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Societe generale : L'agence bancaire, entre attrition et rupture de modèle

L'agence bancaire, entre attrition et rupture de modèleL'agence bancaire, entre attrition et rupture de modèle

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Les banques françaises ont engagé une réduction de leur réseau d'agences et au-delà d'une attrition progressive déjà coûteuse en emplois, des syndicats craignent qu'une rupture du modèle économique de la banque de détail ne conduise, à terme, à des suppressions de postes encore plus importantes.

"Les pertes d'emplois dans les banques pourraient être comparables à celles de la sidérurgie dans les années 80", s'inquiète Valérie Lefebvre-Haussmann, secrétaire générale de la fédération CGT Banque Assurance.

Le secteur bancaire, traditionnellement l'un des plus gros pourvoyeurs d'emplois en France, n'est plus un recruteur net et a vu ses effectifs diminuer de 0,9% en 2014, une baisse que l'Association française des banques explique notamment par la baisse de la fréquentation des agences.

Digitalisation et crise financière ont été les vecteurs d'un recul général des agences bancaires en Europe. Selon les chiffres de la Banque centrale européenne (BCE), leur nombre a baissé de 12,6% entre 2010 et 2014 dans la zone euro.

Cette moyenne comprend des réductions massives : moins 35,2% aux Pays-Bas ou encore une coupe de 25,8% en Espagne.

La France est restée quelques années à l'écart de ce mouvement et comptait 37.623 agences en 2014, un chiffre en léger retrait par rapport aux 38.784 comptabilisées en 2010.

Cette exception française est révolue et les estimations de réduction de voilure oscillent, selon les experts, entre 15% et 25% à horizon de cinq ans.

Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société générale, a déjà annoncé que sa banque pourrait diminuer de 20% son "maillage" du territoire sur cette période.

Selon la CFDT, la direction de BNP Paribas, qui a lancé en 2014 une refonte de sa relation client, comptabilise 52 fermetures en 2014 et 50 à juin 2015, soit une réduction d'environ 5% de son réseau en un an et demi.

Confrontées à un environnement macroéconomique inconfortable, taux d'intérêt bas et faible croissance, les banques françaises sont sous pression pour rationaliser leurs coûts.

ÉCART AVEC LES BANQUES EUROPÉENNES

Selon une note d'analyse d'HSBC, le coefficient d'exploitation des banques de détail françaises (une mesure de leur compétitivité) se situe déjà à 65%, bien au-delà de la moyenne européenne, comprise entre 45% et 55%.

Dans ce contexte, la transformation du modèle économique des banques françaises constitue l'un des seuls éléments possibles pour améliorer leur situation, observe HSBC.

Ces dernières ont d'autant plus intérêt à se lancer dans cette voie que les habitudes de leurs clients ont changé.

Etude après étude, émerge le portrait d'un client adepte de l'omnicanal (utilisation des plates-formes téléphoniques, internet et physiques) et qui ne passe guère plus en agence que pour des opérations importantes, comme la négociation d'un prêt immobilier ou la souscription d'une assurance-vie.

Selon l'observatoire de l'image des banques, seuls 21% des Français déclarent fréquenter plusieurs fois par mois leur agence contre 52% en 2010. Une étude du cabinet de conseil Deloitte indique que près d'un quart d'entre eux déclarent ne plus utiliser les services de leur agence, contre 14% en 2014.

Les fintechs (technologies innovantes liées au secteur financier) qui proposent des services financiers concurrents de ceux des banques, constituent également un défi.

Selon une étude du cabinet McKinsey, l'irruption des fintechs sur le marché bancaire menacera de 10 à 40% des revenus et de 20 à 60% des bénéfices de la banque de détail d'ici 2025.

LE MODÈLE POURRAIT BASCULER

Face à ces bouleversements, les banques françaises se sont lancées dans des expérimentations tous azimuts, tant sur l'organisation du travail que sur de nouveaux formats d'agences, spécialisées par produits ou par type de clientèle.

Pour Georges Pauget, l'ancien directeur général du Crédit agricole, la "fermeture de 20% des agences d'un réseau qui en compte 2.000 ne constitue pas en lui seul un changement de nature de ce réseau". "Pour aller plus loin, comme ce sera vraisemblablement nécessaire, il y a lieu de revoir la typologie des points de vente et d'intégrer le fait que ces agences feront partie d'un réseau omnicanal", a-t-il dit à Reuters.

A l'horizon de dix ans et en cas d'échec de ces nouveaux modèles d'agences, certains scénarios sont anxiogènes.

"Si l'on dit, globalement, les clients se contentent d'un service gratuit low cost sur internet, c'est le modèle de la banque de détails qui pourrait basculer", estime le secrétaire général de la fédération banques et assurances de la CFDT.

"Parmi les options, il y a effectivement celle où il y aurait une réduction beaucoup plus drastique du réseau d'agences, drastique cela veut dire 50% à terme", explique Luc Mathieu qui dit personnellement ne pas croire à ce scénario identifié par son syndicat lors d'un travail de prospective sur le secteur.

Pour Régis Dos Santos, le président du Syndicat national de la banque et du crédit, un scénario de rupture n'est pas non plus envisageable à court terme et laisse donc aux banques quelques précieuses années pour s'adapter et utiliser au mieux la pyramide des âges pour adapter leur réseau.

A plus long terme, le responsable syndical estime que la visibilité sur le secteur est faible en raison de l'essor des nouvelles technologies plutôt que d'une digitalisation qui est déjà entrée dans les moeurs.

"La révolution digitale, elle, est passée, elle est derrière nous. Toutes les banques ont leur site internet, ce qui nous attend c'est une rupture technologique, par contre on se sait pas quand elle va arriver."

(Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


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