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Total : "dispose d'un potentiel au vu de la faiblesse de la valorisation"

(Tradingsat.com) - La « saison des dividendes Â» 2011, période durant laquelle la plupart des sociétés cotées versent les dividendes votés en assemblée générale, est maintenant bien avancée. Jacques Burlot, gérant du fonds Tocqueville Dividende de Tocqueville Finance, en hausse de près de 90% sur 10 ans, nous rappelle le fort intérêt de cette thématique dans le cadre d'un investissement de long terme.

Tradingsat.com : Comment jugez-vous le cru des dividendes 2010 ?

Jacques Burlot : Les rendements n'ont jamais été aussi élevés. Le rendement moyen de Tocqueville Dividende dépasse les 5%. Il atteint 6% sur l'ensemble des dix premières lignes du portefeuille. C'est le double d'il y a cinq ans ! Au numérateur, la masse des dividendes versés a en effet progressé, tandis qu'au dénominateur, les valorisations des sociétés qui distribuent beaucoup de dividendes apparaissent relativement faibles, ayant peu rebondi par rapport au marché depuis le point bas de mars 2009. D'ailleurs, sur l'ensemble du CAC 40, le rendement atteint 3,7%, c'est près de 50% de plus que sur les marchés américains, sans parler des marchés émergents…

Tradingsat.com : Mais si le cours des valeurs de rendement s'apprécie moins, l'un dans l'autre, est ce vraiment rentable ?

Jacques Burlot : Si elles ont moins rebondi, c'est aussi le plus souvent parce qu'elles avaient mieux résisté auparavant. Les valeurs qui versent de gros dividendes ont pour autre avantage d'évoluer sur des secteurs généralement considérés comme « défensifs Â», ce qui se traduit par une volatilité en Bourse plus faible que celle du marché. L'historique montre que l'investissement en valeur de rendement est toujours intéressant sur le long terme. Sur 20 ans, la performance annuelle de Total compte tenu du dividende perçu atteint 12%. C'est énorme !

Tradingsat.com : N'y a-t-il pas un risque pour une société d'obérer sa capacité d'investissement en versant de gros dividendes ?

Jacques Burlot : Le versement d'un dividende témoigne de la capacité d'une entreprise à générer de solides cash flows, [capacité d'autofinancement, ndlr]. De fait, les sociétés généreuses avec leurs actionnaires évoluent souvent sur des secteurs à cash flows récurrents. Généralement, une société qui verse un dividende a donc fini de financer son activité, et d'un point de vue stratégique, il vaut parfois mieux distribuer des liquidités que de faire des investissements hasardeux. Au regard des inquiétudes sur les dettes souveraines, la rémunération offerte par les valeurs de rendement apparaît d'ailleurs souvent plus intéressante et moins risquée aujourd'hui que celle de nombreux emprunts d'Etat. Les bilans des entreprise se sont nettement assainis depuis la crise financière, beaucoup de celles qui avaient cessé de rémunérer leurs actionnaires, ont recommencé à le faire.

Tradingsat.com : Vous faites particulièrement confiance à Total et Royal Dutch Shell, les 1ère et 3ème position du fonds.

Jacques Burlot : Royal Dutch Shell était la 1ère position l'année dernière en étant l'un des plus gros contributeurs à la performance du fonds. Total a moins bien « performé Â», mais dispose d'un potentiel au vu de la faiblesse de sa valorisation. D'une manière générale, le secteur pétrolier génère d'énormes cash flows qui garantissent la distribution des dividendes. En terme de valorisation, il faut comprendre aussi que toute hausse du prix du baril augmente la valeur des stocks… je ne suis donc pas très inquiet sur l'évolution boursière des majors pétrolières à moyen terme.

Tradingsat.com : Vous appréciez également Rallye et Vivendi.

Jacques Burlot : L'équation financière de Rallye est simple : 98% de son actif net réévalué est constitué par sa filiale Casino. Le titre avait été très affecté en 2008, de façon excessive à mon sens, par les craintes sur le refinancement de la société. J'apprécie la stratégie menée par Casino : son positionnement sur les formats qui fonctionnent bien en France, comme le hard discount (Leader Price, Franprix) et les magasins de proximité (Monoprix, Petit Casino), ainsi que son développement rapide des marchés émergents, tels que le Brésil et la Thailande où le groupe occupe des positions de leaders. Pour Vivendi, la décote sur l'actif net réévalué de plus de 25% est injustifiée. Elle l'est d'autant plus au regard des derniers mouvements stratégiques de la société : l'acquisition au Brésil de GVT, dont les taux de croissance sont le double de ceux annoncés initialement, et le rachat de la totalité du capital de SFR. Je n'exclus pas non plus à terme une scission du groupe entre les télécoms d'un côté, et le reste des activités de l'autre.

Tradingsat.com : Et parmi les petites valeurs de rendement ?

Jacques Burlot : J'aime beaucoup une société comme ABC Arbitrage, qui reverse régulièrement à ses actionnaires jusqu'à 95% de ses bénéfices, et dont les dividendes cumulés sur dix ans remboursent quasiment le prix de l'action aujourd'hui ! Gérard Perrier Industrie, un fabricant d'équipements électriques pour les industriels qui fournit aussi des prestations de services dans le nucléaire, figure également dans le portefeuille.

Tradingsat.com : Votre avis sur la prime Sarkozy qui sera obligatoirement versée aux salariés dans les entreprises d'au moins 50 salariés versant des dividendes en hausse ?

Jacques Burlot : Difficile de dire aujourd'hui quel impact cette prime aura dans les comptes des entreprises. Mais l'intéressement et la participation des salariés aux résultats des entreprises existent déjà ! Par exemple, savez vous que l'année dernière, le fabricant de petit électroménager Seb a versé en moyenne aux salariés français du groupe, 3,5 mois de salaire d'intéressement et de participation ? C'est bien une preuve qu'il n'y a en France aucun tabou sur la distribution des profits aux salariés du moment qu'une entreprise est bien gérée.

Propos recueillis par François Berthon


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