Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Marché : Contestés, les fonds souverains se réunissent à singapour

mardi 8 juillet 2008 à 22h30
BFM Bourse

par Kevin Lim

SINGAPOUR (Reuters) - Objets d'inquiétudes ou de fantasmes, les fonds souverains gèrent, selon certaines estimations, jusqu'à 3.000 milliards de dollars d'actifs (2.000 milliards d'euros environ), et comptent mettre en place des règles éthiques.

Le groupe de travail du Fonds monétaire international (FMI) consacré aux fonds souverains se réunit les 9 et 10 juillet à Singapour pour tracer les grandes lignes d'un code de conduite qui doit, selon la volonté affichée par le FMI, être finalisé en octobre.

Entourés de mystères et faisant l'objet de vives préoccupations touchant parfois au protectionnisme, les fonds souverains se sont illustrés cette année par leur appétit pour les actifs occidentaux, déversant sur les marchés une manne financière tirée des pétrodollars.

Certains d'entre eux ont participé aux augmentations de capital lancées par des mastodontes financiers tels que Citigroup ou UBS dans la foulée de la crise des "subprimes".

Mais l'activisme de ces fonds provoque une certaine défiance dans la mesure où certains acteurs s'interrogent sur la montée en puissance de l'influence étrangère sur des actifs nationaux.

"Il est primordial d'établir une ligne de conduite. Cela droit permettre d'éviter une réaction de rejet mais également d'établir un climat de confiance entre les investisseurs et les groupes dans lesquels ils s'implantent", estime Chua Hak Bien, stratège pour l'Asie chez la Deutsche Bank Private Wealth Management.

Les analystes ne s'attendent pas pour autant à ce que la réunion organisée par le FMI débouche sur des avancées fondamentales.

Le secrétaire adjoint au Trésor américain Robert Kemmit a déclaré cette année que les fonds souverains étaient une force positive mais que la rapidité de leur croissance exigeait une vigilance constante de la part des autorités pour qu'ils conservent "une influence positive."

La semaine dernière, Canberra a annoncé un examen attentif des offres chinoises sur les compagnies minières australiennes, tandis que l'Allemagne faisait part de ses réticences à l'idée que des gouvernements étrangers puissent accéder à la technologie allemande. Berlin pousse d'ailleurs les autorités européennes à légiférer sur les fonds souverains.

VARIÉTÉ DES NORMES

Une des principales questions qui se posent en matière de fonds souverains réside dans la grande variété des normes de déclaration des actifs détenus.

Si le fonds de pension norvégien publie chaque année le détail de son portefeuille, d'autres, à l'image de celui d'Abu Dhabi ou celui de Singapour, refusent de mentionner le moindre des actifs qu'ils gèrent.

"Ils ne veulent sans doute pas que leur performance soit évaluée," commente Sherman Chan, économistes de Moody's.

Selon lui, les fonds souverains n'ont aucun objectif politique, d'autant qu'ils ne sont, la plupart du temps que minoritaires.

Toutes fondées qu'elles puissent être, les inquiétudes affichées sont parfois injustes, soulignent certains analystes qui remarquent que l'on exige pas la même transparence de la part des fonds d'investissements privés classiques qui gèrent des sommes tout à fait comparables.

"Si l'on aborde la question de la publicité, le comportement sur les marchés ou l'approche en matière d'investissement, les fonds souverains sont bien plus enclins à se comporter correctement que ne l'insinuent les discours politiques", ont récemment écrit David Fernandez et Bernhard Eschweiler, économistes chez JPMorgan.

Nouvel arrivant, China Investment Corp (CIC) a prévenu qu'il délaisserait peut-être les pays qui présenteraient des velléités de contrôles trop poussés.

"Si la pression politique est trop forte et qu'elle n'est pas suffisamment prévisible, allez-vous en", a déclaré le président de CIC lors d'une conférence consacrée aux fusions-acquisitions.

"Heureusement, il y a plus de 200 pays dans le monde. Heureusement, il y a beaucoup de pays qui sont ravis de notre présence."

CIC a été fondé en septembre dernier. En mai, il avait déjà acquis une participation de trois milliards de dollars dans le fonds de capital-investissement Blackstone.

INVESTISSEMENTS CONTESTÉS

En Asie, des articles de presse sont venus remettre en question la bonne gestion des fonds souverains accusés d'avoir trop investi dans le secteur financier occidental, qui subit toujours les remous nés de la crise du marché du crédit.

À titre d'exemple, l'action Merrill Lynch est tombée à 30 dollars comparé aux 48 dollars payés par le fonds souverain de Singapour Temasek lorsqu'il a injecté cinq milliards de dollars.

Manu Bhaskaran, consultant chez Centennial Asia Advisors, pense que les codes de conduite "devront prendre en considération l'intérêt légitime des citoyens des pays d'où proviennent les fonds souverains, les marchés sur lesquels ils interviennent et les autres actionnaires."

"Il ne faut absolument pas que le fiasco de Dubaï Port se répète, lorsqu'une hystérie politique orchestrée de toute part a fait capoter un accord commercial censé", dit-il.

En 2005, Dubaï Port avait racheté le britannique P&O, ce qui lui accordait la gestion d'une vingtaine de ports américains.

Dans le contexte post-11-Septembre, la perspective de voir une puissance du Golfe contrôler des infrastructures américaines sensibles avait déclenché une levée de boucliers et le Congrès avait contraint Dubaï à céder ses intérêts au sein des ports américains.

Version française Nicolas Delame

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+325.00 % vs +64.94 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour