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Orange : "la politique de dividende de la direction est raisonnable"

(Tradingsat.com) - Réputée pour son statut de valeur de rendement, l'action France Télécom rémunère bien ses actionnaires à défaut de générer des plus values. Thierry Feurgard, président de l'Association France Télécom des Actionnaires Salariés (AFTAS), approuve la politique de distribution de l'opérateur historique. Il livre aussi son opinion sur l'impact de l'arrivée de Free Mobile.

Tradingsat.com : Quelle est la situation de l'actionnariat salarié au sein de France Télécom ?

Thierry Feurgard : Compte tenu des opérations successives d'ouverture du capital de l'entreprise, nous pouvons quasiment considérer que 100% des salariés sont actionnaires ! Outre l'introduction en bourse de la société en 1997, il y a eu plusieurs attributions gratuites d'actions destinées à associer les employés à la performance du groupe. Les salariés détiennent donc à l'heure actuelle près de 5% du capital : 4,88% précisément à fin 2011, ce qui fait d'eux le second actionnaire du groupe derrière l'Etat qui en détient 27%. La participation des salariés actionnaires est essentiellement logée au sein de deux FCP Entreprise, une petite partie étant détenue au nominatif.

Tradingsat.com : Les actionnaires salariés sont-ils représentés dans les instances du fonds commun de placement d'entreprise (FCPE) de France Télécom ?

Thierry Feurgard : Le conseil de surveillance du FCPE repose depuis l'origine sur une représentation paritaire avec autant de membres de la direction que de membres censés représenter les actionnaires salariés. Mais pour l'heure, ces représentants des actionnaires salariés sont désignés par les syndicats. Or, ce système, qui pouvait avoir une justification à l'origine, ne respecte pas les directives européennes et les recommandations de l'Autorités des Marchés financiers, qui stipulent que les mandataires des actionnaires salariés doivent être élus par les actionnaires salariés, ainsi que le demande l'AFTAS.

Tradingsat.com : Présentez nous votre association, l'AFTAS.

Thierry Feurgard : Il s'agit de la plus ancienne association d'actionnaires salariés de France Télécom. Sa particularité est d'être totalement apolitique et à l'écart de toute influence syndicale. Son unique objectif est de défendre les intérêts des actionnaires salariés du groupe. Les membres de l'AFTASn bénéficient de la meilleure information dans ce domaine. Sans donner de conseil, nous informons par exemple nos adhérents sur les périodes d'arbitrage entre les différents fonds d'épargne salariale. Nous prenons aussi position sur les choix de la direction en matière d'affectation des résultats, en particulier sur la politique de dividende.

Tradingsat.com : Le dividende de France Télécom est très élevé.

Thierry Feurgard : Son rendement exprimé en pourcentage est logiquement de plus en plus important au fur et à mesure de la baisse du cours de bourse. En trois ans, l'action a perdu un peu plus de 35%, mais en intégrant les dividendes, la perte d'un actionnaire n'est plus que de 10%... A 1,40 euro, le dividende représente 180 millions d'euros par an. Soit environ 1000 euros par actionnaires salariés ou anciens salariés, un complément de revenu qui n'est pas négligeable ! C'est pour cela que nous défendons vis-à-vis de la direction une politique qui assure la poursuite du versement d'un dividende important permettant une « juste rémunération du salarié ».

Tradingsat.com : L'arrivée de Free Mobile change-t-elle la donne ?

Thierry Feurgard : Le quatrième opérateur mobile déstabilise le secteur. Son arrivée va entraîner une baisse significative de la marge brute des acteurs en place, y compris d'Orange, ce qui nécessite logiquement une réflexion sur le partage de la valeur. Les restructurations en préparation chez SFR et Bouygues Télécom le montrent : la première des priorités doit être l'emploi. Il faut ensuite protéger les investissements, qui représentent l'avenir de l'entreprise. Et ensuite veiller à maintenir un dividende suffisant pour que les salariés continuent à bénéficier d'un complément de revenu. Ainsi, à mon sens, en prévenant que le dividende ne pourrait être maintenu à 1,40 euro en 2012 et en proposant de reverser aux actionnaires 40 à 45% du cash flow opérationnel de l'entreprise, la direction se montre « raisonnable ».

Tradingsat.com : Êtes vous d'accord avec l'opinion selon laquelle Orange est l'opérateur le moins affecté par Free Mobile ?

Thierry Feurgard : Free s'est positionné sur le créneau du low-cost. Beaucoup de gens ont logiquement été attirés par les prix très bas. Aujourd'hui, un certain nombre d'entre eux prennent peut-être aussi conscience de la notion de qualité de services... Le fait qu'Orange souffre moins que ses concurrents directs s'explique probablement par la qualité de son réseau mobile, le meilleur en termes de qualité des services de voix et de données selon l'ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes). Deuxièmement, Orange amortit aussi logiquement mieux le choc grâce aux revenus de l'accord d'itinérance conclu avec Free Mobile, qui loue des droits de passage sur son réseau en attendant que son infrastructure soit achevée.

Tradingsat.com : L'arrivée de Free Mobile a néanmoins pour avantage de faire baisser les prix.

Thierry Feurgard : Il faut savoir que les opérateurs paient une taxe sur les services de communications électroniques ainsi que la taxe Cosip destinée à financer le Centre national du cinéma (CNC), qui sont toutes deux indexées sur le chiffre d'affaires. Or, l'arrivée de Free sur le marché a d'ores et déjà fait reculer le revenu moyen par abonné… Donc, si l'arrivée d'un quatrième opérateur mobile est une bonne nouvelle pour le consommateur, elle ne l'est pas forcément pour le contribuable, ni pour le salarié. Je rappelle que l'Arcep elle-même a chiffré à 10 000 le nombre d'emplois qui pourraient être détruits en conséquence de l'arrivée de Free Mobile.

Propos recueillis par François Berthon

Retrouvez l'historique des dividendes de France Télécom et les prévisions sur les futurs coupons en cliquant ici.

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