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Recylex s.a. : "130 ans de cotation, un métier porteur dans le recyclage"

Yves RocheYves Roche

(Tradingsat.com) - Peu de gens le savent mais l’histoire boursière de Recylex, groupe spécialisé dans le recyclage du plomb, du zinc, du plastique et la production de métaux spéciaux remonte à 1882. La société, créée en 1881, s’appelait alors Penarroya. Pour célébrer les 130 ans de cotation de la société, Yves Roche, le PDG de l’entreprise, a sonné ce jeudi 13 décembre la cloche d’ouverture des marchés de NYSE Euronext Paris.

Tradingsat.com : Penarroya exerçait-elle à l’origine le(s) même(s) activité(s) que Recylex aujourd’hui ?

Yves Roche : C’était un empire minier français, qui possédait des mines de plomb, de zinc, de nickel, d’uranium. Le groupe, qui appartenait à la banque Rothschild, a été nationalisé par François Mitterand avec l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981, entraînant la ventes d’actifs que l’on retrouve aujourd’hui dans des groupes comme Areva, Eramet… En 1988, Penarroya a fusionné avec la division métaux non ferreux du groupe allemand Preussag (rebaptisé TUI et reconverti depuis dans le tourisme), qui a créé la société Metaleurop. Preussag détenait alors 51% du capital, le reste étant dans le public. Le géant minier Glencore (aujourd’hui fusionné avec Xstrata) est ensuite monté au capital tandis que Preussag se désengageait progressivement.

Tradingsat.com : Ensuite, l’épisode de la liquidation de la filiale Metaleurop Nord a marqué les esprits.

Yves Roche : Metaleurop Nord était une filiale de Metaleurop SA. Elle exploitait une fonderie à Noyelles-Godault devenue très déficitaire à cause de cours du plomb et du zinc au plus bas. La maison mère, qui était déjà endettée auprès des banques, n’a pu assurer le financement de nouveaux investissements, ce qui a abouti à la liquidation de Metaleurop Nord en 2003, donnant lieu à de nombreuses procédures judiciaires, dont certaines sont encore en cours aujourd’hui. Metaleurop SA s’est retrouvée en état de cessation de paiements et mise en redressement judiciaire avec ouverture d’une période d’observation qui a duré deux ans. J’ai pris la direction du groupe en 2005, présenté le plan de continuation devant le tribunal de commerce de Paris, qui prévoit un remboursement des créanciers étalé sur dix ans. Ce plan a permis de préserver l’intégralité des 650 emplois du Groupe restant après la liquidation de Metaleurop Nord, et de mettre l’accent stratégique sur le recyclage. La décision a été prise de rebaptiser le groupe Recylex en 2007.

Tradingsat.com : En rappelant l’historique, quelles sont les perspectives judiciaires de Recylex aujourd’hui ?

Yves Roche : A l’époque, les liquidateurs ont tenté d’étendre la liquidation judiciaire de Metaleurop Nord à Metaleurop SA, mais nous avons gagné cette procédure en cassation en 2005. Ces mêmes liquidateurs ont ensuite engagé une nouvelle procédure devant les juridictions commerciales pour une action dite en comblement du passif de Metaleurop Nord à hauteur de 50 millions d'euros. Ils ont été déboutés une première fois en février 2007, une deuxième fois en appel en septembre dernier, et ils viennent de former un pourvoir en cassation. Enfin, en droit social, nous avons perdu les procédures initiés par les anciens salariés de Metaleurop Nord qui nous avaient assigné aux Prud’hommes. Les jugements sont définitifs pour certains, mais le risque financier est entièrement provisionné, intégré dans le plan de continuation, et nous avons déjà payé la majeure partie des montants d’indemnisation réclamés.

Tradingsat.com : Supposons que Recylex soit finalement condamné à payer 50 millions d’euros aux liquidateurs de Metaleurop Nord ?

Yves Roche : Nous avons déjà indiqué que dans l’hypothèse où cette procédure aboutirait de façon défavorable pour Recylex, l’exécution du plan de continuation et la continuité d’exploitation pourraient être remises en cause. Il faudrait alors renégocier. Cela étant, et sans formuler de prévision sur l’issue finale du litige, il convient de rappeler que le rôle d’une cour de cassation n’est pas rejuger l’affaire sur le fond mais de vérifier seulement le respect des règles de procédure et la correcte application du droit par les juges.

Tradingsat.com : Compte tenu de tout cela, quelle est la situation financière de Recylex aujourd’hui ?

Yves Roche : Hors plan de continuation, nos dettes ne dépassent pas 5 millions d’euros et répondent à une logique de financement d’investissements, en Allemagne notamment. Depuis 2005, en France, l’activité génère suffisamment de trésorerie pour s’autofinancer et jusqu’à présent pour financer les échéances du plan de continuation et les charges environnementales qui concernent principalement la réhabilitation des anciennes mines en France et du site de l’Estaque près de Marseille.

Tradingsat.com : Vos résultats sont retombés dans le rouge au 1er semestre, quels sont les leviers pour améliorer la rentabilité du groupe ?

Yves Roche : Il y a une surcapacité de recyclage du plomb en Europe par rapport à l’offre de batteries, ce qui pèse sur nos marges. Pour améliorer notre rentabilité, nous pouvons agir, d’une part, en maximisant les volumes, et, d’autres part, en optimisant nos process internes, l’idée étant, pour une même enveloppe de coût, de traiter plus de matière afin d’augmenter nos marges. Dans le zinc, nous avons investi en Allemagne pour augmenter le taux de zinc valorisé dans les poussières des sidérurgistes. Dans le plastique, notre activité est très liée à celle du plomb étant donné que nous recyclons l’intégralité des coques de plastiques des batteries que nous récupérons.

Tradingsat.com : Que dites vous à un investisseur de long terme potentiellement intéressé par Recylex. Envisagez vous un dividende dans le futur ?

Yves Roche : Je lui conseillerais d’entrer pour les 130 prochaines années ! Sans aller aussi loin, si tout se passe comme prévu, nous aurons apuré en 2015 l’ensemble de nos dettes du passé. Nous évoluons sur un métier du recyclage qui est porteur par définition, nous possédons des actifs de qualité, disposons d’un savoir faire pour travailler les matières premières, dont les cours vont demeurer élevés. Le plan de continuation ne prévoyait pas de dividende. Nous verrons en 2015 en fonction des perspectives et affecterons la trésorerie en fonction des priorités et de là où nous nous situerons dans le cycle des matières premières.

Tradingsat.com : La batterie au plomb a-t-elle un avenir à long terme dans l’automobile ?

Yves Roche : Les véhicules électriques fonctionnent pour la plupart avec des batteries au lithium, dont le recyclage n’est pas encore parfaitement au point. Et si tant est qu’il le devienne, les volumes à traiter demeurent insuffisants pour envisager la construction d’une usine de recyclage. Quoi qu’il en soit, de ce que l’on observe, le moteur thermique reste au cœur du développement de véhicules moins polluants et émettant moins de CO2, via les motorisations hybrides, où grâce de nouvelles technologies de type « start and stop » qui permettent au moteur de s’arrêter aux feux rouges. Or, il n’y a que le couple chimique plomb/acide qui permettent de libérer la charge nécessaire au démarrage d’un moteur thermique. Par ailleurs, outre l’automobile, les batteries au plomb sont également utilisées dans l’industrie (chariots élévateurs), pour les onduleurs des hôpitaux, dans le stockage de l’énergie solaire. Il faut savoir également qu’en Chine, les batteries des vélos électriques constituent la principale utilisation du plomb

Propos recueillis par François Berthon

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