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Michelin : Sans reprise en Europe, Michelin devra restructurer

Michelin contraint de baisser ses prixMichelin contraint de baisser ses prix

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS (Reuters) - Michelin prévient qu'il devra restructurer ses activités en Europe si le marché du pneumatique, en baisse d'environ 10% pour les voitures au premier trimestre, ne s'améliore pas.

Le spécialiste du pneu, qui emploie environ 26.000 personnes en France, a fait état lundi soir d'une chute de 8,1% de ses ventes nettes lors des trois premiers mois de l'année. Le marché du pneu tourisme-camionnette a reculé de 11% pour la première monte, et de 9% pour le remplacement, tandis que le marché du pneumatique poids lourd première monte a reculé de 3%.

"Si les volumes demeurent aux niveaux actuels, cela impliquerait bien sûr certaines restructurations en Europe, c'est à l'examen, mais rien n'est encore décidé", a déclaré Marc Henry, directeur financier du groupe clermontois, au cours d'une téléconférence avec les analystes.

Il a ajouté que sur le segment des poids lourds, où le taux d'utilisation des usines est particulièrement bas, la question serait abordée entre avril et juillet.

Si Michelin observe un certain raffermissement de la demande en avril, la faiblesse du marché automobile européen l'a contraint à procéder à des baisses de prix au début de l'année. Le groupe, également confronté à un marché nord-américain moins vigoureux que prévu, a réalisé au premier trimestre un chiffre d'affaires de 4,877 milliards d'euros.

La baisse enregistrée reflète pour moitié (-4,3%) le recul des volumes, et pour l'autre un effet défavorable lié à la hausse de l'euro ainsi qu'un effet prix-mix en recul de 2,7%.

"L'effet prix, à hauteur de 133 millions d'euros, (...) combine l'effet des clauses contractuelles d'indexation et celui des repositionnements de prix ciblés opérés en Europe, et dans une moindre mesure, en Amérique du Nord", a commenté le groupe dans un communiqué.

Dans un marché automobile difficile dans les pays matures, Michelin a tiré l'an dernier son épingle du jeu grâce à son positionnement premium qui lui permet de mieux maintenir, voire d'augmenter, les tarifs de ses pneumatiques. Il s'attend désormais à un effet prix-mix négatif d'environ 300 millions d'euros sur l'ensemble de 2013.

Cet impact sera toutefois compensé par l'effet favorable lié à la baisse des cours des matières premières, caoutchouc en tête, estimé désormais à 550 millions d'euros sur le résultat opérationnel annuel.

En février, Michelin attendait une stabilité des cours et un effet favorable de 350 à 400 millions d'euros.

OBJECTIFS CONFIRMÉS

Dans ce contexte, le groupe a maintenu ses objectifs pour 2013, notamment une stabilité de ses volumes de ventes grâce à une demande toujours aussi vigoureuse en Chine, et une stabilité de son résultat opérationnel avant éléments non récurrents.

L'an dernier, ses volumes ont baissé de 6,4% tandis que son résultat opérationnel est ressorti à 2,42 milliards d'euros.

"L'amélioration attendue grâce aux matières premières n'a pas conduit le groupe à réviser son objectif 2013 de bénéfice opérationnel", commente David Arnold, analyste automobile chez Credit Suisse. "Cela pourrait impliquer qu'une autre composante du résultat opérationnel - notamment les prix - est maintenant moins robuste."

Sur le marché du pneumatique de remplacement, le contexte économique est si morose en Europe que les conditions hivernales prolongées n'ont pas vraiment gonflé la demande en pneus hiver, vendus plus cher, alors qu'elles ont en revanche retardé le renouvellement des pneus été.

Aux Etats-Unis, Michelin est également confronté à une hausse marquée des importations asiatiques de pneus de voitures depuis la levée des tarifs douaniers à l'automne dernier. La demande en pneus de chantier - infrastructures et carrières - est pour sa part en contraction, comme l'a montré l'avertissement sur ses résultats lancé par Caterpillar.

Avant cette publication, l'action Michelin a clôturé lundi à 60 euros (-0,08%), donnant une capitalisation boursière de 10,95 milliards d'euros. Depuis le début de l'année, le titre perd plus de 16%, après un bond de près de 57% en 2012.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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