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Suez environnement : La crise a un air de "déjà vu" pour suez environnement

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par Benjamin Mallet et Caroline Jacobs

PARIS (Reuters) - Les prochains mois pourraient avoir un air de "déjà vu" pour Suez Environnement, qui risque de revoir ses ambitions à la baisse, comme en 2009, en raison du ralentissement économique et de son impact sur les volumes de déchets industriels.

Le numéro deux mondial de services à l'environnement va même probablement devoir réaliser des acquisitions et accélérer ses réductions de coûts pour se rapprocher de ses objectifs 2012-2013, estiment des analystes.

"Compte tenu de la dégradation du contexte macroéconomique et son impact sur l'activité 'Déchets', nous pensons que le groupe aura des difficultés à atteindre ses objectifs à horizon 2012-2013", indique Julien Desmaretz, chez Bryan Garnier.

En misant sur une "reprise économique progressive", Suez Environnement a en effet annoncé début 2011 qu'il visait, à taux de change constants, des progressions d'au moins 5% de son chiffre d'affaires et d'au moins 10% de son résultat brut d'exploitation (RBE, Ebitda) en 2011 par rapport à 2010.

Il a également dit tabler, toujours à changes constants, sur des hausses moyennes d'au moins 5% de ses ventes et d'au moins 7% de son RBE sur la période 2012-2013, objectifs qu'il a encore confirmés début août.

Mais les perspectives de croissance qui se profilaient en début d'année se sont éloignées, en particulier avec la crise de la dette en zone euro, alors que l'Europe a représenté 73% de son chiffre d'affaires en 2010 et les déchets 47%.

Le Fonds monétaire international a même dû réviser à la baisse en septembre ses prévisions de croissance pour 2011 et 2012.

"ROTATION D'ACTIFS"

"On attend 6% de croissance de l'Ebitda en 2012 et 2013. Pour 2011, ce sera juste : il y a des risques si le T4 connaît un effondrement de la production industrielle et des prix des matériaux recyclés", déclare Yohann Terry, analyste chez Exane BNP Paribas.

Tandis que menace un nouvel assèchement du crédit, la prudence de Suez Environnement en matière d'acquisitions et son profil financier apparaissent cependant aujourd'hui comme des atouts face à son grand rival Veolia Environnement, le numéro un mondial du secteur.

Juste avant 2008, Veolia s'était ainsi au contraire lancé dans une série d'acquisitions en haut de cycle, notamment en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis, qui se sont avérées nettement moins rentables que prévu en temps de crise.

Les perspectives de Suez ont néanmoins été mises un peu plus sous pression avec la vente de 70% de Bristol Water, début octobre pour 152 millions d'euros, et le groupe va probablement devoir réaliser des acquisitions de taille modeste pour espérer atteindre ses objectifs.

"Le groupe n'a pas modifié sa 'guidance', confiant dans son aptitude à combler ce trou d'air dans le cadre de sa politique de rotation d'actifs. Est-ce à dire que la probabilité d'opération(s) de croissance externe de taille raisonnable actuellement envisagée(s) par le management est élevée ?", s'interrogent dans une note les analystes de Natixis.

"Nous ne serions pas surpris (...), même si sa priorité stratégique porte sur la croissance organique", ajoutent-ils.

Pour Julien Desmaretz, Suez Environnement aurait besoin d'acheter au moins 650 millions d'euros d'actifs, en valeur d'entreprise, pour atteindre ses objectifs 2012.

"MIEUX PRÉPARÉ"

Le groupe peut également envisager d'accentuer ses efforts en matière d'économies, un levier qui lui a permis de limiter la casse après la crise de fin 2008, alors que le ralentissement d'activité chez ses clients industriels et commerciaux affectait ses volumes et ses marges.

Mais après avoir déjà relevé en février les objectifs de son programme d'économies pour la période 2010-2012, dont il attend un gain net de RBE de 300 millions d'euros en cumulé sur trois ans, certains analystes estiment que Suez Environnement dispose désormais de marges de manoeuvre limitées.

"Etant donné la mauvaise expérience de fin 2008, le management est probablement mieux préparé à une nouvelle chute de l'économie", relève cependant Yohann Terry.

En matière de dividende, le groupe a indiqué en février qu'il visait une hausse annuelle d'environ 5% pour les exercices 2011 à 2013, une politique que la conjoncture économique pourrait là aussi remettre en cause.

"Si la croissance de la consommation, les dépenses des municipalités, la production industrielle et les prix des matières premières devaient fléchir, l'objectif de croissance du dividende serait probablement revu en baisse du fait de l'impact sur les EPS et donc du payout", estime Yohann Terry.

Certains analystes jugent toutefois que le groupe va continuer de mieux résister en Bourse que Veolia, qui a renoncé à ses objectifs cet été et ne détaillera qu'en décembre des mesures de restructuration destinées à le rendre plus rentable.

Depuis le début de l'année, l'action Suez Environnement a perdu 25,8% et Veolia a plongé de 47%, pendant que le CAC 40 reculait de 15,11%.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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