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  > Marché : François Fillon espère une croissance de plus de 1% en 2008
Lundi 1 septembre 2008 à 15:41 Imprimer Imprimer
PARIS (Reuters) - Avec François Fillon qui parle désormais d'une croissance autour de 1% en 2008, le gouvernement prépare le terrain à une sévère révision de ses prévisions macro-économiques qui remet en cause l'objectif d'un retour à l'équilibre des finances publiques en 2012.

Invité lundi d'Europe 1, le Premier ministre a affirmé que la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France serait d'au moins 1% cette année, et il a ajouté espérer un chiffre d'"un peu plus de 1%".

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a quant à elle assuré sur France Culture que la croissance serait positive cette année mais qu'il faudrait revoir en baisse les prévisions tant pour 2008 que pour 2009.

Le PIB de la France s'est contracté de 0,3% au deuxième trimestre après une croissance révisée à 0,4% au premier, ce qui, dans un contexte international difficile, rend impossible à atteindre l'objectif d'une croissance de 1,7-2,0% que le gouvernement avait retenu pour 2008.

Cette projection avait déjà été révisée en mars par rapport à une estimation antérieure de 2,0-2,5% sur laquelle était bâti le budget 2008.

Les prévisions révisées seront communiquées au plus tard le 24 septembre à l'occasion de la présentation du projet de budget 2009. Le consensus des économistes tourne actuellement autour de 1% alors qu'il était encore de 1,6% encore cet été.

"L'année 2008 sera une année positive en termes de croissance, légèrement positive, un peu plus de 1%, et 2009 sera également positive", a déclaré François Fillon sur Europe 1, en refusant de parler de récession.

"Nous sommes frappés par une décélération de l'économie mondiale qui est très très sérieuse, simplement il faut utiliser les mots qui conviennent", a-t-il dit.

"Nous réviserons à la baisse les prévisions de croissance", a renchéri Christine Lagarde, qui au début de l'été tablait encore sur un chiffre au bas de la fourchette de 1,7-2,0%.

"Je ne suis pas en mesure de vous dire aujourd'hui si ce sera entre 1% et 1,7% ou dans un écart rétréci et nous serons amenés à le faire pour l'année 2009 aussi tout simplement parce que l'économie française comme les économies européennes subissent actuellement un net ralentissement. Il n'y a aucun doute là-dessus", a ajouté la ministre de l'Economie.

L'INCONNUE DE 2009

Pour Philippe Waechter, directeur de la recherche chez Natixis Asset Management, il n'est même pas acquis que la croissance atteigne 1% comme l'espère le Premier ministre.

"Il fait partie du clan des optimistes", ironise-t-il. "Pour avoir 1%, il faut faire 0,2% au troisième et au quatrième trimestres, ce n'est pas spectaculaire mais on sent bien néanmoins, quand on regarde les données, que la situation est extrêmement fragile."

Le 18 août, peu après la publication de la première estimation du PIB au deuxième trimestre, la Banque de France avait annoncé prévoir une croissance de 0,1% au troisième trimestre et qui ne dépasserait guère plus de 1% sur toute l'année, selon son enquête mensuelle de conjoncture.

Dernier indicateur en date, l'indice des directeurs d'achat (PMI) publié lundi par Markit et l'association des acheteurs Cdaf témoigne d'une contraction de l'activité dans l'industrie manufacturière française en août pour le troisième mois consécutif.

Si le tassement de 2008 ne fait plus de doute, les économistes divergent sur le calendrier de la reprise. Or des prévisions gouvernementales de 2009 dépendra la crédibilité du budget en cours de préparation, souligne Philippe Waechter.

"Il serait préoccupant de voir le gouvernement tabler sur un objectif trop optimiste en 2009", dit-il.

Le prochain budget s'inscrira dans un cadre triennal (2009-2011) qui mènera à 2012, l'échéance à laquelle la France s'est engagée à équilibrer ses finances publiques.

Le déficit public a atteint 2,7% du PIB en 2007 et nombre d'économistes le voient revenir vers les 3% cette année, la limite fixée par le Pacte de stabilité de l'euro, alors que le gouvernement ambitionnait de le réduire à 2,5%.

Le Pacte de stabilité autorise toutefois les Etats membres à sortir des clous en période de récession.

"Je n'exclus pas que le gouvernement fasse appel à ce principe dès la procédure budgétaire, ce qui amènerait l'objectif de 2012 à être révisé", relève Philippe Waechter. "Cela permettrait au gouvernement de dire 'voyez ce n'était pas de ma faute, on voulait mais on ne pouvait pas'".

Les partenaires européens de la France, Allemagne en tête, lui reprochent surtout de ne pas avoir assaini ses finances publiques quand la croissance le lui permettait.

Le Parti socialiste a appelé lundi le gouvernement à s'expliquer sur la "situation réelle" des finances publiques.

"Nous demandons immédiatement au Premier ministre de s'expliquer sur la situation réelle des finances et de nous en donner les conséquences", a déclaré Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire du PS François Hollande, lors du point de presse hebdomadaire de la principale formation d'opposition.

Véronique Tison, édité par Marc Joanny

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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