NEW YORK (Reuters) - Wall Street a chuté de plus de 2% lundi, sous le coup d'un plongeon des valeurs financières dans la foulée de l'annonce d'une nouvelle faillite d'une banque américaine.
Mais le marché actions a également souffert de la révision à la baisse par le Fonds monétaire international (FMI) de ses prévisions pour la croissance mondiale. Les secteurs technologiques et industriels, très sensibles à la conjoncture économique, ont ainsi également pesé sur la cote.
L'indice Dow Jones des 30 industrielles a perdu 2,08%, cédant 241,81 points à 11.386,25. Le S&P-500, plus large, a perdu 25,36 points, soit 1,96%, à 1.266,84. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 49,12 points (-2,03%) à 2.365,59.
Le Dow, dont tous les composants ont reculé, efface ainsi les 1,73% gagnés vendredi. Certains traders notent toutefois que la faiblesse des volumes échangés en cette période de fin de vacances a vraisemblablement accentué la tendance.
American International Group a abandonné 5,49% à 18,78 dollars et est tombé à des plus bas de 13 ans après que Credit Suisse a réduit son objectif de cours et sa prévision de bénéfice par action pour le troisième trimestre du premier assureur mondial, en invoquant des pertes à venir sur les marchés des dérivés.
Le compartiment financier a également été plombé par Lehman Brothers qui a reculé de 6,66% à 13,45 dollars. La banque d'investissement suscite l'intérêt du groupe Korea Development Bank mais un dirigeant de l'autorité sud-coréenne de régulation des services financiers a estimé que KDB devrait se contenter de s'associer à des investisseurs locaux au lieu d'envisager des acquisitions hors de Corée.
Bank of America a reculé de 4,14% à 28,96 dollars, Citigroup de 2,92% à 17,61 dollars et JPMorgan Chase de 4,09% à 36,13 dollars. L'indice sectoriel S&P des financières a perdu 3,11%.
La séance avait de toute façon mal commencé pour le compartiment financier, les craintes d'une persistance de la crise du crédit ayant été ravivées vendredi soir par l'annonce du dépôt de bilan - le neuvième du secteur cette année - de la Columbian Bank and Trust Company.
"Les inquiétudes sur le crédit et les financières sont revenues", a résumé Bob Harrington, analyste chez UBS.
Des poids lourds de l'industrie comme Caterpillar (-2,43%) et des grands noms de la technologie comme Apple (-2,4%) ont pour leur part souffert du tableau de l'économie mondiale plus morose que prévu brossé par le FMI.
Le fonds a révisé à la baisse ses prévisions pour la croissance mondiale en 2008 et 2009 dans un document rédigé en vue d'un réunion des pays émergents et industrialisés du Groupe des 20 à Rio de Janeiro le week-end prochain, a indiqué à Reuters une source au sein du G20. Le FMI prévoit une croissance mondiale de 3,9% pour cette année, contre 4,1% attendus jusqu'ici. Pour l'an prochain, le Fonds prévoit désormais un PIB mondial en hausse de 3,7% contre 3,9% précédemment.
A contre-tendance, Fannie Mae (+3,8%) et Freddie Mac (+17,08%), qui chutaient pourtant lourdement en début de séance, ont profité d'une forte demande suscitée par une émission obligataire de deux milliards de dollars de la part de Freddie, qui allège un peu les inquiétudes quant à l'avenir des deux géants américains du refinancement hypothécaire.
Steven C. Johnson, version française Benoit Van Overstraeten
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