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  > Marché : Le salon de Farnborough s'ouvre dans un contexte délicat
Lundi 14 juillet 2008 à 09:50 Imprimer Imprimer
par Tim Hepher et Jim Wolfr

LONDRES (Reuters) - Le salon aéronautique de Farnborough ouvre ses portes lundi dans un contexte économique délicat pour le secteur à l'heure où le pétrole évolue à des prix record et où les entreprises de défense se préparent à une réduction des budgets militaires.

De nombreux analystes soulignent néanmoins que l'idée selon laquelle l'aviation civile est désormais en grand danger face au kérosène cher est exagérée et rappellent qu'Airbus, la principale filiale du géant européen d'aéronautique et de défense EADS, et Boeing ont engrangé suffisamment de commandes pour s'assurer sept ans de production.

Le salon de Farnborough, dans la banlieue de Londres, a donc toutes les chances d'être animé par le match Boeing-Airbus même s'il ne devrait pas se solder sur le millésime exceptionnel de 600 commandes fermes cumulées enregistré en 2006 au salon du Bourget.

"Nous observons un sentiment de malaise diffus comme si nous étions au bord du précipice mais je ne crois pas que la situation soit si mauvaise que cela", résume Richard Aboulafia, consultant aéronautique auprès du Teal Group.

Des sources industrielles ont confié à Reuters que des commandes pour le gros porteur A380 seraient notifiées lors du salon de Farnborough.

D'autres sources ont indiqué que le spécialiste de la location d'avions ILFC pourrait placer une commande importante d'avions Boeing et que les compagnies Qatar Airways et Etihad pourraient annoncer des modernisations de flottes.

Pour autant, le climat du secteur s'est dégradé ces derniers mois.

Au Bourget l'année dernière, les commerciaux estimaient que le haut de cycle était parti pour durer.

Cette année, en dépit du luxe des chalets des entreprises représentées à Farnborough, l'ambiance pourrait être moins festive, près d'un an après le début de la crise des crédits hypothécaires américains.

Le cours du brut léger américain a franchi vendredi le seuil de 147 dollars le baril. Sur les douze derniers mois, son prix a plus que doublé, forçant plusieurs compagnies aériennes à cesser définitivement leurs activités.

Les cours des métaux ont également flambé, une mauvaise nouvelle pour les constructeurs de réacteurs comme General Electric ou Safran qui utilisent des matériaux résistant aux hautes températures comme le rhénium.

"Plusieurs compagnies aériennes à bas coûts ont fait faillite. Nous voyons aujourd'hui des transporteurs bien établis comme American Airlines, Air France ou Lufthansa qui commencent à réduire la voilure", constate de son côté Damien Lasou chez Accenture.

Certaines compagnies ont effectivement préféré sacrifier des lignes long-courrier, et donc du chiffre d'affaires, pour économiser du kérosène.

"Une partie du ralentissement à l'oeuvre est inhérente à tout cycle industriel, explique de son côté Howard Wheeldon, stratège chez BGC Partners, un cabinet basé à Londres, nous ne savons pas combien de temps cette contraction va durer, la seule porte de sortie se trouve du côté de l'utilisation d'avions plus efficaces."

Si les constructeurs se retrouvent naturellement sous pression pour construire des appareils plus économes et davantage respectueux de l'environnement, beaucoup de spécialistes rappellent que l'avion vert n'est pas encore pour demain.

Si Boeing et Airbus devraient affirmer qu'ils veulent coopérer sur ce terrain, les deux entreprises s'affrontent sur trois dossiers majeurs: le remplacement des flottes d'avions de moyenne capacité - avec le futur 787 pour l'américain et le futur 350 pour l'européen -, un contrat majeur de 179 avions ravitailleurs à l'US Air Force et un conflit porté devant l'Organisation mondiale du commerce au sujet des aides d'Etat.

Toutes ces affaires ne se régleront pas à Farnborough. Elles devraient néanmoins être largement abordées et commentées.

Le salon sera également l'occasion pour les industriels de la défense de présenter leurs produits et de faire le point sur leurs ambitions.

Les Européens veulent pénétrer aux Etats-Unis, premier marché de la défense du monde, tandis que les Américains, inquiets à l'idée d'une diminution des larges budgets du Pentagone, cherchent à augmenter leurs parts de marché à l'international.

En mai, l'italien Finmeccanica a annoncé le rachat de l'américain DRS Technologies pour 3,9 milliards de dollars . Le suspense autour d'une éventuelle offre concurrente plane toujours.

Version française Matthias Blamont, édité par Jacques Poznanski

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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