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Societe generale : "les bancaires sont des valeurs à fort bêta"

(Tradingsat.com) - Si, historiquement, les mois d'été en Bourse sont en moyenne loin d'être les plus performants, les phases de repli peuvent cependant offrir des points d'entrée intéressants sur de nombreuses valeurs, comme nous l'explique Vincent Verheyde, gérant des fonds Finance Réaction et Finance Europe de Finance SA.

Tradingsat.com : La crise de la dette grecque ne vous a pas empêché de vous renforcer récemment sur BNP Paribas.

Vincent Verheyde : Ces achats s'inscrivent dans une stratégie globale un peu contrariante. Les inquiétudes macroéconomiques se concentrent sur les problèmes de dette souveraine et, dans ce cadre, l'exposition des banques à un défaut de la Grèce ou d'un autre pays de la zone Euro est un sujet logique de préoccupation. Mais d'après moi, l'aversion au risque sur ces valeurs est telle que l'on n'est pas loin d'avoir atteint un paroxysme. La plupart des gérants sont très sous-pondérés en valeurs bancaires, ce qui limite d'autant la pression vendeuse supplémentaire dont elles pourraient être affectées en cas d'aggravation de la crise. A l'inverse, tout bonne nouvelle se reflèterait rapidement dans le cours de Bourse.

Tradingsat.com : Toutes les valeurs bancaires françaises méritent-elles d'être achetées ?

Vincent Verheyde : Le portefeuille est aujourd'hui constitué de 12% de valeurs bancaires, dont 5% de BNP Paribas. Pour les sélectionner, je regarde en particulier leur comportement relatif les unes par rapport aux autres. BNP Paribas est celle qui a le mieux résisté, alors que la plus affectée a été Société Générale, dont je détiens toutefois une petite ligne. La défiance dont la SG fait l'objet intègre déjà beaucoup de mauvaises nouvelles. Pour autant, les bancaires sont des valeurs à fort bêta, c'est-à-dire que leur sensibilité par rapport aux fluctuations de l´ensemble du marché est importante. D'où l'importance de guetter les signaux d'entrée avant de se positionner grâce à l'analyse technique.

Tradingsat.com : L'analyse technique fait partie intégrante de votre processus de décision d'investissement ?

Vincent Verheyde : Effectivement. Par exemple, il y a deux secteurs qui ont graphiquement et techniquement probablement marqué leur point bas aujourd'hui : l'automobile et de la chimie. Le fonds est bien positionné dans l'automobile, avec des valeurs comme Peugeot, Porsche, Michelin ou encore Pirelli. Dans la chimie, le belge Solvay a lancé une OPA sur Rhodia, mais il reste Arkema, qui n'est plus très loin d'un point d'entrée intéressant autour de 66 euros. Le fonds s'est aussi déjà renforcé sur le suisse Clariant.

Tradingsat.com : Quelle est votre sentiment sur la tendance du marché en général ?

Vincent Verheyde : La baisse des dernières semaines s'est opérée sans gros à-coups, et surtout sans panique, ce que montre l'absence d'envolée de l'indicateur de volatilité VIXX. Le repli en bon ordre vers la zone située aux alentours de 3700-3800 points laisse entendre que l'on arrive sur des niveaux d'intervention propices à un rebond. Nous sommes toujours dans un marché de range dont le premier point technique à la hausse situé à 3880 points est très « travaillé », le support se situant autour de 3730 points. Traditionnellement, dans tout marché de range, il faut acheter à proximité de la borne basse, et alléger à la hausse. Mais je suis confiant dans le franchissement de résistances qui permettrait, dans un premier temps, de retrouver le point haut du mois de juin vers 4030 points. C'est pourquoi je reste bien investi dans mes deux fonds, autour de 99%.

Tradingsat.com : Vous avez récemment acheté des actions Vallourec, quelle est votre opinion sur les parapétrolières ?

Vincent Verheyde : Que le baril se situe à 100 ou 120 dollars n'a pas d'importance, les prix actuels permettent de rentabiliser des méthodes d'extraction du pétrole complexes et coûteuses, que ce soit dans les sables bitumineux dans le grand nord canadien où l'offshore profond. Dans ce contexte, Vallourec mène une politique d'investissement efficace. Le groupe s'est employé ces dernières années à renforcer ses capacités de production à proximité de ses principaux clients, en Amérique du Nord, et au Brésil. Tout en mettant l'accent sur la production d'une énergie renouvelable pour alimenter ses hauts fourneaux.

Tradingsat.com : Le portefeuille contient aussi quelques valeurs technologiques, à l'image d'Alcatel-Lucent et Soitec.

Vincent Verheyde : Après de lourdes pertes et des déceptions à n'en plus finir, Alcatel-Lucent va mieux. Ben Verwayen, arrivé à la tête de l'entreprise en 2008 a visiblement su lui donner un nouveau souffle dont la Bourse a pris conscience en 2011. On peut parler de tournant, d'un véritable changement dans la perception de l'équipementier télécoms par les investisseurs. C'est allé très vite puisque le titre affiche un gain de plus de 80% depuis le début de l'année. Les dernières publications ont validé le retournement de la société : retour de la croissance, amélioration des marges, bilan assaini, marché américains et chinois porteurs dans les réseaux mobiles et valorisation encore raisonnable… les catalyseurs pour une poursuite de la hausse sont multiples. Concernant Soitec, l'exercice est plus délicat depuis l'annonce surprise d'une augmentation de capitaln d'autant que les investissements dorénavant envisagés sont sensiblement supérieurs au discours jusqu'ici tenu par les dirigeants, et entament de ce fait le crédit dont ils disposaient. Cela dit, si l'on se projette à moyen terme, la diversification en marche dans le solaire est de nature à faire baisser la prime de risque sur la valeur (qui restait jusqu'ici très dépendante des microprocesseurs et d'AMD), et donc à entraîner sa revalorisation.

Tradingsat.com : Le récent Salon du Bourget a donné lieu à des nombreuses commandes. Que vous inspire le secteur aérien ?

Vincent Verheyde : J'apprécie le modèle économique de la compagnie Lufthansa, plus résistant que celui de ses consoeurs du fait notamment qu'elle génère un tiers de ses profits d'activité hors vol (maintenance, catering…). A la Bourse de Paris, je mise à la marge sur Air FranceKLM pour jouer son redressement opérationnel. Je m'intéresse aussi au petit fabricant d'avions GECI Aviation, filiale de GECI International. Il y a des interrogations sur le financement du projet du nouveau biturbopropulseur Skylander. Mais c'est un projet qu'il faut juger sur le moyen terme, sachant qu'il y a toujours des retards dans le déroulement de ce type de programmes aéronautiques. Les caractéristiques de l'avion le rendent adapté à de multiples usages tels que le transport de passagers, de marchandises, de courrier, de denrées périssables, la lutte anti-incendie, la surveillance aérienne etc… Le marché visé est énorme sur un segment de marché complètement négligé par les gros constructeurs alors que près de 5000 avions de ce type volent depuis 20, 30 voire 40 ans !

Propos recueillis par François Berthon


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