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Sanofi : Les perspectives de Sanofi déçoivent, baisse du titre

Sanofi prévoit une hausse de 4 à 7% de son BPA en 2014Sanofi prévoit une hausse de 4 à 7% de son BPA en 2014

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Sanofi a annoncé jeudi des prévisions jugées décevantes par les investisseurs, même si le laboratoire pharmaceutique fait valoir que le risque sur ses brevets est derrière lui et que la restructuration de ses activités de recherche lui permet d'améliorer sa rentabilité.

Alors que son bénéfice par action a baissé de 9,8% à changes constants en 2013, le groupe, qui a revu deux fois ses objectifs à la baisse l'an dernier, table sur une progression de 4 à 7% de ce résultat en 2014 quand les analystes escomptaient une hausse de 10 à 12%.

L'activité du groupe, qui a lancé ces dernières années un vaste programme de restructuration de ses activités de recherche, s'est redressée au 4e trimestre, où il affiche une progression de 6,5% à changes constants alors qu'elle est stable (-0,5%) à 32.951 millions sur l'ensemble de l'exercice.

Eric Berrigaud, analyste chez Bryan Garnier, remarque que la prévision pour 2014 est d'autant plus "timide" que le groupe n'a pas abandonné son objectif de croissance annuelle de plus de 5% de son bénéfice par action sur la période 2013-2015.

"On ne sait pas si le groupe a voulu faire preuve de prudence", observe l'analyste. "Quand on a révisé deux fois en baisse (ses prévisions) au titre de 2013, on n'a pas envie de connaître cela en 2014."

Vers 15h30, le titre affichait la plus forte baisse du CAC 40, avec un repli de 3,1% à 69,1 euros (contre +0,8% pour l'indice de référence de la Bourse de Paris). Il a perdu dans la matinée plus de 10% touchant en séance ses plus bas depuis un an (68,28 euros).

POTENTIEL INTACT DES EMERGENTS

Sanofi, qui a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de près de 11 milliards d'euros dans les pays émergents, juge qu'ils conservent un potentiel de croissance prometteur, "à deux chiffres", malgré les turbulences qu'ils traversent actuellement.

La croissance des résultats au quatrième trimestre traduit "l'émergence du nouveau modèle sur lequel le groupe a travaillé depuis près de cinq ans", a estimé Christopher Viehbacher, le directeur général de Sanofi.

Désormais, les plates-formes de croissance de Sanofi, qui comprennent notamment l'activité diabète, les pays émergents et la filiale américaine Genzyme, représentent 73% du chiffre d'affaires du groupe, contre 43% en 2008.

Actuellement, 45% du chiffre d'affaires du groupe proviennent de molécules issues des biotechnologies, beaucoup plus difficiles à copier que celles d'origine chimique.

Dans ce contexte, "la croissance du quatrième trimestre va se poursuivre en 2014 et pour l'avenir", a déclaré Christopher Viehbacher. Sanofi dispose aujourd'hui de neuf projets en développement avancé qui pourraient être déposés d'ici à 2018.

Au quatrième trimestre, Sanofi a profité d'une progression de 19% de sa division diabète portée par le Lantus, son produit phare dont les ventes ont augmenté de près de 20%.

Ce traitement, dont le brevet expire en février 2015, est un enjeu majeur pour Sanofi qui a lancé une action en justice pour contrefaçon contre le groupe américain Eli Lilly, qui souhaitait lancer un produit concurrent sans attendre cette échéance. .

Genzyme, la filiale américaine de Sanofi spécialisée dans les maladies rares, a réalisé une progression de 31,4% de ses ventes au quatrième trimestre tirée par les ventes de Cerezyme un traitement de la maladie de Gaucher.

Sanofi a toutefois passé dans ses comptes une dépréciation de 1.387 millions d'euros, dont 919 millions d'euros au quatrième trimestre, en raison du refus des autorités américaines d'autoriser pour le moment la commercialisation aux Etats-Unis du Lemtrada, un traitement des formes récurrentes de la sclérose en plaques. Le Lemtrada avait été l'un des principaux motifs de l'acquisition de Genzyme en 2011, pour 20 milliards de dollars .

Avec Natalie Huet, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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