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Option : Sapin met Londres en garde contre la tentation d'un hard Brexit

Sapin met Londres en garde contre la tentation d'un hard BrexitSapin met Londres en garde contre la tentation d'un hard Brexit

par Myriam Rivet et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Michel Sapin a estimé mardi dans une interview à Reuters que la date tardive choisie par la Grande-Bretagne pour ouvrir la procédure de divorce avec l'Union européenne était le signe qu'elle se préparait à de dures négociations, au risque d'un "hard Brexit" qui ne serait pas dans son intérêt.

La Première ministre britannique Theresa May a indiqué dimanche que Londres invoquerait avant la fin mars l'article 50 du Traité européen, qui ouvrira officiellement une période de négociations de deux ans avec Bruxelles.

La France a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d'engager rapidement ces discussions pour dissiper toutes les incertitudes liées à ce divorce.

"Mars, c’est déjà tard", a déclaré le ministre français de l'Economie et des Finances.

"Ce qui était le plus frappant dans l’expression de Theresa May, ce qui m’a le plus frappé, c’est que, avec une date tardive, ça ne donnait pas le sentiment de vouloir se préparer à des négociations ouvertes", a-t-il ajouté.

En choisissant le mois de mars, elle "s'est donné le temps de se mettre en ordre de bataille". Mais "la bataille n'est pas dans l'intérêt de la Grande-Bretagne" et l'Europe continentale "défendra ses intérêts", a souligné le ministre français.

Theresa May a aussi qualifié dimanche de "dichotomie erronée" la distinction entre un "soft Brexit", fondé sur des concessions mutuelles, et un "hard Brexit".

Ses propos ont incité des observateurs à conclure que Londres pourrait opter pour la deuxième option, renonçant aux avantages du marché unique européen en contrepartie d'une souveraineté retrouvée dans le domaine de la politique migratoire.

Pour Michel Sapin, "si un pays a à perdre à des négociations qui aboutissent à des résultats que je qualifierai de durs, avec des conséquences très fortes, - ce qu'on appelle le 'hard Brexit' – je pense que c'est la Grande-Bretagne".

"D'ailleurs ça s'est vu tout de suite, sur la livre", a-t-il ajouté en évoquant la rechute de la livre sterling face au dollar et à l'euro lundi.

Potentiellement positif à court terme du fait d'un soutien mécanique aux exportations, un accès de faiblesse de la livre sterling n'est pas dans l'intérêt du Royaume-Uni. "On sait bien que c'est un oxygène pas cher mais qui ne renforce pas la puissance d'une industrie", a encore dit le ministre.

DÉFENSE DU MODÈLE BANCAIRE

Vigilante sur les modalités des négociations avec les Britanniques, l'Europe le sera également dans le cadre des discussions sur la refonte des règles internationales de solvabilité bancaire dites de "Bâle III", a également prévenu Michel Sapin.

"On est arrivé à la limite, de mon point de vue, surtout pour les banques européennes, de ce qu'on peut demander en termes prudentiels à une banque sauf à brider complètement toute initiative et toute possibilité de financer dans de bonnes conditions l'économie réelle", a-t-il dit.

Le Comité de Bâle, organe international de supervision bancaire qui rassemble une trentaine de pays, veut redéfinir d'ici la fin de l'année les règles en matière de solvabilité des banques afin de réduire l'exposition du secteur au risque.

Les ministres des Finances de l'UE, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau ou encore le commissaire européen aux Services financiers Valdis Dombrovskis ont déjà fait part de leurs réserves sur le projet.

Les détracteurs de cette réforme, en Europe et au Japon principalement, jugent qu'il va trop loin et augmente de manière disproportionnée les fonds propres que les banques devront détenir pour couvrir leurs positions à risque.

"Toutes les banques européennes aujourd'hui ont mis en place des mécanismes prudentiels qui sont à un bon niveau, qui nous paraissent parfaitement suffisants", a indiqué Michel Sapin.

"Nous ne voulons pas que, sous des dehors techniques, on aboutisse à une forme de discrimination entre les modèles bancaires", a-t-il poursuivi, en critiquant des exigences qui pèseraient plus sur les banques européennes que sur leurs concurrentes américaines au vu du poids différent de l'intermédiation bancaire des deux côtés de l'Atlantique.

Le ministre français c'est cependant montré confiant sur l'issue de cette "guerre des modèles", assurant que "tout le monde aurait intérêt à ce qu'il y ait un accord à Bâle."

"J'ai bon espoir que notre voix ait été entendue aux dernières réunions. J'ai bon espoir qu'on arrive à quelque chose qui soit conforme à nos intérêts profonds", a-t-il indiqué.

(avec Michel Rose et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse)

Copyright © 2016 Thomson Reuters


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