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Peugeot : PSA, en perte en 2013, officialise l'accord avec Dongfeng

PSA, dans le rouge en 2013, confirme ses projets avec DongfengPSA, dans le rouge en 2013, confirme ses projets avec Dongfeng

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën a officialisé mercredi son projet d'augmentation de capital de trois milliards d'euros avec le chinois Dongfeng Motor et l'Etat français afin d'accélérer sa transformation après une deuxième année consécutive de perte.

Une page est tournée pour le premier groupe automobile français avec la fin du contrôle par la famille Peugeot, qui a fondée l'entreprise il y a plus de deux siècles, et l'intronisation de Carlos Tavares, appelé à succéder dès le 31 mars à Philippe Varin à la présidence du directoire.

"L'augmentation de capital (...) va assurer au groupe une situation financière saine et solide sur le long terme et lui permettre d'investir à nouveau", a déclaré le directeur financier Jean-Baptiste de Chatillon au cours d'une téléconférence de presse.

A l'issue de l'opération, qui devrait intervenir au deuxième trimestre, Dongfeng, l'Etat français et la famille Peugeot se retrouveront chacun avec des participations équivalentes de 14% et deux sièges au conseil de surveillance, dont le président sera un administrateur indépendant.

"Tout est en place pour donner un nouvel élan à PSA, pour que PSA reste un constructeur majeur au niveau mondial", a souligné Jean-Baptiste de Chatillon.

En 2013, PSA a amélioré ses résultats financiers sans parvenir à compenser son handicap face aux grands constructeurs automobiles généralistes comme Volkswagen ou Renault.

Le groupe a accusé en 2013 une perte nette, part du groupe, de 2,3 milliards d'euros, réduite de moitié par rapport aux 5 milliards affichés en 2012.

Malgré une forte baisse de la consommation de free cash flow opérationnel, ramenée à 426 millions d'euros hors charges de restructuration contre 3 milliards l'année précédente, la dette nette de PSA a gonflé d'un milliard d'euros à 4,15 milliards.

A la Bourse de Paris, l'action PSA, plus gros volume de la cote, gagne 3,3% à 12,9 euros à 14h30 après un bond à 13,64 euros en début de matinée.

"BACK IN THE RACE"

Pour sa première apparition publique depuis son arrivée chez PSA, Carlos Tavares a rendu hommage à Philippe Varin pour avoir jeté les bases d'un rebond qu'il entend accélérer grâce à un plan stratégique baptisé "Back in the Race" dont la présentation est programmée à la mi-avril.

"Nous sommes de retour dans la course, rien n'est facile, nous sommes dans un secteur extrêmement compétitif, il nous faudra un peu de temps, mais le rebond est en marche", a déclaré l'ancien numéro du groupe Renault.

En renforçant leur partenariat industriel, PSA et Dongfeng comptent tripler leurs volumes de production communs en Chine, à 1,5 million de véhicules d'ici 2020, accélérer les transferts de technologies de PSA vers son partenaire moyennant royalties et créer une coentreprise pour exporter ensemble vers le reste de l'Asie, premier marché mondial de l'automobile.

Ils comptent aussi accentuer leur travail de recherche et développement sur des plates-formes low cost à destination des marchés émergents d'Amérique latine et de Russie mais aussi du pourtour européen, notamment la Turquie et l'Afrique.

PSA ne dispose pas actuellement d'une telle plate-forme, contrairement à Renault dont la gamme low cost connue en Europe sous le nom de Dacia est devenue le fer de lance sur les marchés émergents.

"CONFORTER L'ANCRAGE DE PSA EN FRANCE"

La recapitalisation de PSA passera par une augmentation de capital réservée de 1,05 milliard d'euros, qui sera souscrite à parts égales par Dongfeng et l'Etat français au prix de 7,5 euros par action, a confirmé PSA dans un communiqué, soit une décote de 40% sur le cours de clôture de l'action PSA mardi.

Elle comprendra ensuite une augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription de 1,95 milliard d'euros ouverte à l'ensemble des actionnaires, et l'attribution de bons de souscription d'actions (BSA) qui pourrait représenter une ressource additionnelle potentielle d'environ 770 millions d'euros.

Au total, Dongfeng et l'Etat français devraient contribuer pour un montant total de 800 millions d'euros chacun, tandis que la famille Peugeot, principal actionnaire, pourrait suivre à hauteur de 150 à 250 millions.

FFP, holding de la famille Peugeot qui a donc fini par accepter de céder le contrôle d'une entreprise qu'elle a fondée il y a plus de deux siècles, a diffusé un communiqué dans lequel elle "confirme son engagement et son attachement au groupe PSA, et réitère sa confiance dans l'avenir du groupe automobile".

Thierry Peugeot, président du conseil de surveillance, ne s'est pas étendu, en marge de la conférence de presse, sur les raisons de son ralliement alors qu'il a fait campagne contre l'entrée de Dongfeng et l'Etat français au capital de PSA.

"La priorité, c'est l'intérêt du groupe", a-t-il simplement répondu aux journalistes.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, sur RTL, a parlé d'"une nouvelle histoire qui commence, dans laquelle l'Etat s'engage avec une volonté, qui est de conforter l'ancrage en France de PSA".

Les syndicats du groupe veulent le croire aussi. "Les craintes qu'on peut avoir, c'est par rapport au risque de fuite des compétences et des technologies, mais on est un peu rassuré par le fait que l'Etat aura le même niveau de participation", a dit Robert Calvet, représentant CFDT à l'usine PSA de Mulhouse.

Pour financer ses projets futurs, PSA a également confirmé qu'il négociait avec la banque espagnole Santander un partenariat en Europe, notamment pour accélérer la sortie de la garantie de l'Etat français octroyée fin 2012 à Banque PSA Finance, et qui court jusqu'à la fin 2016.

PSA, qui vise un free cash flow opérationnel positif "au plus tard" cette année-là, n'a pas communiqué d'objectifs pour 2014, si ce n'est qu'il prévoit un léger rebond de 2% du marché automobile européen et une croissance toujours vigoureuse en Chine, de 10%.

Avec Yann le Guernigou à Paris, Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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