(CercleFinance.com) - A 17H15, la hausse du CAC40 flirte de nouveau avec les +8,7%, l'indice affiche un score de 4.300Pts et le bilan de la semaine, négatif de près de -10% la veille se limite à un repli de -0,7%, ce qui est beaucoup plus présentable.
Wall Street s'inscrit comme anticipé en hausse de +3% (cela vaut aussi bien pour le Dow Jones que pour le S&P-500) et les rachats de découvert se poursuivent dans le compartiment bancaire (Citigroup et Bank of America gagnent +20%) alors les règles du jeu viennent soudain de changer la nuit dernière pour la 1ère fois 'en cours de partie' sur les marchés anglo-saxons: les ventes à découvert sur une longue liste de valeurs financières sont tout bonnement interdites à compter de ce vendredi à Dublin, Londres, New York (NYSE).
Voilà qui conduit les opérateurs à un choix forcé (l'achat ou le rachat) mais cela devrait compliquer considérablement le fonctionnement des marchés à terme (options, trackers, contrats sur indices...) qui représentent au quotidien des volumes d'échanges considérables.
Cela ne se ressent pas trop pour l'instant puisque la barre des 10 milliards d'Euros de volumes sur les valeurs du CAC40 a été franchie à 45 minutes de la clôture. Quelques écarts à la hausse donnent le vertige: Dexia +26,5%, Crédit Agricole +25%, AXA, BNP-Paribas et Sté Générale +20%... hors CAC40, Natixis bondit de +23% à 3,00E.
Annoncé hier soir, le plan d'Henry Paulson vise à mettre en place une immense structure de 'défaisance' (très comparable au CDR qui gérait les actifs pourris du Crédit Lyonnais... mais en 25 fois, voir probablement 50 fois plus important) qui aura pour rôle de recueillir l'ensemble des actifs invendables des établissements financiers américains. Cette mesure forte marque la volonté des politiques et des autorités régulatrices de mettre fin aux défaillances successives sur fond de rumeurs qui venaient mettre en risque l'équilibre du système financier mondial.
Les premières mesures concrètes ont été annoncées en ce début d'après-midi. La Fed va en particulier garantir à hauteur de 50 milliards de dollars les fonds monétaires, socle du système financier américain.
George W Bush pourrait annoncer de nouvelles mesures cet après-midi, le président américain devant prononcer un discours sur la crise financière que traversent les États-Unis.
Par ailleurs, après la FSA britannique, le gendarme de la bourse américaine, la SEC (Securities and Exchange Commission), a annoncé qu'il interdit temporairement les ventes à découvert sur les valeurs financières (pour 4 mois à la 'City', c'est à dire jusqu'à fin 2008). Aux USA, une mesure identique va concerner les titres des 799 valeurs financières cotées à Wall Street. Elle prendra fin le 2 octobre 2008.
Le regain d'optimisme des marchés se traduit sur le marché des changes par un vif rebond du dollar face au yen: le billet vert s'envole de 1% face au yen, à 106,6 yens pour un dollar... mais il recule brutalement face à l'Euro, sous les 1,4450E.
Alors que l'activité économique pourrait échapper à la menace de 'credit crunch' aux USA, les cours du pétrole re-franchissent la barre symbolique des 100 dollars, affichant une hausse de 3% à 100,6 dollars.
Aucune statistique macroéconomique majeure n'était attendue ce vendredi à Wall Street... de toutes façons, l'attention des opérateurs est mobilisée par les évènements historiques de cette veille de week-end, la séance des '4 sorcières' qui suscitait énormément d'angoisse 24H auparavant se solde par un 'krach à la hausse' puis la précédente plus forte progression du CAC40 remontait au 14 mars 2003 avec 'seulement' +7,25%.
Mais un tel scénario ne résulte que de règles du jeu faussées dans le but d'éviter l'aléa systémique (les plus grands perdants de la crise des 'subprime' sont ceux qui réalisent d'un point de vue relatif la meilleure affaire... puisque tous leurs fautes sont absoutes, les plus vertueux n'en tirent aucun avantage).
L'actualité des entreprises est marquée par une annonce d'Airbus, filiale de EADS (+7%): l'avionneur annonce que la compagnie nationale australienne Qantas a réceptionné le premier Airbus A380 d'une commande de vingt appareils de ce type, lors d'une cérémonie qui s'est déroulée à Toulouse.
Total (+7,6%) a signé un accord avec le russe Gazprom et la société bolivienne Yacimentos Petroliferos Fiscales Bolivianos (YPFB) en vue d'explorer le bloc Azero, dans le cadre d'une entreprise mixte dans laquelle Total et Gazprom auront la même participation.
Alstom (+7,75%) a conclu avec Angel Trains des contrats pour la fourniture et la maintenance pendant 10 ans de trains pendulaires à grande vitesse Pendolino pour un montant total de 1,5 milliard de livres (1,8 milliard d'euros).
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