NEW YORK (Reuters) - Les inquiétudes sur l'état de santé de l'économie américaine ont une nouvelle fois fait chuter Wall Street mercredi, les investisseurs ayant été effarés par les déclarations de l'un des principaux distributeurs de produits électroniques du pays, qui a dit que l'actuel climat des affaires était le pire qu'il a connu en 40 ans.
Les valeurs financières cotées à New York ont accentué la baisse du marché, sous le coup de l'annonce par Henry Paulson, secrétaire d'Etat au Trésor américain, que le fonds de soutien au secteur financier de 700 milliards de dollars voté par le Congrès cesserait de racheter des produits financiers à haut risque pour se concentrer sur la recapitalisation d'institutions financières.
L'indice Dow Jones des 30 industrielles a cédé 411,30 points, soit 4,73% à 8.282,66. Le S&P-500, plus large, a perdu 46,65 points, soit 5,19%, à 852,30. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 81,69 points (-5,17%) à 1.499,21, clôturant à son plus bas niveau depuis mai 2003.
L'indice S&P des valeurs financières a fait encore pire que le Dow Jones, avec un recul de 6,91%, l'action Citigroup étant passé pour la première fois de son histoire en dessous de la barre des 10 dollars pour terminer 9,64, soit un plongeon de 10,74%.
Pour preuve que la crise, au départ financière, affecte désormais tous les secteurs, l'action du troisième opérateur de téléphonie mobile aux Etats-Unis, Sprint Nextel, a touché en séance un plus bas historique, à 1,77 dollar, pour la deuxième journée consécutive. Elle a finalement terminé en baisse de 22,92% à 1,95 dollar.
Du côté du secteur technologie, l'action Google est passé pour la première fois depuis 2005 sous la barre des 300 dollars, pour terminer à 291,00 (-6,57%), les intervenants redoutant que le ralentissement économique n'affecte le géant de l'internet.
General Motors, tombé la veille à un plus bas de 65 ans, a été la seule valeurs en hausse du Dow Jones, avec un gain de 5,48% à 3,08 dollars, le constructeur automobile ayant été dopé, comme Ford (+2,22%), par la perspective d'une accélération de la mise en oeuvre d'un plan de soutien au secteur élaboré par le Congrès.
BEST BUY, PAULSON
La plus importante chaîne de distribution d'électronique grand public aux Etats-Unis, Best Buy, a jeté un froid dès l'ouverture de Wall Street en annonçant peu auparavant que les consommateurs réduisaient fortement leurs dépenses et qu'elle évoluait dans un climat décrit comme le pire qu'elle n'ait connu depuis 42 années d'existence.
Le titre du groupe, qui a réduit ses prévisions de résultats, a terminé en baisse 8,0% à 21,97 dollars.
En disant que le plan de soutien de 700 milliards de dollars allait être détourné de son but premier qui était de délester les établissements financiers de leurs actifs toxiques, Henry Paulson a achevé de démoraliser les investisseurs.
"On ne sait plus où on va. Dès qu'on parle de ce plan, il est censé voler au secours d'une énième entreprise (...) l'argent est distribué sans ligne directrice", a estimé Paul Nolte, chargé des investissements chez Hinsdale Associates.
Les valeurs pétrolières ont pâti de la nouvelle chute des cours du brut, Chevron ayant terminé en baisse de 8,51% à 67,28 dollars et ExxonMobil en repli de 5,12% à 68,93.
Un autre acteur de la distribution, la chaîne de grands magasins Macy's, a annoncé une perte trimestrielle moins marquée que prévu mais son pessimisme sur le court et moyen terme a fait plonger le titre de 11,05% à 8,37 dollars.
Leah Schnurr, version française Benoit Van Overstraeten
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