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Natixis : Le potentiel de baisse des matières premières pas encore épuisé

Le potentiel de baisse des matières premières pas encore épuiséLe potentiel de baisse des matières premières pas encore épuisé

par Veronica Brown et Pratima Desai

LONDRES (Reuters) - Les positions sur les marchés à terme de matières premières annoncent une poursuite de la chute des cours avec les inquiétudes sur la croissance chinoise et la hausse du dollar mais le recul pourrait être d'autant plus limité que les intervenants ont déjà mis en place l'essentiel de leurs paris baissiers.

Les matières premières, du minerai de fer au pétrole en passant par les grains ou l'or, ont toutes baissé avec le retournement de leur long boom, largement alimenté par la très forte croissance économique de la Chine et parfois qualifié de "super-cycle".

La chute des cours n'a rien de nouveau, les pics du pétrole et de l'or remontant à juillet 2008 et septembre 2011 respectivement, tandis que la tendance baissière sur le minerai de fer a démarré en janvier 2011 et que ses prix ont chuté de plus de 70% depuis lors. De nombreuses matières premières sont à des plus bas de plusieurs années.

L'indice Thomson Reuters CRB, étroitement corrélé à la croissance du produit intérieur brut de la Chine en volume, a cédé plus de 10% depuis le débit du mois de juillet, se rapprochant d'un point bas atteint début 2009 lors de la grande récession provoquée par la crise financière internationale de 2007-2008.

"Il pourrait encore y avoir des pertes parce que je pense que les gens sont encore en train d'essayer d'ajuster toutes les pièces du puzzle", estime Frances Hudson, stratégiste chez Standard Life Investments.

"Cela dépendra des matières premières considérées individuellement car jusqu'à la fin de la semaine dernière c'était un événement (la baisse des cours NDLR) qui devenait porté par la tendance, tout le monde vendait les matières premières."

A la fin de la semaine dernière, l'état des lieux des positions à terme publié par la CFTC américaine montrait que les fonds spéculatifs et les autres gestionnaires d'actifs avaient réduit leurs paris à la hausse du brut léger américain (WTI) à un plus bas de cinq ans et qu'ils pariaient sur une baisse des cours de l'or pour la première fois en plus d'une décennie. Ils demeuraient vendeurs nets sur le cuivre.

"Il serait dangereux de considérer que nous avons touché un point bas", estime Nic Brown, responsable de la stratégie sur les matières premières de Natixis.

Mais il ajoute qu'un sentiment baissier aussi persistant pourrait, paradoxalement, être le signe que le point bas du marché est proche.

ENVIRONNEMENT DEFLATIONNISTE

"Dans l'ensemble, l'environnement est assez déflationniste pour les matières premières actuellement et ce n'est pas inhabituel, c'est même l'une des caractéristiques pour un super-cycle", relève Norbert Rücker, responsable de la recherche sur les matières premières de Julius Baer.

Pour les matières premières libellées en dollar, la hausse de la devise américaine, soutenue par les perspectives de relèvement des taux directeurs aux Etats-Unis, tend aussi à peser sur les cours.

Mais la véritable inquiétude porte sur la croissance économique en Chine, le premier importateur mondial de matières premières qui absorbe près de la moitié de la production mondiale de cuivre, représente 70% de la consommation mondiale de minerai de fer et concurrence l'Inde comme premier acheteur mondial d'or.

La croissance de l'économie chinoise ne devrait pas dépasser 7% cette année, au plus bas depuis un quart de siècle. Le ralentissement chinois n'est pas nouveau mais s'y ajoute un krach boursier aux répercussions encore mal définies sur la demande intérieure.

Les actions chinoises ont continué de baisser mardi au lendemain de leur plus forte chute enregistrée en une séance depuis huit ans en dépit des mesures de soutien du marché prises par les autorités pour enrayer un krach boursier avec une dégringolade des indices de plus de 30% entre la mi-juin et le 8 juillet.

"Les pertes massives sur les marchés actions chinois... vont vraisemblablement alimenter les inquiétudes sur l'affaiblissement de la demande de pétrole par la Chine", prévient la Commerzbank.

Pour Michael Wittner, analyste spécialiste du pétrole chez Société Générale, la récente rechute des cours du pétrole pourrait toutefois toucher à sa fin, les prix étant tombés sous les niveaux permettant aux producteurs de pétrole de schiste, l'une des composantes de l'offre dont le dynamisme a pesé sur les cours, de couvrir leurs coûts.

"Notre position est que l'excédent d'offre mondial et l'affaiblissement saisonnier à venir sont en grande partie intégrés dans les prix", a-t-il dit.

"D'un autre côté et même si l'excédent d'offre et l'affaiblissement saisonnier à venir sont déjà pris en compte, il est difficile de voir d'où pourrait provenir un soutien des cours dans les prochains mois."

L'or est tout particulièrement affecté par le double effet de la débâcle boursière chinoise et de la hausse attendue des taux d'intérêt aux Etats-Unis, les prévisions sur l'évolution des cours du métal jaune ne cessant d'être revue à la baisse, ces dernières semaines.

Deutsche Bank s'attend ainsi à une poursuite de la chute des cours de l'or.

"Il faut se rendre à l'évidence que les cours de l'or devront retomber aux environs de 750 dollars (l'once) en termes réels pour retrouver des niveaux compatibles avec leurs moyennes historiques de long terme", souligne la banque dans une récente note de recherche.

Il y a toutefois quelques lueurs d'espoir. Des sources du secteur de la gestion d'actifs ont dit que les fonds chinois, qui ont joué un rôle déterminant dans l'évolution des cours des matières premières à la hausse comme à la baisse, envisagent de prendre des positions à l'achat sur des matières premières agricoles comme le maïs, le soja ou l'huile de palme dans les prochains mois, pour bénéficier du phénomène climatique El Niño, perçu comme favorable aux cours des matières premières agricoles en raison de son impact sur les récoltes.

(Marc Joanny pour le service français, édité par Benoît van Overstraeten)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


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