par Grant McCool et Jonathan Sempel
NEW YORK (Reuters) - Citigroup a conclu avec la justice américaine un accord à l'amiable sur le dossier des "auction-rate securities" (ARS) en vertu duquel elle accepte de racheter pour plus de 7 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros) de ces produits financiers controversés, annonce le procureur général de New York Andrew Cuomo.
Cuomo accusait plusieurs banques, dont Citigroup mais aussi UBS, d'avoir vendu des ARS en les présentant à leurs clients comme des produits sans risque. Or ce segment - qui a pesé un moment jusqu'à 330 milliards de dollars - a été touché à son tour par la crise de confiance qui s'est emparée de l'ensemble des marchés de crédit l'an dernier et se retrouve virtuellement gelé depuis février.
L'Etat du Massachusetts a engagé une procédure similaire contre Merrill Lynch. La banque d'investissement a fait savoir dans la soirée qu'elle rachèterait aussi ce type d'obligations, à leur valeur faciale, à sa clientèle de particuliers.
L'offre de rachat courra du 15 janvier 2009 au 15 janvier 2010, a précisé Merrill Lynch. A la date du 15 janvier prochain, Merrill estime que plus de 30.000 de ses clients détiendront pour 10 milliards de dollars (6,5 milliards d'euros) d'ARS.
S'agissant de Citigroup, l'accord prévoit que la banque rachètera à leur valeur faciale les ARS devenus illiquides à des particuliers, des organisations caritatives et des petites et moyennes entreprises - soit 40.000 clients environ à travers les États-Unis - d'ici le 5 novembre.
Citigroup va aussi verser 100 millions de dollars de dommages et intérêt pour mettre fin à l'amiable aux accusations de commercialisation frauduleuse portées contre lui dans le cas des ARS. La première banque américaine par les actifs s'engage par ailleurs à rembourser les investisseurs qui ont vendu leurs titres à prix cassé après l'effondrement du marché.
Une porte-parole d'UBS a indiqué que la banque suisse s'efforçait avec les autorités de régulation de parvenir à un "accord global" concernant les investisseurs en obligations ARS.
"Il s'agit vraiment d'une tentative de sauver la face", commente Brian Yelvington, analyste chez CreditSights. "Si Citigroup arrive à clore ce dossier, les autres banques qui ont commercialisé ces programmes pourraient être contraintes de lui emboîter le pas."
L'autorité boursière américaine, la SEC (Securities and Exchange Commission), a assuré de son côté que Citigroup ferait de son mieux pour liquider d'ici la fin 2009 12 milliards de dollars d'ARS vendus à des investisseurs institutionnels.
La chaîne de télévision CNBC estimait un peu auparavant que Citigroup pourrait racheter en tout jusqu'à 20 milliards de dollars de ce type de dette auprès de particuliers et d'institutions.
L'accord sur les ARS risque d'entraver les efforts du directeur général de Citigroup, Vikram Pandit, pour réduire les coûts et renouer avec les bénéfices après 17,4 milliards de dollars de pertes sur l'ensemble des trois derniers trimestres.
Le titre Citigroup a chuté de 6,24% à 18,47 dollars à Wall Street après l'annonce sur les ARS. Merrill, qui a annoncé son initiative après la clôture du marché, a fini sur une perte de 8,42% à 26,10 dollars.
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