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Peugeot : Polémique sur la retraite-chapeau de Philippe Varin

Le gouvernement veut que PSA revoie la retraite de Philippe VarinLe gouvernement veut que PSA revoie la retraite de Philippe Varin

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - La retraite-chapeau prévue par PSA Peugeot Citroën pour son président Philippe Varin suscite la polémique, le constructeur automobile ayant provisionné 21 millions d'euros alors qu'il est en difficulté financière et en restructuration.

La CGT, sur son site internet, s'est émue du montant de 20.968.000 euros mentionné dans le document de référence 2012 de PSA au titre des engagements du régime de retraite des dirigeants.

PSA a eu beau préciser mercredi que Philippe Varin, qui cédera sa place à la tête du groupe en 2014, ne toucherait pas cette somme car elle correspond à un montant brut total estimé pour les 25 prochaines années, plusieurs responsables politiques ont exprimé leur indignation et le gouvernement a demandé un réexamen du dispositif.

"La pension retraite totale du président du directoire, en comprenant les régimes de retraite obligatoire et conventionnels, s'élèverait à environ 300.000 euros par an, après charges fiscales et sociales", a expliqué PSA dans un communiqué, soit un total net de 7,5 millions d'euros sur 25 ans pour Philippe Varin.

A l'Assemblée nationale, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a affirmé qu'"il est hors de question que l'Etat donne son accord à la moindre rémunération exceptionnelle" de dirigeants de PSA.

Le groupe, dont la filiale bancaire a bénéficié en 2012 d'une garantie de l'Etat de sept milliards d'euros, a rappelé dans un communiqué que le régime de retraite d'entreprise avait été approuvé par les actionnaires et était conforme aux recommandations du code de gouvernement d'entreprise établi par les organisations patronales Afep-Medef.

Ce Haut Comité de gouvernement d'entreprise a annoncé qu'il se saisissait du dossier. Philippe Varin, sur twitter, a aussitôt fait savoir qu'il se conformerait à son avis.

Philippe Varin, 61 ans, a perçu au titre de 2012 un salaire de 1,3 million d'euros, ayant renoncé à la part variable de sa rémunération depuis 2011. "A mon départ du groupe, le moment venu, je ne toucherai aucune indemnité de départ", a-t-il rappelé sur France Info.

"UNE DÉCISION INAPPROPRIÉE"

Nommé en juin 2009 à la tête de PSA, Philippe Varin y a engagé l'an dernier un plan social prévoyant 8.000 suppressions d'emplois et la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Jean-Pierre Mercier, représentant de la CGT dans cette usine a parlé de "scandale" et demandé au patron de PSA d'y renoncer étant donné les difficultés de l'entreprise. Le maire d'Aulnay, Gérard Ségura, en a appelé "solennellement" à Philippe Varin pour que cette somme soit affectée au moins partiellement "à l'amélioration du plan social de l'usine".

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, rappelant que "l'entreprise a imposé des sacrifices à ses salariés importants", a jugé "naturel que cette décision, à l'évidence inappropriée, soit reconsidérée".

Interrogés dans les médias sur cette retraite-chapeau, l'ancien ministre du Travail Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, a noté qu'il est "déjà arrivé que des dirigeants y renoncent" et Bernard Accoyer, ancien président UMP de l'Assemblée nationale, a de même estimé qu'il serait "bienvenu" que les dirigeants de grandes entreprises en difficulté diminuent voire renoncent à leurs avantages.

PSA, qui a brûlé trois milliards d'euros de trésorerie en 2012, espère réduire de plus de moitié sa consommation de cash cette année. Des sources ont indiqué à Reuters qu'il préparait une augmentation de capital d'au moins trois milliards d'euros à laquelle l'Etat français et le constructeur automobile chinois Dongfeng participeraient à parité.

Avec Jean-Baptiste Vey, Sophie Louet, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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