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Renault : Renault reste sous pression malgré ses excuses

tradingsat

par Patrick Vignal et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Les excuses de Renault à ses cadres accusés à tort d'espionnage ne mettent pas un terme à l'affaire, disent mardi le gouvernement et l'opposition en maintenant la pression sur le groupe automobile français.

Pour le ministre de l'Industrie Eric Besson, les vrais responsables restent à identifier.

Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, estime pour sa part que le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, devrait assumer les conséquences de son erreur d'appréciation.

"Quand un salarié fait une faute dans une entreprise, il n'a pas à s'excuser, il est dehors", a-t-elle dit sur France Info. "Carlos Ghosn devrait tirer un peu plus de conséquences."

Moins direct, le porte-parole du gouvernement François Baroin a lui aussi appelé sur LCI le constructeur à tirer "toutes les conséquences (d'un) amateurisme invraisemblable".

Le procureur de Paris Jean-Claude Marin a confirmé lundi que l'hypothèse de l'espionnage du programme de véhicules électriques de Renault au profit d'une puissance étrangère était désormais abandonnée et remplacée par la piste d'une escroquerie au renseignement au détriment du groupe.

Les dirigeants de Renault ont immédiatement fait amende honorable en présentant aux cadres incriminés leurs excuses et leurs "vifs regrets".

Pour Eric Besson, il s'agit d'une première étape. "Les excuses de Renault étaient indispensables", a-t-il dit sur RTL. "Pour le reste il y a une enquête judiciaire qui se poursuit. Qui sont les vrais coupables et responsables, ni vous ni moi ne le savons en ce moment."

"Deuxièmement, il y a un audit interne qui a été diligenté et va permettre de connaître les responsabilités exactes dans l'entreprise", a ajouté le ministre de l'Industrie.

AUCUNE DÉMISSION

Carlos Ghosn a présenté plusieurs mesures pour tenter de restaurer l'image du groupe.

Celui qui a été en 2009 le patron le mieux payé des entreprises du CAC 40 avec plus de neuf millions d'euros annuels va renoncer à la part variable de son salaire de 2010. Il veut aussi engager des procédures disciplinaires contre trois membres de la sécurité de Renault et réformer la gouvernance du groupe.

La CGT Renault, dans un communiqué, a pris "bonne note" des mesures annoncées, considérant "qu'il était inadmissible que ce soit l'entreprise et donc les salariés qui paient les fautes commises par leurs dirigeants".

Mais pour le syndicat, ces mesures ne suffiront pas et la direction doit associer davantage les salariés aux choix stratégiques.

Carlos Ghosn a dit avoir refusé la démission que lui avait proposée son numéro deux Patrick Pélata, pour ne pas "rajouter une crise à la crise". Un argument auquel s'est rangé la CFE-CGC Métallurgie, qui a assisté deux des cadres lors de leur entretien de licenciement et rejette toute demande de démission.

"La CFE-CGC considère que Renault qui vient, au travers de son plan 2011-2016, de s'engager dans la reconquête de sa gamme, ne doit pas prendre le risque de se trouver déstabilisé par un changement de son état major, en particulier au moment où l'Alliance Renault-Nissan doit faire face au drame que connaissent les collègues japonais."

Les mesures, présentées lundi après-midi à un conseil d'administration exceptionnel, ont été votées à l'unanimité des 19 membres du conseil, où siègent trois administrateurs élus par les salariés et deux administrateurs représentant l'État.

Les cadres licenciés, Bertrand Rochette, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, ont toujours protesté de leur innocence et ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation.

Le principal suspect de l'escroquerie, Dominique Gevrey, un des responsables de la sécurité de Renault, a été mis en examen dimanche pour "escroquerie en bande organisée" et placé en détention.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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