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Pharnext : "Notre plate-forme trouve les vertus cachées des médicaments"

Daniel CohenDaniel Cohen

(Tradingsat.com) - La société de biotechnologie Pharnext s’introduit en Bourse. Les investisseurs ont pu souscrire à l'opération du 27 juin au 12 juillet 2016. Pionnier de la génétique moderne et co-fondateur de l’entreprise, Daniel Cohen nous explique les avantages de la pléothérapie, nouveau paradigme de découverte des médicaments.

Tradingsat.com : Pouvez-vous expliquer l’approche thérapeutique de Pharnext ?

Daniel Cohen : A l’origine, il y a la première carte établie il y a longtemps du génome humain, qui répertorie l’ensemble des informations génétiques portées par notre ADN. Avec ce savoir-faire nous avons créé une plate-forme qui permet de "dérisquer" la recherche et développement pharmaceutique. La mise au point d’un nouveau médicament représente un risque industriel important. Les taux de succès sont faibles. Seule une molécule sur 20 arrive sur le marché. Pour y remédier, nous avons inventé une méthode, la pléothérapie. Notre plate-forme puise dans l’arsenal des traitements existants, donc déjà approuvés avec un risque de toxicité limité. Elle en sélectionne certains pour les combiner, à très faible dose, et les utiliser dans d’autres indications.

Tradingsat.com : Comment un médicament peut-il être utilisé dans une indication différente de celle prévue à l’origine ?

Daniel Cohen : C’est une très vieille propriété des médicaments, qui s’appelle la pléiotropie, c’est-à-dire qu’une molécule du corps peut servir à beaucoup de fonctions complètement différentes les unes des autres. En agissant sur une molécule du corps, un médicament peut donc avoir plusieurs usages. Par exemple, le principe actif du Viagra visait au départ à traiter des troubles cardiovasculaires. L’aspirine agit à la fois sur la fièvre et la douleur - qui sont deux indications totalement différentes - et s’utilise également comme anticoagulant. De la même façon, il a été découvert que les bêtabloquants – qui ont au départ une application cardiaque – peuvent faire repousser les cheveux et font disparaître les hémangiomes – tâches de vin - des jeunes enfants. Notre plate-forme est justement capable de trouver ces vertus cachées des médicaments pour les utiliser dans des maladies aujourd’hui sans réponse.

Tradingsat.com : Où en êtes-vous dans votre développement. Avez-vous déjà identifié des médicaments ?

Daniel Cohen : Nous avons ciblé 10 maladies différentes à ce jour, pour lesquelles nous avons trouvé des combinaisons prometteuses au stade préclinique chez l’animal. Chez l’homme, nous sommes maintenant concentrés sur deux maladies. Nous sommes en phase III dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une dégénérescence des nerfs des membres qui conduit à l’atrophie musculaire progressive des jambes et des bras. L’étude devrait s’achever fin 2018, avec des résultats intermédiaires prévus fin 2017. Dans la maladie d’Alzeimer, nous avons conduit une première étude de phase II, positive, et projetons d’en réaliser une deuxième pour confirmer les résultats. Nous chercherons ensuite un partenaire pharmaceutique afin d’achever de développer le produit et le commercialiser.

Tradingsat.com : A ce jour, personne n’a réussi à soigner la maladie d’Alzheimer, qu’est-ce qui vous rend confiant ?

Daniel Cohen : Tous les échecs ont été des traitements de monothérapie. Le fait que nous utilisons une polythérapie, avec une combinaison de trois médicaments en même temps, augmente nos chances de réussite. Jusqu'à présent, les trois essais que nous avons déjà menés ont été concluants. Nous avons observé non seulement une stabilisation, mais aussi une amélioration de l’état des patients, ce qui ne s’était encore jamais vu. Mais c’est bien sûr à confirmer.

Tradingsat.com : Des concurrents ont-ils la même approche que la vôtre ?

Daniel Cohen : Nous sommes les seuls. D'abord sans doute parce que nous abordons la recherche et développement pharmaceutique avec des idées nouvelles qui proviennent de la génétique. Nous avons appris à identifier l’ensemble des facteurs qui peuvent provoquer une maladie. De plus, développer une polythérapie est normalement beaucoup plus compliqué que de développer une monothérapie. Mais comme nous combinons des produits sûrs et non toxiques, les agences réglementaires nous facilitent le travail. Par ailleurs, notre approche peut faire craindre qu’il serait difficile d’obtenir un brevet à partir de médicaments déjà approuvés, ou que le prix d’un traitement issu de médicament existants serait très faible. Ce qui est faux dans les deux cas. Nous obtenons les mêmes brevets et nous pourrons obtenir les mêmes prix qu’avec n’importe quel nouveau médicament.

Tradingsat.com : N’y a-t-il pas le risque qu’un médecin prescrive séparément les médicaments composant le produit combiné ?

Daniel Cohen : En théorie seulement. Mais c’est absolument impossible et interdit par la loi. Les doses que nous appliquons sont 20 fois inférieures à celles du médicament existant, or un pharmacien n’a pas le droit de couper les comprimés ou d’en faire de la poudre. De la même façon, il est interdit pour un médecin de prescrire une dose qui n’est pas approuvée par les autorités réglementaires, il prendrait un risque de toxicité.

Tradingsat.com : L’augmentation de capital prévue avec l’introduction en Bourse va vous donner quelle visibilité financière ?

Daniel Cohen : Nous espérons lever 36,4 millions d’euros. Je précise qu’une bonne partie de la levée de fonds – 23 millions d’euros environ - est garantie par l’entrée de nouveaux actionnaires, comme le laboratoire Ipsen, le groupe Dassault, le groupe Mérieux, la société de biotechnologies belge Galapagos, ainsi que Claude Berda d’AB Production, qui nous aide énormément pour promouvoir et faire connaître notre technologie. L’idée est à la fois de financer la phase III en cours dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth et le lancement l’année prochaine de la seconde phase II dans la maladie d’Alzheimer.

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