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Renault : La résistance de Renault-Nissan à la crise russe à ses limites

La résistance de Renault-Nissan à la crise russe à ses limitesLa résistance de Renault-Nissan à la crise russe à ses limites

par Laurence Frost et Megan Davies

PARIS/MOSCOU (Reuters) - Renault surveille attentivement la question des sanctions à l'égard de la Russie, même si le constructeur français et son partenaire japonais Nissan devraient pouvoir mieux résister que bon nombre de leurs concurrents à la crise ukrainienne.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont déjà décidé de sanctions, notamment contre Sergueï Tchemezov, le vice-président du constructeur automobile russe AvtoVAZ,, contrôlé par Renault-Nissan.

Renault est entré au capital d'AvtoVAZ en 2008 moyennant un milliard de dollars (729 millions d'euros au cours actuel) et l'alliance Renault-Nissan a depuis pris une majorité de contrôle dans le fabricant de la Lada.

"Nous sommes prudents sur le court terme en Russie en ce qui concerne l'économie", a déclaré Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, lors de la publication cette semaine des résultats de Nissan, "mais (il n'y a) absolument aucune inquiétude sur les perspectives de croissance à moyen et long termes."

L'impact des sanctions actuelles et potentielles fait cependant l'objet d'une analyse des services juridiques du groupe.

"Nous sommes toujours en train d'étudier le régime de sanctions et ce qu'il implique exactement pour Renault", a dit sous couvert d'anonymat un avocat du groupe.

En dehors de la vice-présidence d'AvtoVAZ, Sergueï Tchemezov est à la tête de Rostec, partenaire de Renault-Nissan dans la coentreprise qui contrôle le constructeur russe via une participation de 74,5%.

Le nom de Sergueï Tchemezov figure sur la liste des sept officiels russes visés par les mesures américaines annoncées le mois dernier, qui inclut notamment un gel de leurs avoirs. Un durcissement des sanctions pourrait suivre si la crise en Ukraine s'aggravait.

LES VENTES EN RUSSIE BAISSENT DÉJÀ

Les constructeurs qui ont le plus investi dans des usines et des équipementiers domiciliés sur le sol russe ont jusqu'ici été relativement protégés des turbulences alors que la baisse du rouble face à l'euro et au dollar pénalisent au contraire les concurrents qui importent davantage de composants, voire des véhicules entiers.

"Les constructeurs qui ont le taux de localisation le plus élevé en Russie sont ceux qui affichent la plus forte croissance", a expliqué Carlos Ghosn. "Les constructeurs qui importent des pièces en Russie souffrent."

Selon l'institut de recherche Autostat, Renault se fournissait à 70% en Russie pour sa production locale l'an dernier, contre 50% pour Volkswagen et Hyundai et 10 à 30% pour Ford, General Motors et Toyota - un palmarès excluant la coentreprise entre GM et AvtoVAZ, dont le taux de localisation est très élevé.

"Avec Lada, Renault est le principal producteur en Russie, il est donc à ce titre le plus exposé", souligne Erich Hauser, analyste chez ISI Group. "C'est une crise de moyenne ampleur, tout le monde a peur mais eux, ils sont toujours là. Le problème, c'est qu'il est difficile d'estimer jusqu'où la crise peut s'aggraver."

Avant même la crise ukrainienne, la Russie, un temps partie pour devenir en 2014 le premier marché du continent devant l'Allemagne, avait déjà contrarié ces pronostics. Sur les quatre premiers mois de l'année, les immatriculations de véhicules légers sur le marché russe ont baissé de 4%.

Les ventes cumulées de Renault-Nissan-AvtoVAZ ont reculé quant à elles de 5% dans l'intervalle, érodant la part de marché de l'alliance à 30,5%, contre 40% pour l'objectif affiché par Carlos Ghosn.

Les immatriculations de VW ont baissé de 5% également, celles de GM de 8%, tandis que les ventes de Toyota et de Hyundai ont progressé respectivement de 12% et 1%. Selon LMC Automotive, le plongeon du marché russe pourrait atteindre 15% ou 20% cette année en cas de crise ouverte sur le dossier ukrainien, contre -2/-4% dans les prévisions précédentes.

"TROP TARD POUR FAIRE DEMI-TOUR"

"Si les sanctions restent très symboliques, elles font monter la pression - et le fait que Rostec soit maintenant cité a des implications sérieuses pour Renault-Nissan", indique un consultant automobile, basé à Moscou, sous couvert d'anonymat.

Les sanctions touchent aussi d'autres constructeurs étrangers. GM, dont la coentreprise avec AvtoVAZ produit la Chevrolet Niva, dit ainsi n'avoir plus aucun contact avec le vice-président de son partenaire russe.

"Nous croyons savoir que M. Tchemezov siège au conseil d'administration d'AvtoVAZ", a déclaré Heather Rosenker, porte-parole de GM. "GM n'a aucun contact direct avec M. Tchemezov. GM, par principe, respecte toutes les sanctions américaines et européennes."

L'alliance entre Renault-Nissan et AvtoVAZ est censé offrir un certain degré de couverture contre tout réflexe de "patriotisme économique" qui détournerait les acheteurs russes des marques étrangères, un phénomène pour l'instant imperceptible.

Mais une nouvelle montée de la tension pourrait compliquer la situation alors que Renault-Nissan doit boucler le mois prochain le rachat de 67,1% d'AvtoVAZ pour 577 millions d'euros.

"Ils ont déboursé beaucoup d'argent et ils ont repayé pour s'assurer le contrôle", note Vladimir Bespalov, analyste de la banque moscovite VTB. "Donc, qu'ils le regrettent ou pas, il est trop tard pour faire demi-tour."

(Avec Yoko Kubota à Toyko et Ben Klayman à Detroit, avec la contribution de Gilles Guillaume et Marc Angrand en français, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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