PARIS (Reuters) - Christine Lagarde a plaidé dimanche en faveur d'un "dialogue approfondi" avec la Banque centrale européenne, et elle a confirmé qu'elle abordait l'Ecofin des 12 et 13 septembre avec deux objectifs - le financement des PME et la stabilité financière.
Invitée du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, la ministre de l'Economie a refusé de se prononcer sur le niveau des taux d'intérêt dans la zone euro, que la BCE a maintenus jeudi à 4,25% après les avoir relevés en juillet pour contrer les pressions inflationnistes.
"Mon ambition, c'est véritablement d'approfondir et de développer le dialogue entre les membres de la zone euro et le président de la BCE", a-t-elle affirmé.
"Ce qui est important, c'est qu'on restaure les conditions de la croissance et qu'on évite de rentrer dans une spirale inflationniste, qui serait catastrophique pour les plus démunis et ne serait pas bon pour l'Etat non plus".
Pour Christine Lagarde, "on a besoin de comprendre quelles sont les analyses de la BCE et le président de la BCE doit entendre nos préoccupations, les préoccupations de terrain, les préoccupations de nos entreprises".
Elle a relevé que le langage de la BCE était "presque aussi important" qu'une baisse de taux, prenant pour exemple la dépréciation de l'euro depuis que la banque centrale a pris acte, début août, du ralentissement de la croissance en Europe et laissé entendre qu'une révision de sa politique monétaire était envisageable.
"Ces éléments-là sont déjà très importants", a relevé Christine Lagarde, mais "ce n'est pas mon rôle de baisser ou de ne pas baisser (les taux)".
UN EMPRUNT POUR LES PME
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, sera présent à l'Ecofin informel que la France, présidente en titre de l'Union européenne, organise à Nice en fin de semaine.
Christine Lagarde a confirmé qu'elle espérait obtenir de ses 26 collègues un plan d'action de la Banque européenne d'investissement en faveur des petites et moyennes entreprises et un accord sur des mesures de stabilité financière.
L'emprunt que la BEI va lancer pour soutenir les PME est "particulièrement nécessaire parce qu'on assiste à une certaine frilosité des banques pour prêter en particulier aux petites et moyennes entreprises", a dit la ministre. "La dernière chose que je veux aujourd'hui ce sont des petites et moyennes entreprises qui n'auraient pas accès au crédit alors qu'elles ont des marchés, alors qu'elles sont capables d'exporter, alors qu'on sait que ce sont elles qui emploient".
S'agissant de la stabilité financière, elle a fait part de sa volonté de "s'attaquer à la racine" de la défiance qui grippe les marchés financiers depuis un an. Elle a prôné un code de conduite et un enregistrement au niveau européen pour les agences de notation et a estimé que, pour les banques, "il faut impérativement qu'on ait la même réglementation, interprétée de la même façon, avec une coordination entre les superviseurs bancaires" des différents pays.
Véronique Tison, édité par Gérard Bon
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