par Raoul Sachs
PARIS (Reuters) - Les marchés actions sont fondamentalement baissiers et finiront l'année en perte même si des rebonds techniques peuvent parfois faire illusion et susciter une relative euphorie, estiment des professionnels interrogés par Reuters.
"Un 'bear market' (marché baissier) est parfois difficile à déceler parce qu'il est ponctué de rebonds techniques parfois violents et qui peuvent durer", explique Rachid Medjaoui, directeur-adjoint de la gestion à La Banque postale Asset Management.
S'agissant des marchés du crédit et des marchés monétaires, il constate, comme l'ensemble de la communauté financière, que le retour à la normale est loin d'être d'actualité et que les rendements sont très tendus.
"Je ne crois pas, contrairement à certains, que les actions peuvent évoluer dans le bon sens quand la situation est aussi détériorée sur les marchés du crédit", a-t-il ajouté.
Pierre Vignaud, analyste technique chez CM-CIC Securities, reste baissier sur les actions d'autant, dit-il, que "sur les marchés de taux la situation est dégradée".
"Sur le CAC 40, on finira l'année en dessous de 4.700 points. On aura une baisse de 15% à 20%. Le CAC devrait évoluer autour d'un point pivot à 4.380 et dans un tunnel 4.000-4.650-4.720", a-t-il dit.
Il a ajouté que le CAC, qui a chuté de 3,22% jeudi pour passer sous la barre des 4.300 points vendredi, va rapidement descendre à 4.159, haut d'un "gap" ouvert le 17 juillet et qui n'a pas été comblé depuis. Mais, il estime que l'indice phare de la Bourse de Paris ne descendra pas sous 4.000 points.
Pour Rachid Medjaoui, le ralentissement économique, la crise de l'immobilier devenue "un problème mondial", la révision en baisse des résultats des sociétés qui n'est pas encore intervenue, les tensions sur les marchés du crédit et sur les marchés monétaires sont autant de facteurs qui militent contre les actions.
"Sur le marché monétaire on est à presque à 5% (sur l'Euribor trois mois, ndlr). Pourquoi, j'irai acheter des actions quand je peux avoir 5% sur le monétaire ou encore acheter des obligations subordonnées de banques de qualité qui offrent 5% et plus", souligne-t-il.
Un autre facteur, plus technique, pèse aussi sur les actions: que vont faire les hedge funds?
"La crainte aujourd'hui c'est que l'industrie des hedge funds qui représente 6.000 milliards de dollars d'encours avec effet de levier ne devienne massivement vendeuse. Les hedge funds sont confrontés à des difficultés de financement et peuvent aussi être confrontés à des demandes de sorties de leurs clients", a expliqué Patrick Artus, directeur des études économiques chez Natixis.
Des professionnels ont souligné que ce risque était réel surtout pour les hedge funds qui ont une stratégie directionnelle collant aux évolutions du marché, les "trend followers".
"La première chose qu'ils font c'est vendre leurs titres les plus liquides", a indiqué Rachid Medjaoui.
Il n'exclut pas non plus les effets négatifs sur les actifs d'un phénomène en cascade lié à des sorties de fonds de fonds spéculatifs.
Avec la contribution de Marc Joanny, édité par Jacques Poznanski
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