-value, comme l'industriel breton l'a déjà fait chez Bouygues, Vallourec ou Aegis. D'ores et déjà, ses actions Ubisoft valent 220 millions d'euros de plus que leur prix d'achat, selon les calculs d'Exane.

Dernière option: lancer une OPA hostile, mais plusieurs analystes financiers, comme Natixis, n'y "croient pas": "Cette probabilité est assez faible". D'abord, parce que Vincent Bolloré ne fait jamais d'OPA -Gameloft mis à part. Sa stratégie a toujours été de prendre le contrôle de ses cibles tout en restant minoritaire et ne dépassant pas le seuil qui l'oblige à lancer une OPA (en France, 30% du capital ou des droits de vote).

Ensuite, "le coût serait prohibitif", pointe Natixis: Ubisoft vaut 3,7 milliards d'euros en bourse, somme à laquelle il faudrait ajouter une généreuse prime. En face, la trésorerie de Vivendi a fondu, pour tomber à 2,1 milliards d'euros fin septembre. "Dépenser près de 5 milliards d'euros pour acquérir Ubisoft et Gameloft, uniquement pour cristalliser quelques dizaines de millions d'euros de synergies, ne paraît pas pertinent", ajoute Natixis.

Enfin, une prise de contrôle hostile "présenterait des risques d'exécution majeurs", ajoute Natixis. Avant tout, elle ferait probablement fuir les créateurs de jeux vidéo vers d'autres cieux. La famille Guillemot souligne d'ailleurs l'expérience malheureuse de Vivendi dans les jeux vidéo: "L'évolution défavorable du chiffre d'affaires et de la rentabilité d'Activision au cours des années pendant lesquelles ce groupe était détenu par Vivendi illustre son manque de maîtrise des leviers de création de valeur dans l'industrie des jeux vidéo". Ils se demandent aussi pourquoi Vivendi veut revenir dans les jeux vidéo juste après en être sorti...

Conclusion des analystes de Natixis: "L'enjeu à court terme pour Vivendi est surtout de faire croire à la famille Guillemot qu'une OPA est possible. Ce qui devrait occasionner un inévitable questionnement pour Ubisoft: finalement, vaut-il mieux accepter que Vivendi obtienne un siège au conseil d'administration, plutôt que de risquer une OPA hostile?".

Quoiqu'il en soit, il est fort possible que l'issue ne soit pas connue avant plusieurs années: Vincent Bolloré est patient et a toujours pris son temps avant d'abattre ses cartes.

Par la rédaction de BFM Business


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