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Societe generale : 315 millions d'euros d'amende pour un ancien trader

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PARIS (Reuters) - Un ancien trader de la Caisse d'épargne a été condamné lundi à deux ans de prison avec sursis et à 315 millions d'euros de dommages et intérêts dans l'affaire d'une perte de trading de 751 millions d'euros subie par le groupe en 2008.

Boris Picano-Nacci, 37 ans, était poursuivi pour abus de confiance. Le jugement de la 11e chambre du Tribunal correctionnel de Paris est conforme aux réquisitions du parquet.

Son avocat n'a pas souhaité faire de commentaire.

"Nous pratiquerons le recouvrement avec tact, intelligence et discernement", a de son côté dit à la presse Me Jean Reinhart, avocat de la banque.

Il s'agit de la deuxième affaire de ce type jugée en France après celle de l'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel, condamné en octobre dernier en appel à une peine de trois ans de prison ferme assortie d'une facture de 4,9 milliards d'euros à rembourser.

Boris Picano-Nacci a été arrêté en 2008 après une plainte de la Caisse nationale des caisses d'épargne et de prévoyance (CNCE), qui fait aujourd'hui partie du Groupe BPCE, rapprochement des Banques Populaires et de Caisse d'Epargne.

L'affaire avait permis au grand public de découvrir que l'établissement emblématique du placement de père de famille, "L'Ecureuil", se livrait à des activités spéculatives de marché avec ses fonds propres, appelées "trading en compte propre".

Du fait de la crise financière, la Caisse d'épargne avait décidé en avril 2008 l'arrêt de cette pratique à risque. Boris Picano-Nacci aurait donc dû liquider ses positions avant décembre 2008.

Le trader, qui était responsable du portefeuille dérivés-actions, se voyait reprocher d'avoir enfreint l'interdiction en misant secrètement en septembre-octobre sur le marché des produits dérivés, malgré plusieurs alertes.

Il en a informé ses supérieurs le 10 octobre 2008, avant que ses positions ne soient dénouées sept jours plus tard, produisant la perte de 751 millions d'euros.

Boris Picano-Nacci, qui admettait une faute professionnelle mais pas d'infraction pénale, avait dit que ses opérations avaient été approuvées par sa hiérarchie et que l'ordre de mettre fin à son activité n'excluait pas à ses yeux une stratégie "agressive".

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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