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Publicis groupe sa : Publicis-Omnicom, une fusion aux accents américains

Publicis-Omnicom, une fusion aux accents américainsPublicis-Omnicom, une fusion aux accents américains

par Christian Plumb et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Le nouveau géant de la publicité qui naîtra de la fusion entre Publicis et Omnium devrait pouvoir surmonter d'éventuelles tensions entre ses filiales américaines et françaises en adoptant une culture et une identité plus américaine, estiment lundi des spécialistes du secteur.

Les deux entreprises ont présenté l'opération, qui doit donner naissance à un nouveau poids lourd de quelque 26 milliards d'euros de capitalisation boursière, comme une "fusion entre égaux". Les deux groupes ont une capitalisation boursière similaire et le conseil d'administration de la nouvelle entreprise sera composé à égalité de représentants de Publicis et d'Omnicom.

Toutefois le nouveau groupe sera dirigé par un directeur général américain après une période de transition de 30 mois et sera supervisé depuis les Pays-Bas, où sera installée la nouvelle holding Publicis-Omnicom, loin du quartier général de Publicis près de l'Arc de Triomphe à Paris.

A l'issue de cette transition, Maurice Lévy, l'actuel président du directoire de Publicis, deviendra président non exécutif de Publicis-Omnicom.

"C'est une direction que le groupe français a pris parce qu'ils ont réalisé qu'ils n'avaient plus besoin désormais d'être français", souligne un banquier parisien. "D'un point de vue organisationnel et du point de vue des marchés, cela va devenir une entreprise basée aux Etats-Unis."

Un autre banquier écarte lui aussi l'idée d'une fusion entre égaux et fait remarquer qu'à terme, Omnicom occupera le siège du conducteur.

"A l'issue de deux ans, le seul directeur général sera Américain. La principale place de cotation sera New York. Et la société holding sera aux Pays-Bas. Il n'est pas difficile de comprendre où cela mène", souligne le banquier.

La visibilité sur qui contrôle effectivement l'entreprise devrait permettre au groupe d'éviter les erreurs commises dans certaines grosses opérations de fusions-acquisitions internationales à l'image du rapprochement Daimler-Chrysler à la fin des années 1990.

Cette fusion, dénouée par la suite, avait pâti des différences culturelles et de l'absence de véritables synergies entre les deux constructeurs.

Sur ces risques de divergences au sein du nouveau groupe, les dirigeants de Publicis et d'Omnicom se sont voulus rassurants.

Maurice Lévy a ainsi déclaré dimanche qu'il était "dans l'intérêt de tous d'être un groupe unifié, avec une équipe dirigeante unique et une culture unique."

"Nous devons créer une équipe harmonieuse et ne pas jouer à des jeux stupides avec des gens qui essaient d'imposer d'être américain ou plus français", a insisté le patron de Publicis.

Réagissant à l'annonce du projet de fusion, le syndicat CGT a souligné qu'il allait à l'encontre de l'action du gouvernement français qui cherche à préserver les marques françaises, soulignant aussi que dans de nombreux domaines, le nouveau groupe serait dominé par la partie américaine.

Matthieu Protard pour la version française, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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