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Peugeot : Bercy aura son mot à dire sur la vente de Leroy Somer

Bercy aura son mot à dire sur la vente de Leroy SomerBercy aura son mot à dire sur la vente de Leroy Somer

par Gilles Guillaume et Arno Schuetze

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Le gouvernement français aura sans doute son mot à dire sur le choix du repreneur de Leroy Somer, le fabricant français de moteurs électriques mis en vente par Emerson et pour lequel le groupe américain préfère pour l'heure une solution asiatique, a appris Reuters de plusieurs sources proches du dossier.

La division moteurs d'Emerson, mise en vente fin avril, inclut le britannique Control Techniques, spécialiste des systèmes d'entraînement pour l'industrie minière, les grues ou l'imprimerie, mais surtout Leroy Somer, leader mondial des alternateurs industriels et systèmes d'entraînement, basé à Angoulême (Charente).

Or le groupe français, racheté par Emerson en 1990, fournit des moteurs électriques à l'E-Mehari, la voiture électrique fabriquée par PSA à Rennes avec des batteries du groupe Bolloré, mais aussi à des navires et des sous-marins de l'armée française.

"Du fait du champ d'activité de Leroy Somer, la loi sur les investissements étrangers semble un passage obligé", a déclaré une des sources.

Si le repreneur n'est pas français, le ministère de l'Economie devra donc donner son feu vert et pourra exiger des engagements sur la fiabilité des approvisionnements et sur le maintien d'une partie des capacités industrielles du groupe en France.

L'histoire de Leroy-Somer, fondé par Marcellin Leroy, remonte à 1919. La société comptait fin 2015 quelque 29 sites, dont 16 sur le sol français, et employait 7.900 personnes, dont plus de 3.000 dans l'Hexagone.

La mise en vente intervient sur fond de craintes d'une restructuration de l'entreprise, qu'un responsable de la CFDT devait exposer vendredi à un conseiller du ministère de l'Economie.

Selon des sources proches du dossier, les offres devraient valoriser la division à cinq/huit fois l'Ebitda, soit jusqu'à 800 millions de dollars (environ 700 millions d'euros).

"Emerson a reçu des marques d'intérêt et est en discussion avec plusieurs entreprises industrielles mondiales et tout à fait qualifées", a déclaré un porte-parole du groupe américain, ajoutant qu'il espérait pouvoir en dire plus "dans les mois qui viennent".

DÉLÉGATION CHINOISE EN CHARENTE

Si les moteurs électriques ont à nouveau le vent en poupe dans l'automobile, la concurrence reste rude pour une partie mécanique longtemps méprisée par rapport à d'autres types de motorisation. Les grands concurrents sont des géants asiatiques plus compétitifs mais aussi des constructeurs automobiles comme Renault ou PSA, qui réinternalisent cette activité.

Selon deux sources proches du dossier, Emerson a choisi de donner la priorité à des repreneurs industriels basés en Asie et soucieux de gagner en taille car il espère en tirer un meilleur prix que dans une transaction avec des fonds d'investissement.

"Beaucoup de fonds ont regardé le dossier, mais contrairement aux industriels, aucun n'a eu accès à la data room", a indiqué une des deux premières sources.

"Ce qu'il faut souhaiter, c'est qu'Emerson ouvre plus largement sa liste", ajoute une autre source.

Les noms du chinois Wolong et du japonais Nidec sont régulièrement cités parmi les candidats intéressés. Selon deux sources, une délégation chinoise a d'ailleurs visité récemment des sites Leroy Somer en France.

"En Asie, l'accent est placé (...) sur des acteurs moins sophistiqués qui veulent surtout entrer dans le palmarès de tête", a indiqué une troisième source. "Emerson n'ouvrira la vente à des acteurs européens ou à des fonds de private equity que s'il ne parvient pas à trouver quelqu'un comme un acteur chinois."

Le projet, annoncé l'été dernier, s'inscrit dans le cadre du recentrage d'Emerson sur ses activités d'automatisation industrielle et de solutions énergétiques et de climatisation, qui prévoit aussi la cession de ses systèmes électriques pour les centres de données, pour lesquels l'allemand Siemens a manifesté son intérêt.

Emerson souffre de la hausse du dollar et de la baisse des cours du brut, qui pèsent sur les dépenses de ses clients.

Les autres noms qui circulent pour reprendre les moteurs du groupe américain sont le brésilien WEG, l'américain Regal Beloit et le chinois Shanghai Electric.

(Edité par Dominique Rodriguez)

Copyright © 2016 Thomson Reuters


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