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Renault : La méthode bibendum à la rescousse de la voiture électrique

La méthode bibendum à la rescousse de la voiture électriqueLa méthode bibendum à la rescousse de la voiture électrique

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Renault et Nissan vont offrir plusieurs centaines de bornes de recharge électrique pour tenter d'accélérer le déploiement sur la voie publique d'infrastructures jugées cruciales au décollage de cette nouvelle génération de voitures, reprenant ainsi à un siècle d'intervalle la célèbre méthode Michelin.

Pour promouvoir la circulation des véhicules équipés de ses pneumatiques, le groupe de Clermont-Ferrand n'avait pas hésité en 1910 à distribuer aux municipalités de l'Hexagone 30.000 plaques indicatrices dites "plaques Merci" pour faciliter la tâche aux rares automobilistes du début du 20e siècle.

La voiture électrique, elle, ne s'imposera auprès des particuliers que lorsque la France comptera davantage que les maigres 1.500 à 2.000 bornes de recharge dénombrées fin 2011. A la Michelin, Renault a donc décidé d'offrir cet automne plusieurs centaines de bornes de recharge rapide à moins de 5.000 euros pièce pour encourager les partenaires privés ou publics à en installer à leur tour.

"Notre métier n'est pas de construire et d'installer des bornes, on pense simplement qu'on peut avoir un effet d'entraînement du marché en apportant la première visibilité", a déclaré à Reuters Thierry Koskas, directeur du programme électrique de Renault. "On va quelque part donner l'exemple."

Le groupe au losange espère ainsi aider le lancement de Zoé, fleuron de sa gamme électrique, qui sera dévoilée au prochain Mondial de l'auto.

Les études de marché montrent que la présence rassurante des bornes à des endroits stratégiques en ville ou en bordure de route vient en deuxième position dans la liste des critères jugés déterminants au décollage de ce nouveau marché, derrière les incitations fiscales -le bonus de 5.000 euros a résisté jusqu'ici à la rigueur ambiante.

Si les véhicules électriques seront surtout rechargés au domicile ou sur le lieu de travail, la peur de la panne sèche de courant reste l'un des principaux freins à ce mode de transport dont l'autonomie est bien inférieure à un moteur classique.

"Si la voiture s'est développée, c'est parce que sur des routes mythiques, il avait des points où l'on pouvait s'arrêter", commente François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). "L'idée est de recréer la même chose avec les bornes électriques. On ira de borne en borne, comme avant sur la Nationale 7 ou la Route 66 aux Etats-Unis on allait de station service en station service."

À PART AUTOLIB, L'ÉLECTRIQUE SOUFFRE D'INVISIBILITÉ

Jugeant lui aussi le déploiement des infrastructures publiques trop lent, Nissan est également sorti de son rôle traditionnel en faisant plancher ses ingénieurs sur les chargeurs et en commandant directement des systèmes de charge à la PME française DBT. Le partenaire japonais de Renault distribuera gratuitement d'ici la fin de l'année 400 bornes pour accompagner la diffusion de sa Leaf électrique en Europe.

"C'est relativement inhabituel pour un constructeur, mais nous sentons qu'il y a besoin d'accélérer la diffusion des infrastructures. Nous voulons stimuler cette croissance", a déclaré un porte-parole du programme électrique de Nissan.

Un siècle plus tôt, l'offensive de Michelin pour faire avancer la cause automobile ne s'était pas limitée aux panneaux. Le groupe avait aussi lancé dès 1900 un guide de voyage, suivi d'une carte routière, d'un service gratuit de renseignement sur les itinéraires -avec mention des garages- et d'un système d'étoile pour les bonnes tables de province.

Plus discret qu'en 1912, quand Michelin était allé jusqu'à lancer une pétition pour le numérotage des rues et l'adoption de sa "borne d'angle", le lobbying en faveur des infrastructures bat néanmoins son plein.

Renault a vendu, cette fois, deux berlines Fluence "zéro émission de CO2" accompagnées de bornes DBT à l'Assemblée nationale. Il travaille également avec les centres Leclerc sur l'équipement des parkings des magasins.

"Un nouveau gouvernement arrive, on aura je pense l'occasion d'expliquer l'intérêt du déploiement de l'infrastructure", a poursuivi Thierry Koskas. "On va expliquer que c'est dans le développement du véhicule électrique un critère très important, l'une des premières demandes des clients."

On comptait fin 2011 environ 15.000 bornes de recharge publique en Europe, surtout en Allemagne et aux Pays-Bas. L'année 2012 devrait s'achever avec 50.000 bornes sur le continent, dont 10.000 en France, seuil dit de "visibilité".

Le Grenelle de l'environnement avait fixé pour objectif 75.000 points de recharge publics en 2015 et 400.000 en 2020. "Nous ne sommes pas aujourd'hui sur la trajectoire telle qu'elle était prévue initialement", a reconnu Thierry Koskas.

Le dispositif le plus visible à ce jour en région parisienne est le réseau d'autopartage Autolib du groupe Bolloré, avec ses 500 stations de recharge et un objectif d'un millier à la rentrée, soit 5.000 à 6.000 prises. Sur ce total, 250 sont accessibles aux autres marques de voitures électriques, mais Vincent Bolloré évoquait il y a deux semaines seulement une petite trentaine d'abonnés de ce type.

Au premier trimestre, seulement 1.199 voitures électriques ont été immatriculées en France, soit une part infime de 0,24% du marché, selon le CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles).

Avec Laurence Frost, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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