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Natixis : Les quatre défis économiques de François Hollande

Les quatre défis économiques de François HollandeLes quatre défis économiques de François Hollande

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Croissance, emploi, impôts et déficits : François Hollande est face à quatre défis liés mais parfois difficilement conciliables, dont l'issue décidera de sa capacité à enclencher la deuxième phase d'un quinquennat marqué jusqu'alors par l'urgence et la crise.

La croissance économique d'abord, dont la vigueur permettra ou non au président français d'atteindre durablement son objectif de faire baisser le chômage et ceux de réduire les déficits publics et de baisser les impôts et le coût du travail.

La gêne apparue quand il a annoncé vendredi que la prévision de croissance 2014 serait probablement relevée, avant que l'on comprenne qu'elle devrait en fait être abaissée, illustre la difficulté à mesurer l'ampleur du rebond post-récession.

Le chef de l'Etat ne faisait en effet pas référence dans son entretien au quotidien Le Monde à la prévision officielle de croissance du PIB en 2014 (+1,2%) mais à une estimation de travail de +0,8%, a-t-on précisé.

Une fois n'est pas coutume, la dernière surprise sur le front de la croissance a été bonne, avec un rebond nettement supérieur aux anticipations au deuxième trimestre (+0,5%).

Depuis, certains économistes estiment que l'activité pourrait repartir plus vigoureusement que la future nouvelle prévision de croissance du gouvernement, qui sera annoncée dans les prochaines semaines et devrait tourner autour de 1%.

Le cabinet d'analyse économique Asterès voit par exemple un potentiel de bonne surprise - son fondateur Nicolas Bouzou disant percevoir "pour une fois (un) aléa haussier tout à fait possible" - et prévoit +1,2%. D'autres évoquent la possibilité d'un "effet cocktail" grâce auquel la vitesse de retournement de l'économie française pourrait surprendre.

AMPLIFIER LE MOUVEMENT

S'il juge quant à lui probable que la zone euro connaisse aujourd'hui un retournement du cycle manufacturier, Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis AM, juge ce lundi sur son blog qu'"il faut maintenant savoir amplifier ce mouvement pour que l'investissement reprenne et que l'emploi ait une allure plus robuste".

La vigueur de la reprise est le facteur déterminant d'un possible retournement de l'emploi, après plus de deux ans de hausses mensuelles consécutives du nombre de chômeurs.

Les dizaines de milliers de créations d'emplois aidés ces derniers mois, notamment les emplois "d'avenir", peuvent aider François Hollande et son gouvernement à faire reculer le nombre de chômeurs. Et peut-être même à atteindre son objectif d'une baisse d'ici la fin de l'année.

Mais faire reculer durablement le taux de chômage suppose une vraie accélération de l'activité.

La hausse de la population active sous l'effet d'une démographie française plus dynamique que celle des pays voisins implique, selon les estimations les plus souvent retenues, une croissance économique d'environ 1,5% pour faire reculer ce taux, qui s'élevait à 10,8% à la fin du premier trimestre.

Le taux de chômage du deuxième trimestre sera publié jeudi.

Les organisations patronales plaident quant à elles pour une baisse massive du coût du travail pour soutenir la création d'emplois et critiquent le recours à des emplois aidés d'abord conçus pour le secteur non marchand, par ce gouvernement comme par le précédent.

PAUSE FISCALE

Si la croissance continuait d'accélérer pour atteindre par exemple 2%, un rythme bien supérieur aux prévisions actuelles des conjoncturistes, l'équation serait résolue avec des créations naturelles d'emplois et des recettes fiscales progressant d'une dizaine de milliards d'euros, permettant de réduire le déficit et de stabiliser ou réduire les prélèvements.

Une croissance molle, en revanche, pèse non seulement sur les recettes de l'Etat mais également, à travers son effet sur l'emploi, sur les comptes de retraite, de santé ou d'assurance chômage, qui sont tous dans le rouge.

Face à un "ras-le-bol fiscal" dont il a reconnu la montée chez les patrons et les particuliers, le gouvernement a promis la semaine dernière l'arrêt l'an prochain de la hausse des prélèvements pesant sur les entreprises et une baisse les années suivantes.

François Hollande est même allé plus loin en annonçant une "pause fiscale", sans préciser si la totalité de l'effort sur les prélèvements prévu jusqu'alors pour 2014 - une hausse de 6 milliards d'euros - serait annulée.

Cette stabilisation doit permettre de conforter la reprise économique, quand certains économistes ont estimé qu'une trop forte hausse des prélèvements ces dernières années ont provoqué un phénomène de rendement dégressif de la fiscalité.

Ce faisant, les autorités françaises semblent aussi continuer d'assumer un ralentissement du rythme de réduction du déficit public. Un ralentissement autorisé par le report de deux ans, à fin 2015, par la Commission européennes de l'obligation pour la France de réduire son déficit sous 3% du PIB, et par le contexte de taux d'intérêt toujours favorables pour la France.

Pour l'an prochain, le montant des économies prévues jusqu'alors a en revanche été confirmé la semaine dernière, à 14 milliards d'euros, signe que c'est par les économies puis par la baisse du niveau des dépenses publiques dans le PIB que la France espère convaincre les marchés financiers et ses partenaires européens de son sérieux.

Ces derniers ne relâcheront pas en parallèle leur pression pour que Paris mène des réformes structurelles d'ampleur, à même selon eux de relever le potentiel de croissance du pays et la création d'emplois. Ceci d'autant plus que la France n'a guère tenu compte des recommandations de la Commission européenne dans sa réforme des retraites présentée mardi dernier.

Edité par Yves Clarisse

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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