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  > Marché : Les entreprises américaines à l'heure des petites économies
Vendredi 29 août 2008 à 08:56 Imprimer Imprimer
par Scott Malone

BOSTON (Reuters) - Alors que l'économie ralentit et que le crédit se fait rare et cher, les entreprises américaines recommencent à traquer les "coûts cachés", ce qui peut conduire certaines d'entre elles à durcir les règles d'utilisation des photocopieurs ou à réduire les avantages en nature offerts à leurs salariés.

Des services financiers aux compagnies aériennes en passant par l'automobile, de nombreux secteurs ont annoncé ces derniers mois des suppressions d'emplois par dizaines de milliers, dans le but de restaurer ou d'améliorer la rentabilité des sociétés concernées.

Ces plans d'austérité sont justifiés par le fait que les Etats-Unis traversent leur plus grave crise économique depuis plus de quinze ans, et que celle-ci pourrait bien se prolonger en 2009. D'où la détermination de nombreuses directions d'entreprises à rechercher les économies partout où elles peuvent se nicher.

Citigroup, la première banque du pays, a ainsi supprimé 14.000 emplois depuis le début de l'année après avoir subi 58 milliards de dollars de dépréciations et de pertes sur crédits. Et après ce plan social massif, elle cherche à réduire ses coûts d'une manière moins spectaculaire.

Dans une note récente adressée aux salariés de l'activité de clients institutionnels, la direction dresse ainsi la liste des dépenses qu'elle souhaite voir réduites, des repas offerts aux clients aux BlackBerrys, et elle leur demande de renoncer aux photocopies couleurs pour les présentations à usage interne.

"Les présentations en couleurs ne sont pas nécessaires pour des usages internes; de ce fait, à partir de maintenant, les copies et les impressions couleurs ne doivent être utilisées que pour les présentations destinées aux clients", explique la note. "Nous retirerons progressivement les copieurs et les imprimantes couleurs des endroits où ils ne sont pas indispensables à la présentation des présentations aux clients."

Citigroup s'est refusé à tout commentaire.

LE TÉLÉTRAVAIL DE PLUS EN PLUS POPULAIRE

La chaîne de cafés Starbucks, qui a publié en juillet sa première perte depuis son entrée en Bourse, a annoncé à ses principaux dirigeants qu'ils ne seraient pas augmentés l'année prochaine. Les salariés de rang inférieur, eux, recevront des hausses de salaires de 2% ou 3,5%.

Chrysler, le troisième constructeur automobile du pays, contrôlé par le groupe de capital-investissement Cerberus Capital Management, a suspendu en juillet sa participation aux frais de scolarité des enfants de ses salariés non-syndiqués. Son concurrent Ford a gelé un programme équivalent.

Qu'il s'agisse d'une baisse des avantages sociaux, d'une diminution de l'usage des taxis ou encore de la fermeture de la salle de sports de l'entreprise, ces mesures n'ont évidemment rien de réjouissant pour les salariés.

D'autant que des millions d'entre eux subissent aussi l'impact de la hausse des prix de l'énergie, de la chute du marché immobilier et de la multiplication des faillites d'entreprises.

Mais le contexte est tel qu'ils devraient se résigner aux programmes de réduction des coûts, estime Jason Kovac, un expert des questions de rémunération au cabinet WorldatWork.

"La plupart des salariés préféreront que leur entreprise ait recours à ce type de mesures avant de supprimer des postes", résume-t-il. "Quand on commencera à leur supprimer tous leurs avantages et qu'en plus, on commencera à supprimer des emplois, à ce moment-là, les salariés se rebelleront."

Certaines entreprises, explique-t-il, cherchent aussi à offrir à leur employés des avantages moins coûteux.

Une étude de WorldatWork montre ainsi que 42% des employeurs américains, contre 30% l'an dernier, proposent désormais à leurs salariés de recourir au télétravail.

Il est vrai qu'avec la hausse des prix à la pompe, qui avoisine 34% sur un an, la possibilité de travailler chez soi ne serait-ce qu'un jour par semaine peut représenter une économie annuelle de plusieurs centaines de dollars pour un salarié qui habite loin de son entreprise.

Même des entreprises très rentables gardent aujourd'hui un oeil sur le compteur des avantages en nature.

Le géant internet Google, régulièrement classé en tête des "entreprises où il fait bon travailler" grâce à des particularités comme ses "salles de sieste" ou ses cantines gratuites, n'échappe pas à la tendance.

"Nous restons attachés au fait d'apporter aux 'Googlers' un environnement de travail excellent mais, comme toute entreprise responsable, nous le faisons aussi efficacement que possible", explique Matt Furman, un porte-parole du groupe.

Avec Dan Wilchins et Ilaina Jonas, version française Marc Angrand

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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