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Peugeot : Psa s'allie à gm, qui va devenir son deuxième actionnaire

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par Julien Ponthus et Gilles Guillaume

PARIS/FRANCFORT/DETROIT (Reuters) - PSA Peugeot Citroën a dévoilé mercredi son alliance stratégique avec l'américain General Motors grâce à laquelle il espère économiser sur les coûts d'achat et de développement, moyennant une entrée du géant américain dans son capital à hauteur de 7%.

Confronté depuis la rentrée à une chute de ses ventes en Europe, PSA a perdu de l'argent dans sa division automobile en 2011, ce qui le contraint à supprimer des emplois, à céder des actifs et à reporter plusieurs investissements nécessaires pour son développement international.

Une alliance avec General Motors, redevenu le numéro un mondial du secteur, permet au groupe français d'accélérer à nouveau sa mondialisation et de lever un milliard d'euros via une augmentation de capital.

Celle-ci sera souscrite en partie par la famille Peugeot, et en partie par General Motors, qui deviendra le deuxième actionnaire du groupe derrière la famille, qui conserve le contrôle. Le groupe américain a précisé qu'il n'avait pas l'intention de monter au-delà de 7% du français.

"Cette alliance est un moment clé passionnant pour nos deux groupes grâce à un partenariat très riche de potentialités", a déclaré le président du directoire de PSA Philippe Varin dans un communiqué commun avec GM publié depuis New York, où il avait fait le déplacement pour l'officialisation du mariage.

Les principaux points de l'accord, conditionné au feu vert des autorités réglementaires, doivent être mis en oeuvre au second semestre.

DE SUBSTANTIELLES SYNERGIES, D'ICI 5 ANS

Dévoilé huit jours après les premières informations sur un possible rapprochement stratégique, cet accord vise à améliorer la compétitivité de chacun des deux constructeurs automobiles en Europe, un marché mis à mal par la crise économique et les surcapacités.

L'alliance PSA-GM, la deuxième nouée par un acteur français du secteur après celle entre Renault et le japonais Nissan, portera dans un premier temps sur la mutualisation des achats et un partage de plates-formes de production et de composants, avec pour objectif des économies annuelles de deux milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) d'ici cinq ans.

Les deux groupes ont toutefois prévenu que l'impact de ces synergies resterait limité pendant les deux premières années.

"Je peux voir les bénéfices d'une telle alliance sur le long terme, les gains d'échelle étant un objectif pour tous les constructeurs", commente Kristina Church, analyste automobile chez Barclays Capital.

"Mais à plus court terme, le principal problème reste entier: PSA avait besoin de lever des capitaux pour financer son expansion, il lui reste à faire face à ses surcapacités en Europe."

Sur ce point, les deux nouveaux partenaires ont précisé que l'alliance ne se substituait pas aux plans d'économies lancés en Europe par PSA comme par Opel, la filiale européenne de GM.

La question des surcapacités sur le continent reste donc entière, même si le communiqué commun précise que "le partage de plateformes permettra (...) non seulement de développer des applications au niveau mondial, mais aussi de mettre en place des programmes européens d'envergure, à moindre coût."

La coentreprise d'achat de produits et de services à l'échelle mondiale que les deux groupes prévoient de créer regroupera un volume combiné de 125 milliards de dollars (93 milliards d'euros environ).

Prié de dire pourquoi PSA n'avait pas pris une participation dans GM, un schéma croisé souvent utiliser pour sceller une alliance, Philippe Varin a répondu que, compte tenu de la situation financière du groupe, il préférait concentrer ses ressources sur le développement de l'entreprise et l'augmentation de capital.

CRAINTES POUR L'EMPLOI

Les deux constructeurs prévoient de développer une plateforme commune pour les véhicules à faibles émissions de CO2, un segment sur lequel PSA est le troisième meilleur élève européen. Mais dans un premier temps, il se concentreront leur travail commun sur les voitures de petite et moyenne taille, les monospaces et les crossovers.

Chez PSA, les deux segments évoqués sont actuellement occupés par la Citroën C3 produite à Aulnay-sous-Bois et par les Peugeot 207 et 208 pour le premier, par les Citroën C5 et Peugeot 508 fabriquées à Rennes pour le second.

Les premiers véhicules issus d'une plateforme commune seront commercialisés à partir de 2016, une date qui coïncide avec la fin estimée de la C3 et qui ne rassurera pas les salariés de l'usine d'Aulnay sur leur avenir.

Le ministre français de l'Industrie, Eric Besson, a déclaré dans un communiqué s'être assuré auprès de Philippe Varin que le partenariat avec GM serait "favorable à l'emploi et à la présence en France de PSA".

La CGT s'est quant à elle interrogée sur "les conséquences sociales d'un rapprochement entre PSA et GM, et notamment avec sa branche européenne Opel, qui produit des véhicules sur les mêmes gammes que PSA."

Prié de dire si une plateforme partagée prendrait la relève, et dans quelle usine un tel modèle serait produit, Philippe Varin a refusé d'évoquer une voiture en particulier.

"Le premier produit sortira en 2016, donc il pourrait y avoir d'ici-là une certaine optimisation des capacités industrielles", a-t-il simplement dit, avant d'ajouter: "Mais aujourd'hui, il n'y a pas d'impact sur la production."

La même interrogation vaut pour Opel, connu pour des modèles comme la Corsa, l'Astra ou l'Insignia, et dont la production reste encore largement domiciliée en Allemagne.

INDÉPENDANCE PRÉSERVÉE

GM, que la crise financière de 2008 et la récession avaient contraint au dépôt de bilan et à un renflouement par l'Etat américain, a expliqué que les synergies seraient partagées à égalité entre les deux groupes et qu'elle lui permettront, selon les termes du PDG Dan Akerslon, "d'assurer pour le long terme et de façon durable sa rentabilité en Europe".

L'augmentation de capital lors de laquelle le groupe américain entrera au capital du français ne sera souscrite par FFP, principale holding de la famille Peugeot, qu'à hauteur de 50% de ses droits, le solde étant cédé à GM.

FFP investira de l'ordre de 150 millions d'euros dans l'opération, à l'issue de laquelle la famille Peugeot restera le premier actionnaire de PSA. Elle en détient aujourd'hui 30,3% des actions.

"Chacune des deux entreprises continuera à commercialiser ses voitures de façon indépendante et concurrentielle", a souligné PSA dans un communiqué. Aucun représentant de GM n'intégrera donc la direction de PSA et l'alliance sera gérée par un comité de pilotage paritaire.

Evoquée depuis le début de la semaine dernière, la perspective d'une alliance entre les deux groupes avaient soufflé le chaud et le froid chez les investisseurs, tiraillés entre les synergies potentielles et la perspective du milliard d'euros d'actions qui sera émis par PSA.

A la Bourse de Paris, le titre PSA a clôturé en baisse de 2,11% à 15,04 euros. A Wall Street, GM cédait 0,65% à 25,97 dollars à 25 minutes de la clôture.

Avec Philipp Halstrick, édité par Marc Angrand

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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