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Peugeot : General Motors sort de PSA, qui se tourne vers Dongfeng

General Motors sort de PSA, qui se tourne vers DongfengGeneral Motors sort de PSA, qui se tourne vers Dongfeng

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - General Motors a créé la surprise jeudi en annonçant sa sortie du capital de PSA Peugeot Citroën quelques heures seulement après la confirmation d'une possible augmentation de capital du constructeur français et de son entrée en discussions avec le constructeur chinois Dongfeng.

L'américain, qui était entré au capital de PSA en mars 2012 pour soutenir le groupe français en difficulté, n'a pas souhaité être dilué ni participer à l'augmentation de capital à venir.

Les deux groupes ont cependant précisé que cette décision ne remettait pas en cause leurs projets industriels communs.

"PSA imaginait que GM envisageait cette opération. Cette annonce ne change en rien l'alliance, les projets de production en commun et les synergies qui y sont associées", a déclaré un porte-parole de PSA.

La sortie de GM, qui détient 7% de PSA, va s'opérer via un placement privé auprès d'investisseurs institutionnels, au prix de 10,00 à 10,25 euros par action, avec une décote maximale pouvant atteindre 5,9% sur le cours de clôture de l'action Peugeot, a-t-on appris auprès de traders.

Le titre Peugeot a dévissé de 7,6% jeudi à 10,62 euros.

En matinée, PSA a confirmé envisager une augmentation de capital et de nouveaux projets de développement avec des partenaires, dont le chinois Dongfeng Motor, en même temps que des dépréciations massives sur ses comptes.

Une source au fait du dossier avait indiqué mercredi à Reuters que le conseil de PSA avait accepté d'engager des discussions finales sur un projet qui verrait le chinois et l'Etat français prendre des participations majoritaires dans le groupe, dans le cadre d'une augmentation de capital d'environ 3,5 milliards d'euros.

Selon cette source, Dongfeng a proposé un prix indicatif de 6,85 euros par action, soit une décote d'environ 40% par rapport au cours de clôture mercredi.

"Un prix de 7 euros ou moins est hors de propos car bien trop faible", a dit une source proche de la famille Peugeot, en précisant qu'aucun prix plancher n'avait pour autant été fixé.

L'ÉTAT FRANÇAIS "TOUT À FAIT IMPLIQUÉ"

Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, a déclaré de son côté à des journalistes que le gouvernement français était favorable à ce que PSA "puisse nouer les partenariats stratégiques qui lui permettront de trouver tout l'essor qu'il mérite et aussi trouver les partenaires financiers qui appuieront solidement ce développement".

"L'Etat est un acteur tout à fait impliqué dans cette nouvelle phase de l'histoire de PSA", a ajouté Pierre Moscovici, tout en refusant de répondre à la question de savoir si l'Etat entrerait au capital du groupe.

"PSA est en train de préparer le terrain, il est sorti de son silence sur la question d'une augmentation de capital, il a clarifié combien d'actions nouvelles il peut émettre sans convoquer une nouvelle assemblée générale", commente ISI (International Strategy & Investment) dans une note. "Au final, nous pensons que le groupe va dans la bonne direction."

"C'est positif si PSA est en mesure d'utiliser les 3,5 milliards d'euros de nouveau capital évoqués pour sa croissance future", note Kristina Church (Barclays Capital). "Dans les faits, nous redoutons que cette somme ne suffise pas face aux dépenses opérationnelles du groupe."

L'idée d'un renforcement de l'alliance avec GM, dont Mary Barra prendra la direction en janvier, paraît désormais totalement écartée. Même si Opel, la filiale européenne de GM, construira à Sochaux un nouveau crossover à partir de 2017.

"Cette alliance est maintenant dans une phase tout à fait stabilisée", a déclaré Jean-Baptiste de Chatillon, directeur financier de PSA, au cours d'une téléconférence de presse.

Annoncées en février 2012 à deux milliards de dollars par an pour les deux partenaires, les synergies de l'alliance franco-américaine ne sont plus estimées qu'à 1,2 milliard à l'horizon 2018.

PSA a également annoncé 1,1 milliard d'euros de dépréciations d'actifs et expliqué que le résultat opérationnel 2013 serait impacté par la dégradation des ventes en Russie et en Amérique latine, nouvelle preuve de la nécessité d'accélérer les économies d'échelle et l'internationalisation du groupe.

"Nous avons identifié des actifs dont la valeur comptable nette n'était pas couverte par les cash-flow futurs, il s'agit d'actifs en Russie et en Amérique latine", a dit Jean-Baptiste de Chatillon.

PSA avait déjà passé dans ses résultats 2012 des dépréciations de 4,7 milliards d'euros liées à la crise du marché automobile européen.

Le groupe a en revanche confirmé son objectif de réduire au moins de moitié cette année son hémorragie de free cash flow opérationnel, qui a atteint trois milliards d'euros en 2012, en renforçant les plans d'action déjà engagés.

Jean-Baptiste de Chatillon a précisé qu'aucune mesure supplémentaire sur les emplois n'était programmée au-delà du plan social en cours et de l'accord de compétitivité conclu à l'automne.

Avec Pascale Denis et Blaise Robinson, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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