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Option : Marchionne chercherait un nouvel allié pour FCA d'ici fin 2018

Marchionne chercherait un nouvel allié pour FCA d'ici fin 2018Marchionne chercherait un nouvel allié pour FCA d'ici fin 2018

par Pamela Barbaglia et Sophie Sassard et Agnieszka Flak

LONDRES/MILAN (Reuters) - Sergio Marchionne, l'administrateur délégué de Fiat Chrysler, s'est mis en quête d'une nouvelle alliance stratégique qui permettrait de pallier les faiblesses opérationnelles du groupe et d'en parachever la transformation avant son départ prévu pour le début 2019, a-t-on appris de plusieurs sources proches du dossier.

Il s'est montré de plus en plus explicite ces derniers mois sur sa volonté de participer activement à la consolidation du secteur, qu'il juge indispensable pour financer le développement de voitures plus propres et l'essor de nouvelles technologies comme le contrôle vocal ou la conduite autonome.

"Marchionne a clairement planté le panneau 'à vendre'", dit un banquier proche de PSA Peugeot Citroën et General Motors. "Il a envoyé des balises partout pour tenter de susciter des opportunités mais jusqu'à présent, personne n'a mordu."

Fiat Chrysler Automobiles (FCA) doit en outre combler ses propres lacunes, notamment la faiblesse de sa présence en Asie, sa dépendance marquée au marché nord-américain ou encore son retard dans les nouvelles technologies.

Marchionne et la famille Agnelli, qui a fondé Fiat, regardent surtout vers les Etats-Unis, disent plusieurs sources bancaires, la région étant le principal centre de profit du groupe ces dernières même si ses marges y ont tendance à baisser en raison de la guerre des prix.

"L'Europe n'est plus le centre de gravité. J'exclus catégoriquement toute velléité de fusion avec Volkswagen ou Peugeot", a dit une source proche de FCA. "C'est sur les Etats-Unis que se concentre FCA. Marchionne déploie beaucoup d'efforts sur son dernier 'deal' et il se passera quelque chose avant 2018."

Sergio Marchionne passe pour avoir déclaré le mois dernier qu'un rapprochement avec GM ou Ford serait "techniquement faisable", même s'il s'est empressé de démentir l'existence de tout projet concret en ce sens.

Plusieurs sources ont toutefois déclaré qu'il s'intéressait particulièrement à GM, qui est bien implanté en Asie et cherche un nouvel essor en Europe après l'échec de son alliance avec PSA. Problème: cet intérêt n'est pas réciproque, ajoutent-elles.

"Cela aurait beaucoup de sens en termes de synergies géographiques et de parts de marché mondiales, en terme de culture d'entreprise aussi", a dit une source au sein d'une banque américaine proche du dossier, mais GM, accaparé par la baisse de ses coûts et ses rappels n'est "vraiment pas intéressé".

FCA s'est refusé à tout commentaire. Un porte-parole de GM a déclaré que le groupe privilégiait la mise en oeuvre de sa propre stratégie.

Plusieurs sources expliquent aussi qu'un rapprochement FCA-GM aurait un coût social non négligeable en Europe et aux Etats-Unis et qu'il se heurterait donc sans doute à une vive opposition syndicale et politique.

Si un changement d'attitude de GM est jugé peu probable, des banquiers proches de FCA estiment néanmoins qu'un accord reste envisageable, mais pas dans un futur proche, et ils échafaudent donc des scénarios en vue d'une possible fusion.

Certains dirigeants du secteur estiment quant à eux que Sergio Marchionne s'efforce de déclencher une bataille d'enchères en exagérant l'intérêt suscité par son projet.

L'an dernier, plusieurs médias ont laissé entendre que FCA discutait avec Volkswagen et avec PSA en vue d'un rapprochement, mais tous les groupes cités ont démenti. Le mois dernier, Carlos Tavares, le président du directoire de PSA, a déclaré que son groupe devait achever sa restructuration avant d'envisager un rapprochement avec un autre constructeur.

Sergio Marchionne, lui, se voit aussi bien acheteur que vendeur et il explique discuter avec beaucoup de monde même s'il a en tête le nom d'un allié idéal, qu'il garde pour lui.

Volkswagen n'est pas son premier choix mais il n'exclut pas cette option; une chose est sûre: à ses yeux, FCA doit trouver "une solution bien plus importante" que les alliances déjà nouées avec Mazda et Suzuki.

"Sergio est un grand joueur de poker: il fait beaucoup de bruit pour dissimuler le fait que l'âge d'or de FCA touche à sa fin", explique un autre banquier connaisseur du secteur.

En Bourse, l'action FCA a gagné près de 110% sur les six derniers mois grâce à l'intégration de Chrysler, à l'entrée du groupe au New York Stock Exchange et à l'annonce de la scission de Ferrari.

Mais cette performance ne suffit pas à cacher les faiblesses persistantes du groupe, à commencer par une marge d'exploitation de 3,4% seulement contre 5,4% en moyenne chez ses principaux concurrents, des dettes parmi les plus lourdes du secteur et des résultats à peine équilibrés dans deux de ses trois grandes divisions géographiques.

Et FCA dépensera beaucoup d'argent au cours des prochaines années puisque son plan stratégique prévoit 48 milliards d'euros d'investissements dans de nouveaux modèles Jeep, Maserati et Alfa Romeo. Sergio Marchionne vise pour 2018 des ventes de sept millions de véhicules, soit une hausse de plus de 50% par rapport à l'an dernier.

Le groupe conserve des actifs de choix, comme la marque Jeep, connue dans le monde entier, ou RAM, toujours solidement implantée sur le marché américain du pick-up. Et Alfa Romeo, une fois redressée, pourrait prétendre à rivaliser avec Audi, la marque haut de gamme de Volkswagen.

"Marchionne veut créer le premier constructeur automobile mondial, c'est son grand projet", assure une source bancaire proche de FCA.

La scission annoncée de Ferrari, via une distribution d'actions aux actionnaires de FCA, est considérée comme la première étape du processus : elle facilitera la valorisation de FCA tout en donnant l'occasion aux Agnelli de réduire leur participation dans le groupe sans perdre le contrôle de sa marque de luxe.

Et même si les fusions ratées ne manquent pas dans le secteur, à commencer par DaimlerChrysler, Sergio Marchionne est l'un des rares dirigeants à en avoir réussi une ces dernières années.

"Reste à savoir si ce secteur peut créer une opportunité pour une opération de ce genre", a-t-il dit. "J'espère sincèrement que cela se fera avant 2018 et que quelqu'un fera le premier pas, parce qu'une fois le processus enclenché, d'autres suivront."

(avec Anjuli Davies à Londres, Arno Schütze à Francfort, Ben Klaymann et Joe White à Detroit; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


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