(CercleFinance.com) - Wall Street (qui chute de -3%, tous indices confondus) a subi ce 4 septembre sa pire correction depuis le 26 juin dernier: le menu des statistiques économiques était peu étoffé ce jeudi aux Etats Unis et les chiffres publiés en cours de matinée relativement équilibrés: les inscriptions hebdomadaires au chômage ressortaient en hausse (+15.000... mais ces données sont par nature volatiles) mais l'ISM des services (un baromètre fiable de l'activité) s'est nettement redressé au mois d'août.
L'enquête publiée par l'Institute for Supply Management (ISM) révèle un sursaut de +1,1% à 50,6 en août, contre 49,5 en juillet.
Les commentaires des analystes à la clôture des marchés US mettent tous l'accent sur les craintes relatives à la croissance et à la dégradation du marché de l'emploi... mais on voit mal ce qui dans les récentes statistiques (et dans le repli des cours du brut) pourrait les conduire à estimer les perspectives moins favorables qu'une semaine auparavant.
Wall Street a digéré cet été des séries de chiffres bien plus négatives consternantes sans chuter de 3% à la clôture -ce qui constitue tout de même une correction d'une sévérité exceptionnelle- et les commentateurs se montre désormais bien discrets sur le ballon d'oxygène économique induit par un consolidation de -28% des prix pétroliers depuis la mi-juillet.
L'excuse d'une certaine forme d'anxiété à la veille de la publication des statistiques de l'emploi pour le mois d'août aurait pu être invoquée à maintes reprises depuis le printemps dernier pour justifier des vagues de dégagements de précaution... qui n'ont jamais eu lieu ces 6 derniers mois(il suffit de vérifier) malgré un environnement très négatif (pétrole, inflation, récession).
Selon la dernière étude du cabinet ADP Employer Services, le secteur privé américain aurait perdu 33.000 emplois au mois d'août et 90.000 destructions d'emplois sont anticipée. On a déjà vu bien pire cette année... pas de quoi s'effondrer de -3%, surtout avant de connaître les chiffres exacts (à moins de savoir que ce sera bien pire... mais on baignerait alors depuis mardi matin en plein délit d'initié).
Les investisseurs évoquent des nouvelles préoccupantes en provenance des entreprises... et il y en a: le spécialiste de la transition des réseaux Ciena décrochait de -25% après avoir présenté des résultats trimestriels en baisse et fait état de 'reports de commandes' de la part de ses clients sur fond d'incertitudes économiques.
Mais Wal-Mart annonçait symétriquement une hausse inespérée de +3% de ses ventes au mois d'août (contre +1,6% anticipé): en plein débat sur la vigueur de la consommation et les risques de récession qui y sont associés, voilà une annonce qui méritait d'être prise en considération.
Une des membres de la FED (Janet Yellen) indiquait que si une baisse des taux apparaissait très 'improbable', elle n'était cependant pas 'impossible' (quel contraste avec la BCE !): Wall Street, en d'autres circonstances, s'en serait réjoui.
Mais non, les opérateurs se focalisaient sur le nombre de défaillances sur les cartes de crédit, le nombre de saisies des maisons et la 21ème baisse consécutive des emplois dans le secteur de la construction (il y a donc déjà eu pas moins de 20 occasion de déplorer une telle décrue).
Sans entrer dans le détail des baisses du jour (qui touchaient 90% des titres inscrits à la cote), il convient de s'interroger sur le message que Wall Street a voulu faire passer ce jeudi 4 septembre (il eut aussi bien été possible de justifier un léger rebond des indices, au prétexte que l'ISM était plus 'solide' que prévu, que les cours sont survendus, que le 'S&P' perd 20% depuis octobre dernier, que le NYSE composite est au plus bas de l'année... etc).
Wall Street peut par contre juger contre productive la hausse du Dollar qui atteint 1.4320E (+2,5% en une semaine, le voici au plus haut depuis le 20 décembre 2007) car cela handicape les valeurs exportatrices (mais alors pourquoi les exportatrices européennes plongent-elles également ?).
Et comment ne pas s'étonner de la 'prescience' des indices boursiers sur le Vieux Continent, lesquels ont anticipé à 0,1% près l'effondrement de -3% de Wall Street (après avoir chuté collectivement de -2% au cours de la dernière heure de cotations quand le Nasdaq ne perdait encore que -1,5%).
Tous les compartiments de la cote ont dévissé jeudi soir sur le NYSE et au sein du Dow Jones, seul Coca-Cola surnageait (+0,2%) et Wal Mart préservait l'équilibre (-0,2%).
Dans le sillage des difficultés de Lehman Brothers (-10,45%) ou de Fannie Mae (-12,5%), les financières était durement touchées, à l'image de Wachovia (-9,6%), Freddie Mac (-8%), Bank of America (-7,15%), de Citigroup (-6,7%), d'AIG (-6,1%), d'American Express (-5,5%).
Mais les ventes massives frappaient clairement et assez indistinctement toutes les grosses capitalisations telles que Chevron (-3,5%), Intel (-4,75%), Oracle (-5,95%), Cisco (-4,4%), Apple (-3,5%), Yahoo (-5,4%), RIM (-6,4%).
Si les statistiques de l'emploi US s'avéraient 'épouvantables' ce vendredi, alors les -4,6% de repli du Dow Jones depuis vendredi dernier s'expliqueraient rétrospectivement : le 'fait accompli' jouerait-il à plein dans ces conditions ?
Ph Béchade.
Copyright (c) 2008 CercleFinance.com. Tous droits réservés.
Toutes les actus : Résultats | Pétrole | Citigroup | Intel | BCE | Croissance | S&P | Chômage | Lehman Brothers | Wall Street
Pour découvrir la dernière analyse « en direct des marchés » : cliquez-ici